6 décembre 2009
11 novembre 2009
"Flow my tears" : "morgen", chapitre 3, par Thierry Follain

Jeune Allemande comblée par la vie, Else voit son existence tumutueuse brisée à 26 ans. Enlevée pour des motifs politiques, elle subit quatre mois de réclusion humiliante, avilissante. Libérée contre rançon, la jeune femme fait la rencontre improbable d'un homme plus âgé, qui lui redonne vie par sa tendresse, sa considération. Confrontée à nouveau à une mort sanglante, Else reconstruit sa vie en une contrée lointaine, forte d'elle-même, de son fils, de l'amour, de toutes les formes d'amour qu'elle porte en elle et suscite. Par touches impressionnistes, "morgen" narre son histoire.
Parfums d'eau, de sels de bains.
Longue baignoire, une douche, cabine vitrée.
Des serviettes blanches, épaisses.
Douces sur la peau de la fille à la tronche ravagée, aux cheveux trop longs, dégueulasses, qui s’observe, consternée, dans la longue glace.
Adieu à ces vêtements visqueux, crasseux.
L’eau chaude. Si chaude.
Déferle. Me submerge.
Oh, l’eau chaude brasse mon ventre, le masse et l’apaise.
Je peux enfin respirer.
Ouvrir les yeux rien qu’un instant, fixer le vitrage poli, dépoli, que sais-je.
Les fermer. Inspirer. Les rouvrir. Souffler.
J’espère que vous avez l’eau chaude à volonté. Parce que je ne vais pas la couper de sitôt.
Capricieuse, on vous dit.
Capricieuse, ils disaient.
Et hop, privée d’habits. Exposées à leurs regards. Même pas à leur désir. A leur mépris.
On t’aura quand on veut, si on veut.
Et hop, la ceinture s’abat,
mains croisées sur la nuque, je dois rester immobile, retenir mes cris.
Frémir sous chaque impact, me vider de tout respect pour moi-même.
Non loin de moi, la fille se tait, les yeux baissés, ne veut pas me regarder.
Pas besoin de me sauter pour me baiser.
Totalement soumise, je suis niée.
Stop !
Stop.
C’est du
passé.
Dépassé.
Je déclare les joutes nautiques ouvertes.
Et coulent les flots, et roulent mes doigts dans ma chevelure mousseuse.
Ruissellent mes larmes mêlées à l’eau...
Et se vide mon corps de ce ruisseau écarlate... nul enfant ne viendra maintenant, Dieu soit loué....
Sous les vagues vagues chaudes,
je dis " vagues ",
je divague.
Je revis, je peux enfin
pleurer.
Muette proclamation de ma liberté retrouvée,
celle de rire, de souffrir
et de jouir sans que nul
ne puisse
s’y opposer.
Else Tintenfeder renaît dans un flot d’eau,
de sang et de larmes.
Qu’il purifie son âme.
Amen.
Ils disaient toujours :
" morgen "
Demain.
Demain, la rançon arrivera, nous n'augmenterons plus nos exigences à chaque contact.
Nous estimerons que les média ont assez parlé de toi, de ce non-toi, de ta " disparition ".
Qu’ils se sont suffisamment gavés de tes Polaroïds pitoyables,
le Bild du jour entre les mains,
cheveux en bataille,
regard inexpressif,
terne, faussement indifférent,
celui des filles
quand elles posent, obligées,
quand elles ne peuvent exister
que comme
on le leur a ordonné.
morgen.
Avant, une promesse.
Qu’ils m’ont confisquée
pour y substituer le vide,
la peur.
Au fond de moi,
je suis forte.
Je leur survivrai,
mais ...
morgen.
...
(...)
10 novembre 2009
1 novembre 2009
Dominique, par Thierry Follain
Un dimanche d’automne à Evreux,
enfin, près d’Evreux,
dans un pas si grand ensemble d'immeubles modestes et convenables,
un peu loin de tout,
les quelques boutiques fermées,
le mail désert,
les parcelles plantées
lavées, délavées
par la pluie,

la pluie sur tes carreaux,
la pluie sur les bois proches,
la pluie sur ce désert,
la pluie au dehors
et en toi,
un dimanche à Evreux,
rien de spécial à faire,
limer tes ongles,
rincer ce pull mousseux,
ranger la cuisine,
lire la pile de magazines,
ce bouquin d'Anne Gavalda,
par terre,
te demander si c’est cela,
vivre à vingt-six ans,
seule dans un F2,
près d’Evreux,
loin de chez toi,
loin de tout,
un dimanche d’automne pluvieux
dans la pluvieuse Normandie,
peut-être, tout à l’heure,
dans ta Twingo réticente au démarrage,
un tour en ville,
enfin, dans le centre-ville
désert d’Evreux,
un cinéma,
un film d’ailleurs,
puis un sage chocolat dans un café bondé,
les yeux des garçons souvent fixés sur toi,
leurs regards qui se détournent lorsque tu les considères
sans invite,
car tu ignores ce qu'il y a de soi,
ce qu'il y a de soie en toi,
puis, demain le boulot terne,
tes " collègues " plus âgés
dans leurs années ou dans leur tête,
un dimanche pluvieux
loin de chez toi,
dans la pluvieuse Normandie.
Bientôt, sortir le labrador
qui s’ennuie,
le balader dans les bois mouillés,
taillis sans gloire dépouillés par l'automne glaçant,
tremper tes chaussures citadines,
puis rentrer,
allongée sur ton lit,
tu écrases ta cigarette,
ouvre ton peignoir,
te caresses, les yeux ouverts, les yeux fermés,
en songeant à une étreinte sauvage,
avec un garçon qui n’a pas vraiment de visage,
et pas de nom,
tu jouis un peu, malgré toi,
souvenir d'extases passées sous le soleil de Mykonos,
puis tu te retournes,
sur ce ventre qui vibre encore, rayonne en toi,
déjà insatisfait,
en quête de plus de jouissance,
de plus de raideur,
de plus de chaleur,
tu enfouis ton visage dans l’oreiller,
tu soupires,
et tu pleures,
et la pluie tombe,
frappe et sillonne les carreaux,
grave le message des nuages pesants, incessants,
sur ta chambre, près d’Evreux,
puis se mue en un crachin infini,
incessant et ténu comme l’ordinaire
ennui,
tu t’assoupis, tu t’endors,
dans les senteurs de ton corps, de l’oreiller, de tes cheveux,
tu occultes le bruit, la télé des voisins,
rituelle célébration d’un dimanche de novembre
dans la pluvieuse
Normandie.
Tu te réveilles vers cinq heures,
il fait quasiment nuit,
Ami tourne en rond et gémit,
pose sa tête, regard suppliant,
sur le bord du lit,
lui au moins sait ce qu'il veut,
tu le caresses et souris,
un peu nauséeuse,
tu t’habilles,
une chemise, un jean,
des chaussettes et
ces chaussures si peu faites pour la pluie,
un gilet noir dans lequel tu t’enfouis jusqu’au menton,
un bonnet,
tu mets ton imper,
sors avec le chien réjoui,
jappant, griffes crissantes,
haletant,
trois étages par l’escalier blême,
le hall humide,
le chemin cimenté,
la route qui tourne à traverser,
le tissu rêche frotte ton sexe, le maintient en éveil,
sensation pas désagréable,
perception chaude, voluptueuse,
humaine,
alors que tu marches sous la pluie fine,
le bois humide, odeurs mêlées de feuilles,
de tristesse et de
décomposition,
silex cachés qui heurtent, tordent les pieds,
il aime bien cela, le chien,
qui court, furète,
vire et virevolte,
un instant, tu envies sa joie primale,
animale,
une cigarette amère à la main,
tu le suis,
il y voit sans doute plus clair que toi,
pour récupérer les bâtons que tu lances,
alors que pèse le ciel de pluie,
d'une fin hâtive d'après-midi,
le ciel de Normandie.
Tu songes à des vacances,
à une autre vie,
un autre pays,
tu songes à des étreintes,
à des tendresses
effacées,
écoulées,
envie de dormir,
et tu n’as rien fait de la journée,
envie de rentrer,
d’appeler Monica,
entendre sa voix chaude,
suivre distraitement ses histoires de coeur compliquées,
être écoutée,
consolée,
tu siffles le chien,
enfin, tu essaies,
et tu rentres avec lui,
alors que le brouillard naissant
dépose un halo orangé sur les rares lampadaires.
Dans le hall, tu ôtes ton bonnet humide,
lâches tes cheveux d’un mouvement gracieux,
ouvre ton manteau,
salues une famille de retour du
cinéma,
l’adolescente te sourit,
le père te suit des yeux, avidement,
sa femme blêmit…
pourrais-tu les envier,
vraiment ?
Dans l’ascenseur, le miroir te renvoie l’image
d’une jeune femme de vingt-six ans,
ni grande ni petite,
ni fille, ni femme,
fine, poitrine haut plantée,
cheveux blonds cendrés, rebelles,
peau unie,
bouche pleine,
regard clair, un peu égaré,
séduisante,
sans doute,
si elle se valait,
si elle se voulait,
tu te regardes, tu te grimaces,
tu te souris.
Tu rentres chez toi,
échos des voisins épanouis,
rares passages de voitures dans la nuit brumeuse,
la nuit sans trêve
règne
déjà, il faut allumer,
puis ranger, encore,
laver tes longs cheveux,
- qu’est-ce qu’il y a ce soir, à la télé ? -
non, d’abord téléphoner,
pour oublier la monotonie
de ce jour pluvieux,
dans la pluvieuse Normandie,
un dimanche de ta jeunesse,
un jour décompté de ta vie,
une vie à changer,
un dimanche
près d’Evreux,
en Normandie.
25 octobre 2009
Marquis de Sade : Vidéo Rue de Siam sur 3 notes



"Rue de Siam"
de Marquis de Sade,
11 octobre 2009
"Man crazy", Carol Joyce Oates : Voyage au bout de la nuit
Il y a un père dans la vie d'Ingrid Boon et un mari dans celle de sa mère Chloë, sublime, blonde et paumée. Un homme, un vrai, un pilote revenu étrange, instable, dangereux, de ses années au Vietnam. La fuite de Lucas, pourtant violemment et perversement présent, vont pousser peu à peu mère et fille vers une douce folie.
Moins douce pour Ingrid, "Doll-girl" au teint et à la chevelure lumineux se donnant dès treize ans à tout homme ou garçon qui le veut, dans sa quête désespérée de reconnaissance, sombrant dans l'auto-mutilation, la dope, l'anorexie, avant de devenir la chose, la "Dog-girl" soumise d'un "biker" impitoyable régnant sur une secte satanique. No future en noir et blanc. Si certains passages évoquent le frémissant naufrage de l'héroïne de "Putain" de Nelly Arcan, d'autres, un cinquième du roman en gros, sont carrément insoutenables dans l'expression et la sensation des sévices infligés. Comme Mo Hayder, Joyce Carol Oates ne connaît pas de mesure en la matière.
Le livre est construit en chapitres souvent courts, annoncés par des titres pleine page, autant d'étapes vers l'enfer, au sens propre du terme : " A woman a man would die for", "You trust your Daddy, don't you ?", "A woman is born to bleed", "The bones", "In the earthen cellar"…
Ce récit à la première personne est cependant porteur de lumière, d'amour et d'espoir. Ceux-ci émergent dans les quatre dernières pages seulement, lorsqu'apparaît ce "you", ce "toi" auquel s'adresse soudain Ingrid. Oates en avait semé des traces à intervalles régulier, mais le lecteur pris dans la spirale noire avait peu de chance de s'y attarder. Ce n'en est que plus saisissant. Du grand art intimiste et intense, certes pas de tout repos pour celui ou celle qui découvre ce roman d'une très grande noirceur…
Cet article en pdf
Photos : Alice Wells
"I don't play games" : Man Crazy, Oates, extrait
" Une autre fois, j'ai vu ce type traverser une rue à Port Oriskany, près de l'université…. Il avait la peau sombre, et je n'étais jamais sortie avec un homme à la peau sombre, je crois que je les effrayais, si blonde, si affamée. Ecarte-toi de moi, la môme. T'es trop jeune me dit l'un d'entre eux un jour, tout en riant et reculant, comme s'il avait vu sur mon visage quelque chose dont j'étais inconsciente.Plus tard, je deviendrais Dog-Girl. Mais l'air de Dog-Girl se lisait déjà en moi, et certains hommes le ressentaient.
…
Il y avait cet homme au bar de l'Empire Hôtel où j'allais parfois … je suis comme une danseuse me déplaçant lentement, chaque instant calculé, afin de me placer dans la ligne de vision de ce type et, Jésus! ma respiration se bloque, cet homme est si beau … Il doit avoir trente-cinq ans, et, ça y est, il m'a vue. Son regard me transperce comme une lame de couteau, O Jésus, je sens que je vais m'évanouir, je suis effrayée comme ce n'est pas possible, je commence à trembler, ma bouche est si sèche que je ne peux avaler.
…
Je ne fais marcher personne, non jamais. Je suis folle de ces hommes qui disent "C'est ton père que tu cherches, en fait". J'espère qu'ils ont raison, qu'un jour peut-être, je le trouverai."
Joyce Carol Oates, on Wikipedia U.S
Photo : Alice Wells
5 octobre 2009
Nelly Arcan quitte le monde de "Putain"

J'ai reçu un sacré choc lorsque j'ai lu "Putain" de Nelly Arcan, cette longue détestation de soi, dévoration par l'image, sous fond d'implacable vide, dans un déversement de périodes quasi-bibliques. Un livre majeur sur la frénésie clinquante, artificielle et glaciale du monde contemporain, avec son détournement permanent du soi et du désir. J'ai reçu un autre choc, plus grave, en apprenant sa mort, ce jour. Nelly Arcan avait 35 ans.
"Putain" : vision et extrait, sur Blog with a View
3 octobre 2009
Backstage, d'Emmanuelle Bercot : Fragments d'un délire amoureux



Faire l'amour avec l'amant d'une femme qu'on adule,
tout en pensant s'unir à elle,
Capter dans l'homme ce qu'il a perçu,
reçu de cette femme aimée,
porter un enfant de lui pour l'élever avec elle, la star,
ou même simplement pour le confier à l'élue,
c'est dément, c'est destructeur.
C'est aussi, c'est surtout une quête d'amour,
une histoire d'amour sublimement belle
née du poids insupportable du quotidien,
qui le transcende dans un éprouvant effacement de soi,
une étourdissante auto-destruction.
Celle de Lucie dans Backstage d'Emmanuelle Bercot,
exploratrice récurrente des liaisons transgressives.
Avec Isild Le Besco, auparavant adolescente égarée,
dans La Puce,
entre pudeur et désir de découvrir la vraie vie,
celle du corps révélé au creux du lit,
en compagnie d'un homme 20 ans plus âgé qu'elle.
Fragments répétés d'un discours amoureux qui ignore les conventions,
y compris celles, normément libérées des magazines ados et féminins.
1 octobre 2009
"Et Dieu créa la femme" : Et Vadim créa Bardot
Tout à la fois amant et metteur en scène, Roger Vadim a projeté sur la jeune Brigitte Bardot (22 ans) la femme qu'il aurait aimé qu'elle soit. Il en a fait un mythe féminin universel : "Et Dieu créa la femme" a créé "Bardot". C'est ce que démontre Francesco Alberoni dans "L'érotisme", livre profondément humaniste sur les pulsions érotiques différenciées de l'homme et de la femme, et leur fusion en marge du temps et de la quotidienneté.
" Brigitte Bardot est au contraire devenue un sex-symbol. Son image a d'abord été celle d'une adolescente sans inhibitions et un peu en marge.
Le signe de l'absence de danger, chez elle, a été un certain degré de désordre et de négligence : vêtue comme par distraction, les cheveux à moitié décolorés.Elle a joué les filles faciles qu'on peut prendre et laisser sans conséquences."
"Vadim a eu un talent; il a vu que la beauté de la femme qu'il aimait pouvait être universelle.
Mais cette beauté était encore une matière brute et il fallait l'animer d'un rêve. L'amoureux tend toujours à transformer celle qu'il aime de façon à le rendre encore plus désirable à ses yeux.Vadim a projeté sur l'actrice ses rêves, ses fantasmes érotiques, ses délires, et l'a conduite à en être l'instrument.
Il lui a dit comment s'habiller, comment parler, comment regarder, comment bouger, comment s'asseoir, comment dire oui, comment dire non.
La femme qui apparaît dans Et Dieu créa la femme est le produit de ce rêve d'amour. Il la montre au cinéma telle qu'il l'a imaginée pour la rendre infiniment désirable.
Son génie lui a fait voir ce que les gens de son temps désiraient et ce qu'ils attendaient. Le film est la réalisation, en chair et en os, de ce rêve collectif. C'est ainsi naît le mythe."L'avis des critiques américains sur "Dieu créa la femme", sur Rotten Tomatoes.
Femmes des Années 60
26 septembre 2009
Dans "The Handy Goddess", Barbara Wurden bricole avec talent la répartition des rôles entre hommes et femmes !
Dans sa série de vidéos "The Handy Goddess", l'artiste Barbara Warden introduit vitalité et sensualité dans l'univers du bricolage et de la rénovation d'habitation. Une performance qui casse tous les codes entre genres féminin et masculin. Un acte créatif et libérateur 100% féminin.
Accessible sur YouTube, la série "The Handy Goddess" de Barbara Wurden transgresse avec talent les traditionnels codes féminin-masculin. Elle diffuse par l'image des conseils pratiques aux bricoleurs et rénovateurs de maisons, dans un style parfaitement allumé, et sans renoncer une seconde à sa séduction. Ce jeu de rôle amusant et complexe constitue tout à la fois un service pratique et une performance permanente.
En élargissant le sujet, seule la culture occidentale permet la création de tels espaces de liberté aux femmes. C'est peut-être ce qu'il faut se rappeler les jours où pointent nos multiples culpabilisations : pillage de la planète, colonialisme, surconsommation, et ainsi de suite.Il n'y a pas de mal à se soutenir le moral, et The Handy Goddess, "la déesse adroite de ses mains" y contribue fortement !
19 septembre 2009
"La chute" de Hirschbiegel hésite entre réparation et rédemption
A la fin de "Der Untergang" (La chute), film qui nous plonge au coeur de la démence nazie agonisante, circonscrite à quelques quartiers de Berlin, une chancellerie en ruine et un bunker glauque, le réalisateur, Oliver Hirschbiegel, s'offre et nous offre une pause quasi-onirique.
Demeurée étonnamment pure et sans tâche, Traudl Junge, la jeune secrétaire d'Hitler (Alexandra Maria Lara), parvient à quitter le bunker et Berlin occupée par les Russes, avec et grâce à un jeune garçon dont les parents ont été exécutés par les ultimes escadrons de la mort nazis, qui se fait passer pour son fils.
Sur une envolée musicale aux accords romantiques, la jeune femme et le garçon s'enfoncent dans la campagne allemande, sur un vélo qu'ils ont trouvé. Avant le fading final, ils sont illuminés par un soleil finissant, ou naissant, doré.Après cette respiration, Der Untergang reprend un cours pédagogique, incluant énoncé du destin des divers protagonistes et témoignage, voire remords de la vraie Traudl Junge, peu avant sa mort en 2002.
Le coeur du réalisateur de Der Untergang semble avoir balancé un instant entre catharsis purificatrice, le cheminement de deux êtres apaisés après le crépuscule nazi vers un halo doré, et nécessité de rendre des comptes à l'Histoire. Comme s'il avait voulu, un bref moment, échapper à sa propre création crépusculaire...
Difficile choix entre histoire et Histoire...
28 août 2009
Comme font les amoureux
" ... Nous nous quittons dehors, sur le trottoir, comme des étrangers. Comme des étrangers, nous n'échangeons même pas une poignée de main. Elle part dans une direction, moi dans l'autre. Il fut un temps où nous nous retournions pour regarder l'autre, comme font les amoureux. Nous nous faisions des petits numéros de mime : serrer les bras autour de la poitrine puis les ouvrir en grand pour dire "je t'aime, je t'aime". Une fois, deux fois, trois fois, parfois trois ou quatre avant de nous perdre de vue. Il fut un temps...Aujourd'hui, je ne me retourne pas pour la regarder.
Je suis certain qu'elle ne me regarde pas non plus..."
Les mensonges de l'aube - Evan Hunter - Editions l'Archipel
2 août 2009
Françoise Dorléac et le lycéen

"J'étais lycéen... 1964. ..un enseignant nous encourageait à faire des exposés...j 'ai pris "cinéma"... et téléphoné à Françoise Dorléac qui, tout simplement, a accepté de me rencontrer et de parler de son métier trois heures durant dans un bar du Faubourg St Honoré...jamais je n'oublierai ces moments là, ni cette actrice sublime, fauchée à la fleur de l'âge, et qui était tellement moderne dans son jeu... et si belle..."
Une raison de plus de la regretter.A voir : "pour Françoise", le beau site de Chantal Hoareau.
Téléchargez cet article en pdf
En bas : Françoise Dorléac et David Niven sur le tournage de "Where the spies are" (Passeport pour l'oubli) - Photo Life.
31 juillet 2009
Kenya : un père très cool

Entendu sur "Appels sur l'actualité", RFI, ce matin. Un auditeur kenyan défend la production de roses dans son pays, contestée par certaines ONG (motif : la baisse des eaux et la pollution induite dans le lac Naivasha).
Un détail : l'animateur, Juan Gomez, introduit le dit auditeur en le félicitant, car il est papa depuis à peine deux heures.
Mais il a l'esprit à la défense de l'emploi dans la production de rose kenyanne, sous capitaux anglais et hollandais.
Un père très cool, en somme...
29 juillet 2009
PJ Harvey : "Is this desire?"
"Is this desire ?". Dans cet album intense, ténébreux, sorti en 1998, P.J Harvey explore les faces ambigües de
and he was walking in the night
and he was singing a sad love song
and he was praying for his life
and the stars came out around him
he was thinking of his sins
and he's looking at his song-bird
and he's looking at his wings
there inside the garden
came another with his lips
said, 'Won't you come and be my lover?'
'Let me give you a little kiss'
and he came, knelt down before him
and fell upon his knees
said, 'I will give you gold and mountains
if you stay awhile with me'
and there was trouble taking place.
there inside the garden
they kissed, and the sun rose
and he walked a little further
and he found he was alone
and the wind, it gathered round him
he was thinking of his sins
he was looking at his song-bird
and he was looking at his wings
and there was trouble taking place.
Catherine
I gave you my heart, you left the thing stinking
I'd break from your spell if it weren't for my drinking
And the wind bites more bitter with each light of morning.
I envy the road, the ground you tread under,
I envy the wind, your hair riding over,
I envy the pillow your head rests and slumbers,
I envy to murderous envy your lover
'til the light shines on me
I damn to hell every second you breath
I envy
Oh my Catherine
For your eyes smiling
And your mouth singing
With time I'd have won you
With wile I'd have won you
For your mouth singing.
27 juillet 2009
"Vous éteignez vraiment les incendies?"
Brièvement capté sur M6 hier soir, retour de dimanche au grand air, un docu sur les pompiers de Paris en action lors de (ce que je suppose être) la Fête de la Musique. Basés à la caserne de Montmartre, ils passent et repassent tout au long de la soirée dans une rue noire de monde, de jeunes de plus en plus émêchés. Pas bien vieux eux-mêmes, dévoués, musclés, nos pompiers parisiens deviennent une attraction majeure de la soirée. Moment intense : deux jeunes et jolies femmes, dont l'une a une rose à la main, conversent avec le pompier passager, un solide gaillard au crâne rasé, dans la prime trentaine.
Dialogue à haut pourcentage de drague :
Jeune femme 1 : "Vous éteignez vraiment les incendies ?", question pour le moins ambiguë, puisqu'elle s'adresse à un soldat du feu. Le pompier confirme d'un hochement de tête.
Jeune femme 2 : "Vos vêtements sont très serrés, non ? Une fois, j'en ai suivi deux dans un escalier et leurs pantalons étaient très serrés."
Pompier : "Ah, mais c'est parce qu'ils avaient déjà de belles formes!"
La jeune femme approuve avec conviction. Enfin, elle offre la rose à son interlocuteur. Elle lui fait la bise, "Un baiser du Brésil!". L'autre de même.
C'est chaud, parfois, la vie d'un pompier de Paris.
23 juillet 2009
La bête, de Roslund et Hellström : Noir, c'est noir
Des fillettes violées, mutilées, un écrivain en chute libre qui perd avec sa fille sa raison de vivre et devient justicier, des policiers blasés, vivant dans le passé ou tourmentés par leur infidélité, un jeune procureur qui ne vise que sa carrière, une juge qui sympathise avec l'accusé mais va cependant orienter le jury vers la perpétuité, une population qui s'empare d'un drame personnel pour se livrer aux pires excès, un système judiciaire et carcéral dénué d'humanité... bienvenue dans un monde sans espoir avec "La Bête" de Roslund et Hellström. Un roman plus que noir qui pourrait bien ressembler à la réalité. Durant le procès passe le souffle de "L'Etranger" de Camus, avec cet homme seul dans un box, totalement déconnecté des jurés, des juges, des journalistes, de la foule qui sympathise avec lui pour les plus mauvaises raisons. Seuls peuvent nous soulager en fin de lecture le souvenir de Marie, la fillette sacrifiée, Micaela, la jeune amante impliquée, Kristina, l'avocate, et Rebecka, la femme-pasteur. Lueurs d'espoir féminines dans un monde bien sombre.La Bête (Odjuret) - Roslung & Elström - "Sang d'encre" - Presses de la Cité.
Illustration : Anders Engman/Megapix - Arne Oström
15 juillet 2009
L'Ange de la Dolce Vita rencontre Spooky Tooth sur la plage, à l'aube
A la fin de "La Dolce Vita", ce chef-d'oeuvre de Fellini, Marcello, journaliste "people" avant la lettre, fait la rencontre distante, sur une plage, à l'aube, d'une jeune femme angélique (dans tous les sens du terme). Le bruit de la mer, et surtout l'esprit fermé de l'homme, l'empêchent de répondre à cet appel vers une vie autre...
M'est apparu soudain la convergence entre cette scène sobre et magnifique et "Holy water", morceau gospel-blues de Spooky Tooth, où la voix de Mike Harrison est supportée par un choeur féminin de toute beauté. D'où la création de la vidéo : "Spooky Tooth : Kyle - La Dolce Vita - Fellini", sur ma chaîne YouTube.9 juillet 2009
Bulle de sérénité Gare de Lyon
Un dimanche de juin, Gare de Lyon (Dali avait la Gare de Perpignan comme référence, moi c'est la Gare de Lyon). Attente d'un train au quai pas encore affiché. Quelques centaines de personnes patientent, les chariots de ravitaillement passent, klaxonnent. Dans ce tumulte, au bout du quai, un jeune fille a créé son nid. Assise en tailleur, ses possessions rassemblées autour d'elle, elle écoute, sereine, sa musique.
Elle n'est pas dans la gare. La gare et son agitation entourent sa bulle, tel un flot tumultueux contournant un ilôt. Belle leçon zen au sein d'un univers fourmillant.
Photo : Thierry Follain
27 juin 2009
Little Nemo : Running to the Sun on YouTube

Bardot, Debbie Harry, PJ Harvey, Marlene Dietrich, Michelle Pfeiffer et tant d'autres...
s'animent rythmiquement sur la vidéo
Running to the Sun (Little Nemo) sur ma Chaîne YouTube.






7 juin 2009
Désordre urbain : Wet dream by Ornicar
ambiance tropicale pour la prestation d'Ornicar,samedi 6 juin,
Place de la Réunion,Paris 20ème.
Qui est qui? Qui est quoi?Photos : Thierry Follain
31 mai 2009
Chaude, la Fête des Mères 2009 ! Hot Mothers Day in Paris !
Combien d'enfants offriront de la lingerie sexy à Maman ? Et si c'est leur époux ou compagnon qui passe à l'action, ne sera-t-il pas soupçonné de corrompre l'esprit de cette fête familiale ?
A moins que le message ne soit : "Mère, Maman, Mamour,tu restes une femme de désir, une femme désirable et désirante".
Amen.
Photos : Thierry Follain
Reproduction permise avec mention du nom de l'auteur.
16 mai 2009
Manara, à la recherche des filles perdues
French suburban street fashion
monica bellucci vs. the common man

Monica Bellucci's "rondeurs sublimes".
Paris, Gare de Lyon, May 09.
6 mai 2009
Ian Rankin, John Rebus : Toe to Top
" The cigarette was tucked behind his right hear, and he pawed at it, not quite catching it as it fluttered to the ground, against sending it rolling. Stooped, eyes down, Rebus started following, and almost collided with a pair of legs. The cigarette had come to rest against the pointed toe of a gloss-black, ankle-high stiletto. The legs above the shoes were covered in ripped black fishnet tights. Rebus stood up straight. The girl could have been anything from thirteen to nineteen years old. Dyed black hair lay like straw against her
head, Siouxsie Sioux style. Her face was deathly white, the eyes and lips painted black. She was wearing a black leather jacket over layers of gauzy black material. 'Did you slash your wrists?" she asked, staring at his bandages."Ian Rankin - A question of blood, 2003
"Two dancers emerged from behind a curtain and started working the room. Hard to say if they've been giving private dances or taking a cigarette break. One started to approach Rebus, her smile evaporating as he shook his head. The barman asked him what he was drinking.
'I'm not,' he said. 'Just need to borrow your lighter.' A pair of high heel had stopped in front of him. Their owner wriggled her way down until she was at eye level with him. Rebus broke off lighting his cigarette long enough to tell her he needed a word.
'I've a break coming in five minutes,' Molly Clark said. She turned towards the barman. 'Ronnie, give my friend here a drink.'
'Fine,' Ronnie answered, 'but it's coming out of your wages.'
She ignored him, stretching herself upright again and treading gingerly towards the other end of the bar."
Ian Rankin - The naming of the dead, 2006
26 avril 2009
Thomas Lux : A little tooth
Your baby grows a tooth, then two,
and four, and five, then she wants some meat
directly from the bone. It's all

over : she'll learn some words, she'll fall
in love with cretins, dolts, a sweet
talker on his way to jail. And you,
your wife get old, flyblown, and rue
nothing. You did, you loved, your feet
are sore. It's dusk. Your daughter's tall.
Il pousse une dent, puis deux,
quatre et cinq à votre bébé, et la petite veut manger de la
viande à l'os. Tout est
fini : elle apprendra des mots, elle tombera
amoureuse d'imbéciles, de balourds, d'un
beau parleur qui finira en prison. Et vous
et votre femme vieillissez, voue en prenez un coup,
et ne regrettez rien. Vous avez agi, vous avez aimé,
vous avez les pieds endoloris. C'est le crépuscule. Votre fille est grande.
Thomas Lux : A little tooth - Traduction : Etienne Menanteau
Ed Dee : L'Ange du Bronx, Seuil
22 avril 2009
Serpieri : la femme callypige
riche en érotisme, tendance hard.
En une époque qui célèbre la maigreur,la femme puissante conserve tous ses atouts
soue le crayon et la plume
du dessinateur italien.


21 avril 2009
6 mars 2009
PJ Harvey : Angelene
My first name Angelene
Prettiest mess you've ever seen
Love for money is my sin
Any man calls I'll let him in
Rose is my colour and white
Pretty mouth, and green my eyes

I see men come and go
But there'll be one who will collect my soul
And come to me
Two thousand miles away
He walks upon the coast
Two thousand miles away
It lays open like a road
Dear God, life ain't kind
People gettin born then dying
But I've heard there's joy untold
Lays open like a road in front of me
Two thousand miles away
He walks upon the coast
Two thousand miles away
Lays open like a road
It seems so far away
I see men come and go
Two thousand miles until I reach that open road
My first name's Angelene.
PJ Harvey plays Angelene Live in 2001.
"Is this desire ?"
(1998)
5 mars 2009
18 février 2009
Was she told that pain would lead to pleasure ?

Would lead to pleasure?
Did she understand it when they said
That a man must break his back to earn
His day of leisure?
Will she still believe it when he's dead?
Ah girl!..
Girl - Lennon/Mc Cartney - Rubber Soul (1965)Visuels : Beatlles :DR - Girl: DR, réinterprété par Blog with a View
16 février 2009
Heather Nova heals us
On march 16th, 2006, in the magic Vooruit hall, in Gent, Belgium, Heather Nova gave a unique and vibrant performance of "Heal", a song from her bright album "Oyster" (1994).
This video's author qualifies this concert "an almost religious experience".Why "almost" ?..
15 février 2009
Cows Talk

Cow 1 :
You see, you work a long long life...
grazing under sun and rain,
rain and snow,
producing milk, you know,
thousands gallons of milk,
working hard,
chewing, ruminating,
chewing, ruminating...
Cow 2
True, that's true.
Cow 1
And then, some day,
the green truck comes,
it takes you, man,
a long way from the farm,
a long long and deep way to death.
I tell you, man,
is this a life ?
Is this a life ?
(silence)
Cow 2
Why do you call me "man" ?
Cow 1
Meuuuuuuuh ?
Cow 2
You say : "man".
I'm not a man, man.
I'm a cow,
I'm just a cow.
Cow 1
I see.
(silence)
Cow 1
You're not an abstract mind, aren't you ?
Cow 2
What you mean ?
Cow 1
You see...
Cow 2
What you want me to see ?..
Cow 1
Oh, nothing. Really nothing.
(silence)
Cow 1
Is this a life ?
Is this a life ?
Thierry Follain
Picture : Pink Floyd's Atom Heart Mother's back cover
10 février 2009
La fille au lavabo

Ici, détournement d'une image enfantine, fillette faisant sa toilette dans un évier, un tub ou je ne sais quoi...
Le reflet dans la glace nous amène à une tout autre lecture. Cette jeune, longue et pulpeuse créature se trouve en effet dans des toilettes pour hommes.
Symbole d'une époque qui répudie ou détourne l'innocence ? Goût du contraste, de la provocation facile, surannée ? Reflet allégé d'une tendance glamour/trash ? Qui sait...
Une grande fille, et le spectateur est pris entre désir et attendrissement.
23 janvier 2009
Françoise Dorléac et les Amoureux tristes
Un soir, on feuillette des dessins oubliés. Parmi eux, un portrait de Françoise Dorléac. La chaîne diffuse une compilation personnelle de Sad Lovers and Giants. Dont "Strange orchard", morceau lent, cyclique, envoûtant. Et les deux univers se rencontrent.
Vient la quête des images de Françoise sur le site de Chantal Hoareau. Puis le travail minutieux, inspiré, sur un montage tout en fondus, enchaînant les photos d'une femme à jamais figée dans ses 25 ans, jusqu'au fondu au noir final.
Beauté aux grand yeux, aux joues creusées, entre sa soeur, Catherine Deneuve, et Françoise Hardy. Coupe emblématique des années 60, cheveux longs avec frange, yeux lourdements maquillés. Une femme hiératique, fragile, séduisante. Appréciée de François Truffaut, Jacques Demy, Roman Polanski, Ken Russell, dans sa courte et fulgurante carrière.
La fusion se crée entre les souvenirs de cette jeunesse soudainement rompue, interrompue, et la musique lente, hypnotique, la basse lente, répétitive, les vagues insistantes de guitares et synthés, les drums saccadés, la voix plaintive.
A voir : "Françoise Dorléac, Sad Lovers : Strange Orchard", sur Down by the water", ma chaîne YouTube.
Site dédié à Françoise Dorléac p
ar Chantal Hoareau
.
17 janvier 2009
13 janvier 2009
Talk Talk : Such a (delightful) shame

Imaginative, sober, funny... 
definitively not the average Eighties video !
6 janvier 2009
29 décembre 2008
Alanis Morissette versus Rap macho-bimbo
Alanis Morrissette en a tiré une parodie savoureuse, sur un lent, très lent tempo. Elle met ainsi en valeur, si j'ose dire, la vacuité convenue du texte et prend un plaisir manifeste à casser les clichés du genre, dans un univers résolument "cheap" (versus le "bling-bling" coutumier des rappeurs)."My humps", par Alanis Morissette, une vidéo anti-lieux communs du show-bizz, pour finir l'année en beauté.
Pour que le plaisir soit complet : le clip original et non distancié de "My Humps", par The Black Eyed Peas.27 décembre 2008
25 décembre 2008
12 novembre 2008
Melissa auf der Maur, la Victoire en chantant

Cette photo de Melissa auf der Maur, par Loïc Duquesnois, est riche en évocations. Entre rockeuse saisie au vol et statue républicaine, Arc de Triomphe, la Victoire en chantant, et ainsi de suite. Ici, dans l'envol d'un brasier échevelé, la guitare devient une arme, "axe" en anglais, portée au garde-à-vous ou prête à être utilisée. La suspension excessive du mouvement statufie l'artiste. L'intensité naît de l'arrêt sur image et du contraste, ou plutôt de l'harmonie entre peau blême et chevelure roussissime.
10 novembre 2008
Blondie, Debbie Harry : X-Offender
6 novembre 2008
Kurt Cobain's ghost and his estranged wife

looked with anger, lust and fear
at his estranged wife.
Moreover,
he suddenly remembered
that his middle name had been :
"Donald".
26 octobre 2008
morgen 3 : Nocturne (extrait)
Jeune Allemande de très bonne famille, Else voit sa vie brillante, aisée, brisée à 26 ans. Enlevée pour des motifs politiques, elle subit quatre mois de réclusion humiliante, avilissante. Libérée contre rançon, la jeune femme fait la rencontre improbable d'un homme plus âgé, qui lui redonne vie par sa tendresse, sa considération. Confrontée à nouveau à une mort sanglante, Else reconstruit sa vie en une contrée lointaine, forte d'elle-même, de son fils, de l'amour, de toutes les formes d'amour qu'elle porte en elle et suscite. Par touches impressionnistes, "morgen" narre son histoire.Chapitre 6 - Nocturne (extrait)
Ils avaient amerri dans une chambre à deux lits, nichée dans le dernier carré d'un centre-ville historique, miraculeusement épargné. Maintenant calme, paisible. Figé. Disneysé.
Tinderbelt rentra dans la chambre, accompagné d'Alberich, qu'il était allé promener. Il jeta un coup d'oeil par la fenêtre qui donnait sur une cour silencieuse, avec quelques arbres en pot, des tables, des chaises abritées sous une bâche transparente.
Lorsqu'il se retourna, Else sortait de la salle de bains, de la douche où elle avait passé un sacré bout de temps, lui semblait-il. Elle avança, rêveuse, ses chevaux noirs humides, drapée d'un peignoir blanc. Vint près de lui.
- Tu as vu ? Ca doit être sympa, le petit-déjeuner, en été.
Il approuva.
Mais ce n'était pas l'été, à peine le printemps.
Frémissant, il la regarda droit dans les yeux. C'était ahurissant, l'effet que cette femme produisait sur lui, l'emprise qu'elle avait sur lui. Sans dire un mot. Sans faire un geste.
Elle lut tout cela dans son regard.
Désolée de ne pouvoir donner, juste recevoir, elle eut honte, et celle-ci se mêla à toutes les hontes nées de ces jours forcés. Un moment, elle se sentit vide, désemparée, puis il la prit dans ses bras, et elle se laissa aller.
...
La suite, en pdf
morgen, extrait 2
morgen, extrait 1
Bardot, la Star et le Solex
Bardot, superbe dans sa maturité, et le Solex, désuet. Deux grands symboles français rassemblés sur la photo, en 1971.Deux, trois ans plus tard, Brigitte Bardot quitte l'univers du vedettariat mondial, soudain consciente du vide intense qu'il recèle. Et le Solex cède la place aux scooters japonais.
La star incontestée, le deux-roues-fétiche des années 50 et 60 ont fait leur temps. En ce début des années 70, c'est leur fin de règne.
Restent deux icônes, celle de "Bardot" étant définitivement associée à l'image de la femme, de la femme française, quelles qu'aient été les péripéties des années suivantes.
La réalité passe. Les symboles restent.





























