2 mars 2007
25 février 2007
24 février 2007
PJ Harvey : "Is this desire?"
"Is this desire ?". Dans cet album intense, ténébreux, sorti en 1998, P.J Harvey explore les faces ambigües de
and he was walking in the night
and he was singing a sad love song
and he was praying for his life
and the stars came out around him
he was thinking of his sins
and he's looking at his song-bird
and he's looking at his wings
there inside the garden
came another with his lips
said, 'Won't you come and be my lover?'
'Let me give you a little kiss'
and he came, knelt down before him
and fell upon his knees
said, 'I will give you gold and mountains
if you stay awhile with me'
and there was trouble taking place.
there inside the garden
they kissed, and the sun rose
and he walked a little further
and he found he was alone
and the wind, it gathered round him
he was thinking of his sins
he was looking at his song-bird
and he was looking at his wings
and there was trouble taking place.
Catherine
I gave you my heart, you left the thing stinking
I'd break from your spell if it weren't for my drinking
And the wind bites more bitter with each light of morning.
I envy the road, the ground you tread under,
I envy the wind, your hair riding over,
I envy the pillow your head rests and slumbers,
I envy to murderous envy your lover
'til the light shines on me
I damn to hell every second you breath
I envy
Oh my Catherine
For your eyes smiling
And your mouth singing
With time I'd have won you
With wile I'd have won you
For your mouth singing.
Hillary, te fais pas de Bill !
Mirage berbère
Les peintres orientalistes, des photographes commerciaux comme Lehner et Landrock ou l'Algérois Geiser ont transposé sur la femme berbère l'imaginaire occidental du harem et des créatures voluptueuses parées de somptueux bijoux. Naissait ainsi un personnage dénudé, orné, à fort pouvoir érotique. C'est vrai, les femmes kabyles portaient de lourds bijoux d'argent pur ou niellé. Ceux-ci manifestaient leur statut, leur potentiel sexuel, le rang et surtout la situation sociale, patrimoniale de leur famille, de leur tribu. Elles n'exhibaient pas leur nudité pour autant ! C'est dans les ateliers, dans les bordels coloniaux que vivait cet imaginaire de la femme d'ailleurs, sensuelle, tentatrice, en attente de l'étreinte.Ce malentendu a été exploré par le maître de ce blog, dans un texte intitulé "Le grand voile bat comme une aile". Ce titre fait référence à une nouvelle de Guy de Maupassant sur les Ouled Naïl, authentique caste de prostituées chamarrées, dont "l'exotisme" tarifé ravissait peintres, écrivains et colons français.
21 février 2007
19 février 2007
Mine de rien...
(extrait de "La pudeur - la réserve et le trouble" - Autrement).
Condomnation éternelle

- J'ai vu quoi ?
- Oh, c'est haut. Oui, et après ?..
- La Mairie lance un nouveau package de préservatifs. Des condoms gratuits. Avec le look de la signalisation du tube newyorkais.
- Du subway.
…
- C'est quoi le rapport entre capotes et subway ?
- Réfléchis...
- Je ne fais que cela.
- Evocation freudienne. La grosse rame lancée à toute vitesse dans un long tunnel.
- …
- Ca ne plaît pas aux Cathos… Ils protestent.
- Pourquoi ?
- C'est immoral. Si tu distribues des capotes gratuites, les irresponsables vont s'*** en l'*** par tous les ***.
- Ca lui va bien, à l'Eglise américaine, elle qui est au bord de la banqueroute avec les procès pour pédophilie.
- Tu l'as dit…
- C'est un vieux truc religieux, ça. Dès que tu en parles, tu pèches. Ou tu vas pécher.
- Exactement.
- Tant que tu n'as pas de préservatif sous la main, tu ne songes absolument pas à ***.
- Voilà.
- Idem chez les Islamistes de catégorie 1. Voir la femme, fût-ce un fragment de cheville, c'est ***, déclencher immédiatement une envie de la ***.
- Absolument, voir message plus haut.
- "Mine de rien" ?
- Exactly.
- En y réfléchissant bien…
- Oui…
- C'est un peu pareil pour les "politiquement corrects". Si tu ne prononces pas certains mots, tout va mieux.
- Mmmm.
- Ce n'est pas la réalité qui compte, mais le compte-rendu de
- Tu te fais du mal, là…
- Mais non.
- Mais si…
- Embrasse-moi !
(Afin d'épargner la pudeur de nos lectrices et lecteurs, certains passages ont été soumis à censure)
15 février 2007
What "Hillary" said...
Appelez-la "Hillary"8 février 2007
Sur la peau, ou dans la peau ?..
Une majorité monterait la barre à 15 mois d'abstinence contre des placards remplis de nouvelles fringues. 2% de fanatiques renonceraient même aux échanges rapprochés et autres siestes crapuleuses pendant 3 ans !..
De qui s'agit-il ? De 1 000 Américaines entre 18 et 54 ans récemment sondées sur leur potentiel affectif et sensuel envers, respectivement, les hommes et les habits.
Par ailleurs, 48% des sondées comptent plus sur leurs vêtements favoris que sur leur compagnon pour se sentir sexy, bien dans leur peau… Il est vrai qu'un haut affriolant ou un jean près du corps ne passe pas son temps à mater les beautés qui passent…
Le bonheur serait donc non dans le pré ni dans le lit conjugal ou passionnel, mais chez Calvin Klein et compagnie.
Photo : "9 1/2 Weeks", d'Adrian Lyne.
5 février 2007
Chère, très chair...
Une belle variation du photographe Marc Lagrange sur le thème du corset. A partir de la contrainte, du façonnage du corps, il crée une liberté, une réminiscence remodelée. L'effet de reflet crée une ronde sereine, immobile.2 février 2007
Ethique
- Tu as entendu Sarkozy ?- Sûrement... à propos de quoi ?
- Il veut soutenir ceux qui se lèvent tôt.
- Ah oui...
- L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt.
- Je préfère la version anglo-saxonne : "The early bird gets the worm".
- L'oiseau matinal...
- choppe le ver. Exactement. Et ça pose un sacré problème éthique.
- Ah.
- Et oui. Si on ne peut nier que l'oiseau a été récompensé de sa matinalité , ou matinalitude, quid du ver ?
- Le ver ?
- Qui s'était levé bien tôt, lui aussi, afin de remplir sa fonction : "contribuer à la fertilité des espaces arables en creusant de petits tunnels, aérer la terre et l'enrichir par ses apports organiques".
- Sans blague?
- Sérieux. Objectivement, tous ceux qui se lèvent de bonne heure ne reçoivent pas la même récompense.
- Mais il pensait aux ouvriers, non, Sarkozy ?
- Peut-être. Qu'est-ce qu'elle en dit, Ségolène Royal, elle, des ouvriers matinaux ?
- Je ne sais pas, elle se documente sur eux. Elle veut "mieux les connaître".
- Comme Sarkozy ?
- Comme Sarkozy.
31 janvier 2007
Oh, Maggie !
Issue d'une tribu de réalisateurs et d'acteurs, Maggie Gyllenhaal s'est étonnamment mise en danger en tant qu'actrice dans le très décalé "Secretary" (La Secrétaire) de Steven Shainberg (2002). En bonne compagnie avec James Spader, elle se lance sans réserve dans ce portrait d'une relation sado-maso au jour le jour, entre avocat lunatique et secrétaire portée sur l'autodestruction. Portée par le dynamisme et la finesse de ses interprètes, l'oeuvre échappe au scabreux, se révèle subtile, prenante et légère.
On avait croisé Maggie avec plaisir l'année précédente dans le film-culte "Donnie Darko", de Richard Kelly. Cette fois, la vedette revenait à son frère Jake Gyllenhaal, saisissant dans son interprétation d'un ado trop sincère, pris entre deux mondes. Quelle famille !..22 janvier 2007
" Doing-a-lynndie "
Plus que jamais, le media est le message et porte son propre sens, déconnecté des éléments de causalité, de réflexion, de compréhension et d'humanité. L'attitude prise par la jeune femme sur un des clichés scandaleux a ainsi lancé un jeu de mime, de pastiche dans le monde anglo-saxon (Etats-Unis, Royaume-Uni, Australie).
C'est le "Doing-a-Lynndie"... Sa pratique semble exiger une dose d'alcool équivalente à celle absorbée par la perpétratrice originelle. En diffusant, infusant ces images, la Toile génère des séances photos à l'infini, jusqu'à l'oubli du fait originel.Latence

De la jeune fille à la star, il y a une période indécise, imprécise. Celle pendant laquelle des hommes, des femmes - plutôt des hommes - vont la façonner, faire de ce qu'elle est, de cette latence, le personnage qu'elle deviendra aux yeux du public. Et dont il lui sera difficile de s'écarter par la suite, à moins qu'elle ait vraiment en elle une forte personnalité. Ce qui était le cas d'Audrey Hepburn...
21 janvier 2007
La lampe d'Hillary
Le 20 janvier, Hillary Rhodam Clinton a annoncé son entrée dans la course pour les Présidentielles américaines de 2008, proclamant : "I am in !" (J'y vais !). Le site de son comité de soutien met en vedette une déclaration filmée d'Hillary se réclamant de la middle class américaine.
Le décor est en effet celui de cette classe sociale, confortable mais sans ostentation, photos de famille et échappée sur un jardin en arrière-plan. La lampe allumée évoque la confiance, la confidence, l'intimité. S'adressant directement au peuple américain, Ms Clinton invite en effet celui-ci à "engager une conversation" avec elle sur l'avenir des Etats-Unis... Ici, la forme soutient parfaitement le fond.Conversation à deux

Ségolène (Toulon – 17 janvier 2007) :
" … nous nous écoutons, nous nous parlons, nous bâtissons, nous construisons un diagnostic partagé des difficultés que vivent les Français, pour parler juste et ensuite pour agir juste... Les Français en ont assez des discours politiques de mensonges tenus au plus haut niveau… "
Hilary (Annonce de la création de son comité pour la candidature – 20 janvier 07)
" Alors, parlons, bavardons, engageons le dialogue sur vos idées et les miennes, parce que le dialogue avec Washington a plutôt été à sens unique jusque-là, vous ne trouvez pas ? "
Si elle met l'accent sur la protection sociale, Hillary souhaite cependant la renaissance du rêve américain, trahi par les années de présidence Bush : qui que l'on soit, d'où que l'on soit, avoir la garantie d'une vie heureuse pour sa famille, tant que l'on travaille dur et respecte les règles… Ségolène, quant à elle, ne peut échapper au tropisme de gauche : redonner sa place à la puissance publique
Ne préjugent-elles pas des réponses que sont supposés apporter les citoyens français et américains ? A moins que le suspense quant au contenu de leurs contributions soit ténu...
20 janvier 2007
Tinderbox of a heart
Enfants de prolos surgis des brumes d'une ville industrielle écossaise dans les années 80, les Cocteau Twins ont créé un style musical singulier, dans la mouvance cold wave, tout à la fois hypnotique et déchirant. Fascinée par les sonorités et leurs percussions, répercussions, la chanteuse Elisabeth Fraser a rapidement inventé son propre langage. Celui-ci était intimement lié aux émotions portées par sa voix et par le "mur de guitares" lancinant caractéristique du groupe, avant que celui-ci n'évolue vers des univers plus éthérés. La chanson "Tinderbox of the heart" est l'une de ses dernières créations en anglais. Ici, la langue a une fonction d'évocation et de fascination hypnotique plus que de description, de narration.
They are beatenYou'd feel danger there
Through the edged are beaten
You'd feel danger there
How heavy you are on this faded hatch
Tinderbox of a heart left a shell is all
Bleed in your fate's ground through the edge
It's so bloody and blunt of big crystal eyes
How heavy you are; it's fading your hatch
Tinderbox of a heart
left a shell
is all.
Photos Philippe Carly
14 janvier 2007
Weiß mit Rot


Le Lys dans la vallée (électorale)
Dans un contexte où les codes traditionnels de la Gauche ont volé en éclat, sa probable confrontation avec Ségolène Royal pose de sérieux problèmes au Maire de Neuilly. Par son attitude, son élocution, son apparence, elle pourrait sans problème être une femme de son propre camp. Pire, comme l'avait souligné un connaisseur, Philippe de Villiers, le patronyme "Royal" est susceptible de lui rallier subliminalement une frange de l'électorat traditionaliste. Une référence monarchique et virginale renforcé par le recours résolu à des tenues de couleur blanche. Reste que le blanc évoque également la page blanche, l'espace en attente de signes, de sens et de discours, ce dernier restant à construire et inscrire. Et à singulariser par rapport à celui du ci-devant Secrétaire Général de l'UMP.
24 décembre 2006
16 décembre 2006
American circus
Le 12 juin 1994, Nicole Brown Simpson, divorcée d'O.J Simpson après qu'il eût abusé d'elle, et son falot compagnon Ronald Goldman sont retrouvés morts, assassinés, dans la demeure de la jeune femme, à Los Angeles. L'enfant d'OJ et Nicole dort à l'étage.
Time Magazine rend un fier service à Simpson en publiant en couverture la photo prise après son arrestation par la police de Los Angeles, sa couleur de peau ayant été assombrie en PAO. A partir de cet instant, il ne s'agit plus d'un meurtre mais d'une question raciale, et les 11 avocats de l'ancien footballeur, puis médiocre acteur, voient s'ouvrir d'alléchantes perspectives, en particulier en accusant de racisme Mark Fuhrman, enquêteur-clé.
Les audiences s'étalent sur 9 mois. Elles sont bien évidemment surmédiatisées, retransmises en continu sur certaines chaînes, se distinguant peu, alors, des perpétuelles séries TV ayant pour cadre commissariats de police et prétoires. L'accusation présente un faisceau de preuves accablant (traces de sang, empreintes, ADN…) appuyé sur les sévices infligés à sa femme par le passé, et deux appels qu'elle avait passés à police-secours en 1993, alors qu'il était entré chez elle par effraction. Mais Simpson ne peut complètement enfiler un gant accusateur.
Officiellement, nul ne sait qui a égorgé Nicole Brown Simpson...
14 décembre 2006
Le sourire de l'Ange
A la fin de la "Dolce Vita", le personnage de Mastroianni se retrouve au petit matin sur une plage, en compagnie de sa bande de fêtards. Pas vraiment scandaleuse, la nuit qui les a réunis a plutôt semblé dénuée d'inspiration, tristounette. Soudain, Marcello voit son attention attiré par une jeune fille au visage angélique, de l'autre côté d'un modeste estuaire creusé par la marée dans le sable. Elle lui sourit, lui fait signe, lui parle dans le fracas des vagues. Il la voit. Mais il ne l'entend pas. Il ne la comprend pas.
Elle est si loin, si proche. Eloignée de son monde aux plaisirs blasés. Familière, née de la mer et de l'aube, avec sa vêture sobre, ses cheveux tirés.
C'est l'appel de l'Ange, celui de l'ailleurs, d'un ailleurs qu'il serait si simple à Marcello d'approcher, de toucher, si l'obstacle principal n'était en lui.
L'Ange rencontrée ici n'est pas celle de la morale, de la pudeur face au monde de la nuit, de la débauche, mais de l'ouverture de l'esprit et des sens, de l'accès possible à une vérité, une réalité intérieure.
L'opportune conclusion d'un film semé de symboles sacrés (le Christ géant transporté par hélicoptère, l'apparition miraculeuse).Une histoire en quête de grâce…
12 décembre 2006
"morgen" -1- Les paupières à vif (extrait)
Jeune Allemande de très bonne famille, Else voit sa vie brillante, aisée, brisée à 26 ans. Enlevée pour des motifs politiques, elle subit quatre mois de réclusion humiliante, avilissante. Libérée contre rançon, la jeune femme fait la rencontre improbable d'un homme plus âgé, qui lui redonne vie par sa tendresse, sa considération. Confrontée à nouveau à une mort sanglante, Else reconstruit sa vie en une contrée lointaine, forte d'elle-même, de son fils, de l'amour, de toutes les formes d'amour qu'elle porte en elle et suscite. Par touches impressionnistes, "morgen" narre son histoire. Chapitre 1 - Les paupières à vif (extrait)
La porte de la caminette s'ouvre.
La voix lourde de menaces, précise, mécanique, s'élève une fois encore. Les sacs de jute sont ôtés par des hommes pressés, aux aguets. La grande fille blonde apparaît allongée, jambes repliées, mains et chevilles menottées, yeux et lèvres obturés.
Une fois les bracelets métalliques ouverts, ils la mettent debout sans ménagement. Comme d'habitude.
Sa respiration est courte. Elle vacille.
L'air frais baigne son visage asservi. Les odeurs de moisi, d'essence et de caoutchouc vieillissant se dissipent.
Ses yeux et ses lèvres demeurent clos par de larges bandes d'adhésif noir. Ses poignets, ses chevilles sont douloureux. Elle sent la morsure qu'a laissée l'acier sur eux. Sa gorge est sèche.
Elle inspire, très fort.
Demeure strictement immobile - leur dressage a été efficace - puis écoute :
- Ne te retourne pas. Ne cherche pas à nous voir, ni nous, ni le camion, ni son numéro. Tu vas compter jusqu'à cent, et tu ne bouges pas avant que ce soit fini, OK ? Ce serait dommage de te faire buter maintenant.
Il la fait avancer en lui tenant le coude. La plaque contre un mur rugueux. Maintient la pression sur sa nuque quelques instants. Tremblante, elle prend conscience du vent froid et pénétrant.
(...)
Des épines pour Rosetta

Dans "Rosetta" des Frères Dardenne (1999), Emilie Dequenne campe le personnage d'une adolescente prolétaire en quête permanente de salut, entre vie au camping, mère irresponsable et alcoolique et marché du travail impitoyable.



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