30 décembre 2009

Linda Evangelista, saga sensible en noir et blanc avec Peter Lindbgergh

Linda Evangelista by Peter Lindbergh, 1993 - Linda Evangelista, Lindbergh - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.com - Thierry Follain, concepteur rédacteur : 06 87 29 38 73 : web rédacteur, Sciences ComIl a existé un moment de grâce
entre Linda Evangelista et Peter Lindbergh,

dans les années 90.

Par la grâce du noir et blanc
et d'un relatif naturel,

le "fashion", un instant,
a fait sens.



22 décembre 2009

Brittany Murphy au bout de ses 8 miles

Brittany Murphy is dead - 8 Miles - Britany Murphy - Eminem - Blog with a View - Blog avec vue - Thierry Follain, concepteur rédacteur, web rédacteurJe l'avais trouvée touchante dans "8 miles" .
Elle donnait une vibration particulière à son personnage
de néo-tassepé blonde, prompte à s'envoyer en l'air
dans des lieux plus ou moins adaptés
(pas les pires, d'ailleurs...).

Young Star Brittany Murphy is dead at 32 - 8 Miles - EminemRendre sensible ce personnage un brin cliché
révélait un réel talent.

Britanny Murphy est morte à 32 ans.

C'est triste.


10 novembre 2009

Vania Zouravliov tanne le cuir de Bocage

Vania Zouravliov - Bocage - Blog with a viewBelle campagne esthético-sado-maso-ethnique
pour les chaussures Bocage.


Vania Zouravliov - Bocage 2Illustrations de Vania Zouravliov.

1 novembre 2009

Dominique, par Thierry Follain


Un dimanche d’automne à Evreux,

enfin, près d’Evreux,

dans un pas si grand ensemble d'immeubles modestes et convenables,

un peu loin de tout,

les quelques boutiques fermées,

le mail désert,
les parcelles plantées

lavées, délavées

par la pluie,

Eve par Juillard - Dominique, par Thierry Follain - Blog with a  Viewla pluie sur tes carreaux,
la pluie sur les bois proches,

la pluie sur ce désert,

la pluie au dehors

et en toi,


un dimanche à Evreux,

rien de spécial à faire,
limer tes ongles,

rincer ce pull mousseux,

ranger la cuisine,

lire la pile de magazines,

ce bouquin d'Anne Gavalda,
par terre,

te demander si c’est cela,
vivre à vingt-six ans,

seule
dans un F2,
près d’Evreux,

loin de chez toi,

loin de tout,
un dimanche d’automne pluvieux

dans la pluvieuse Normandie,


peut-être, tout à l’heure,

dans ta Twingo réticente au démarrage,
un tour en ville,
enfin, dans le centre-ville

désert d’Evreux,

un cinéma,
un film d’ailleurs,

puis un sage chocolat dans un café bondé,

les yeux des garçons souvent fixés sur toi,

leurs regards qui se détournent lorsque tu les considères
sans invite,

car tu ignores ce qu'il y a de soi,

ce qu'il y a de soie en toi,

puis, demain le boulot terne,
tes " collègues " plus âgés
dans leurs années ou dans leur tête,


un dimanche pluvieux

loin de chez toi,

dans la pluvieuse Normandie.


Bientôt, sortir le labrador

qui s’ennuie,

le balader dans les bois mouillés,

taillis sans gloire dépouillés par l'automne glaçant,

tremper tes chaussures citadines,
puis rentrer,


allongée sur ton lit,
tu écrases ta cigarette,
ouvre ton peignoir,
te caresses, les yeux ouverts, les yeux fermés,
en songeant à une étreinte sauvage,

avec un garçon qui n’a pas vraiment de visage,

et pas de nom,

tu jouis un peu, malgré toi,

souvenir d'extases passées sous le soleil de Mykonos,
puis tu te retournes,

sur ce ventre qui vibre encore, rayonne en toi,

déjà insatisfait,

en quête de plus de jouissance,

de plus de raideur,

de plus de chaleur,

tu enfouis ton visage dans l’oreiller,
tu soupires,

et tu pleures,


et la pluie tombe,
frappe et sillonne les carreaux,

grave le message des nuages pesants, incessants,

sur ta chambre,
près d’Evreux,

puis se mue en un crachin infini,

incessant et ténu comme l’ordinaire

ennui,


tu t’assoupis, tu t’endors,
dans les senteurs de ton corps, de l’oreiller, de tes cheveux,

tu occultes le bruit, la télé des voisins,
rituelle célébration d’un dimanche de novembre

dans la pluvieuse

Normandie.

Tu te réveilles vers cinq heures,
il fait quasiment nuit,

Ami tourne en rond et gémit,

pose sa tête, regard suppliant,

sur le bord du lit,

lui au moins sait ce qu'il veut,

tu le caresses et souris,


un peu nauséeuse,

tu t’habilles,

une chemise, un jean,

des chaussettes et

ces chaussures si peu faites pour la pluie,

un gilet noir dans lequel tu t’enfouis jusqu’au menton,

un bonnet,

tu mets ton imper,

sors avec le chien réjoui,

jappant, griffes crissantes,

haletant,


trois étages par l’escalier blême,
le hall humide,
le chemin cimenté,

la route qui tourne à traverser,


le tissu rêche frotte ton sexe, le maintient en éveil,

sensation pas désagréable,

perception chaude, voluptueuse,

humaine,

alors que tu marches sous la pluie fine,


le bois humide, odeurs mêlées de feuilles,

de tristesse et de

décomposition,

silex cachés qui heurtent, tordent les pieds,
il aime bien cela, le chien,

qui court, furète,

vire et virevolte,

un instant, tu envies sa joie primale,

animale,


une cigarette amère à la main,
tu le suis,

il y voit sans doute plus clair que toi,

pour récupérer les bâtons que tu lances,

alors que pèse le ciel de pluie,

d'une fin hâtive d'après-midi,

le ciel de Normandie.

Tu songes à des vacances,
à une autre vie,

un autre pays,

tu songes à des étreintes,

à des tendresses

effacées,

écoulées,


envie de dormir,
et tu n’as rien fait de la journée,

envie de rentrer,

d’appeler Monica,

entendre sa voix chaude,
suivre distraitement ses histoires de coeur compliquées,

être écoutée,

consolée,

tu siffles le chien,

enfin, tu essaies,

et tu rentres avec lui,

alors que le brouillard naissant
dépose un halo orangé sur les rares lampadaires.


Dans le hall, tu ôtes ton bonnet humide,

lâches tes cheveux d’un mouvement gracieux,

ouvre ton manteau,
salues une famille de retour du

cinéma,

l’adolescente te sourit,

le père te suit des yeux, avidement,

sa femme blêmit…
pourrais-tu les envier,

vraiment ?


Dans l’ascenseur, le miroir te renvoie l’image

d’une jeune femme de vingt-six ans,

ni grande ni petite,

ni fille, ni femme,

fine, poitrine haut plantée,

cheveux blonds cendrés, rebelles,

peau unie,

bouche pleine,
regard clair, un peu égaré,
séduisante,

sans doute,

si elle se valait,

si elle se voulait,


tu te regardes, tu te grimaces,
tu te souris.


Tu rentres chez toi,

échos des voisins épanouis,

rares passages de voitures dans la nuit brumeuse,

la nuit sans trêve

règne

déjà, il faut allumer,


puis ranger, encore,

laver tes longs cheveux,


- qu’est-ce qu’il y a ce soir, à la télé ? -

non, d’abord téléphoner,

pour oublier la monotonie

de ce jour pluvieux,

dans la pluvieuse Normandie,


un dimanche de ta jeunesse,

un jour décompté de ta vie,

une vie à changer,


un dimanche

près d’Evreux,

en Normandie.



Thierry Follain

25 octobre 2009

Marquis de Sade : Vidéo Rue de Siam sur 3 notes

Marquis de Sade : Rue de Siam, Justine de Sade, Les 120 Jours de Sodome - Marquis de Sade, vidéo de Thierry Follain - Blog with a View


Marquis de Sade : Rue de Siam, vidéo de Thierry Follain 3
Sur 3 notes visuelles,
trois reflets de fillette et de femmes,
film onirique, rythmique,
sur l'implacable et sublime
"Rue de Siam"
de Marquis de Sade,
sous ma signature
Downbythewater.


11 octobre 2009

"Man crazy", Carol Joyce Oates : Voyage au bout de la nuit



La déchéance des filles consécutive aux traumatismes de l'enfance est un thème récurrent de la littérature noire anglo-saxonne. "Man crazy" (folle de l'homme) de Joyce Carol Oates pousse l'exercice dans ses extrêmes retranchements, tant dans la progression vers l'horreur que dans une subtile et inattendue rédemption.

Man crazy, a novel by Carol Joyce Oates - Photos by Alice Wells - Man Crazy, chronique par Thierry Follain, conseil éditorial, concepteur-rédacteur, web rédacteur - 06 87 29 38 73Il y a un père dans la vie d'Ingrid Boon et un mari dans celle de sa mère Chloë, sublime, blonde et paumée. Un homme, un vrai, un pilote revenu étrange, instable, dangereux, de ses années au Vietnam. La fuite de Lucas, pourtant violemment et perversement présent, vont pousser peu à peu mère et fille vers une douce folie.

Man Crazy, roman de Carol Joyce Oates - Photos par Alice WellsMoins douce pour Ingrid, "Doll-girl" au teint et à la chevelure lumineux se donnant dès treize ans à tout homme ou garçon qui le veut, dans sa quête désespérée de reconnaissance, sombrant dans l'auto-mutilation, la dope, l'anorexie, avant de devenir la chose, la "Dog-girl" soumise d'un "biker" impitoyable régnant sur une secte satanique. No future en noir et blanc.

Si certains passages évoquent le frémissant naufrage de l'héroïne de "Putain" de Nelly Arcan, d'autres, un cinquième du roman en gros, sont carrément insoutenables dans l'expression et la sensation des sévices infligés. Comme Mo Hayder, Joyce Carol Oates ne connaît pas de mesure en la matière.

Le livre est construit en chapitres souvent courts, annoncés par des titres pleine page, autant d'étapes vers l'enfer, au sens propre du terme : " A woman a man would die for", "You trust your Daddy, don't you ?", "A woman is born to bleed", "The bones", "In the earthen cellar"…

Ce récit à la première personne est cependant porteur de lumière, d'amour et d'espoir. Ceux-ci émergent dans les quatre dernières pages seulement, lorsqu'apparaît ce "you", ce "toi" auquel s'adresse soudain Ingrid. Oates en avait semé des traces à intervalles régulier, mais le lecteur pris dans la spirale noire avait peu de chance de s'y attarder. Ce n'en est que plus saisissant.
Du grand art intimiste et intense, certes pas de tout repos pour celui ou celle qui découvre ce roman d'une très grande noirceur…




Photos : Alice Wells


"I don't play games" : Man Crazy, Oates, extrait

Man Crazy, a novel by Carol Joyce Oates - Photos par Alice Wells - Blog with a view" Une autre fois, j'ai vu ce type traverser une rue à Port Oriskany, près de l'université…. Il avait la peau sombre, et je n'étais jamais sortie avec un homme à la peau sombre, je crois que je les effrayais, si blonde, si affamée. Ecarte-toi de moi, la môme. T'es trop jeune me dit l'un d'entre eux un jour, tout en riant et reculant, comme s'il avait vu sur mon visage quelque chose dont j'étais inconsciente.

Plus tard, je deviendrais Dog-Girl. Mais l'air de Dog-Girl se lisait déjà en moi, et certains hommes le ressentaient.

Il y avait cet homme au bar de l'Empire Hôtel où j'allais parfois … je suis comme une danseuse me déplaçant lentement, chaque instant calculé, afin de me placer dans la ligne de vision de ce type et, Jésus! ma respiration se bloque, cet homme est si beau … Il doit avoir trente-cinq ans, et, ça y est, il m'a vue. Son regard me transperce comme une lame de couteau, O Jésus, je sens que je vais m'évanouir, je suis effrayée comme ce n'est pas possible, je commence à trembler, ma bouche est si sèche que je ne peux avaler.

Je ne fais marcher personne, non jamais. Je suis folle de ces hommes qui disent "C'est ton père que tu cherches, en fait". J'espère qu'ils ont raison, qu'un jour peut-être, je le trouverai."



Joyce Carol Oates, on Wikipedia U.S


Photo :
Alice Wells


5 octobre 2009

Nelly Arcan quitte le monde de "Putain"

Ecrivains du Québec, Nelly Arcan, Bibliographie, 2001 : Putain, 2004 : Folle, 2007 : L'enfant dans le miroir, 2007 : À ciel ouvert, 2009 : Paradis clef en main, Arcan, Editions du Seuil, Blog with a View, blog-with-a-view.blogspot.com
J'ai reçu un sacré choc lorsque j'ai lu "Putain" de Nelly Arcan, cette longue détestation de soi, dévoration par l'image, sous fond d'implacable vide, dans un déversement de périodes quasi-bibliques. Un livre majeur sur la frénésie clinquante, artificielle et glaciale du monde contemporain, avec son détournement permanent du soi et du désir. J'ai reçu un autre choc, plus grave, en apprenant sa mort, ce jour. Nelly Arcan avait 35 ans.


"Putain" : vision et extrait, sur Blog with a View


3 octobre 2009

Backstage, d'Emmanuelle Bercot : Fragments d'un délire amoureux, avec Isild Le Besco

Isild Le Besco dans Backstage d'Emmanuelle Bercot, avec Emmanuelle Seigner - Isild Le Besco nue - Isild Le Besco nude - Backstage, Isild Le Besco - Isild Le Besco, L'intouchable,Au fond des bois - Benoît Jacquot - Backstage d'Emmanuelle Bercot, chroniqué par Thierry Follain - Tirez sur le caviste, Emmanuelle Bercot, Mes chères études - A poil !, Emmanuelle Bercot - Blog with a View - www.blog-with-a-view.blogspot.com
Isild Le Besco dans Backstage d'Emmanuelle Bercot, avec Emmanuelle Seigner - Isild Le Besco nue - Isild Le Besco nude - Backstage, Isild Le Besco - Isild Le Besco, L'intouchable,Au fond des bois - Benoît Jacquot - Backstage d'Emmanuelle Bercot, chroniqué par Thierry Follain - Tirez sur le caviste, Emmanuelle Bercot, Mes chères études - A poil !, Emmanuelle Bercot - Blog with a View - www.blog-with-a-view.blogspot.com - Thierry Follain, conseil éditorial, web rédacteur : 06 87 29 38 73
Isild Le Besco dans Backstage d'Emmanuelle Bercot, avec Emmanuelle Seigner - Isilde Le Besco nue - - Le Besco nue - Isild Le Besco nude - Backstage, Isild Le Besco - Isild Le Besco, L'intouchable,Au fond des bois - Benoît Jacquot - Backstage d'Emmanuelle Bercot, chroniqué par Thierry Follain - Tirez sur le caviste, Emmanuelle Bercot, Mes chères études - A poil !, Emmanuelle Bercot - Blog with a View - www.blog-with-a-view.blogspot.com  - Thierry Follain - 2
Faire l'amour avec l'amant d'une femme qu'on adule,
tout en pensant s'unir à elle,

Capter dans l'homme ce qu'il a perçu,
reçu de cette femme aimée,

porter un enfant de lui pour l'élever avec elle, la star,
ou même simplement pour le confier à l'élue,
c'est dément, c'est destructeur.

C'est aussi, c'est surtout une quête d'amour,
une histoire d'amour sublimement belle
née du poids insupportable du quotidien,
qui le transcende dans un éprouvant effacement de soi,
une étourdissante auto-destruction.

Celle de Lucie dans Backstage d'Emmanuelle Bercot,
exploratrice récurrente des liaisons transgressives.

Avec Isild Le Besco, auparavant adolescente égarée,
dans La Puce,
entre pudeur et désir de découvrir la vraie vie,
celle du corps révélé au creux du lit,
en compagnie d'un homme 20 ans plus âgé qu'elle.

Fragments répétés d'un discours amoureux qui ignore les conventions,
y compris celles, normément libérées des magazines ados et féminins.




1 octobre 2009

"Et Dieu créa la femme" : Et Vadim créa Bardot

Brigitte Bardot, Jean-Louis Trintignant dans Et Dieu créa la femme, de Vadim - Badot nude, Bardot naked,Bardot nackt - BB, La femme et le pantin, Le Mépris, par Vadim, Viva Maria, Le repos du guerrier, Gainsbourg : Bonnie and Clyde - Gainsbourg, une vie héroïque, Bardot jouée par Claudia Schiffer - Blog with a View - Thierry FollainTout à la fois amant et metteur en scène, Roger Vadim a projeté sur la jeune Brigitte Bardot (22 ans) la femme qu'il aurait aimé qu'elle soit. Il en a fait un mythe féminin universel : "Et Dieu créa la femme" a créé "Bardot". C'est ce que démontre Francesco Alberoni dans "L'érotisme", livre profondément humaniste sur les pulsions érotiques différenciées de l'homme et de la femme, et leur fusion en marge du temps et de la quotidienneté.

Brigitte Bardot avec Errol Flynn, 1956 - BB, La femme et le pantin, Le Mépris, par Vadim, Viva Maria, Le repos du guerrier, Gainsbourg : Bonnie and Clyde - Gainsbourg, une vie héroïque, Bardot jouée par Claudia Schiffer - Blog with a View - Thierry Follain" Brigitte Bardot est au contraire devenue un sex-symbol. Son image a d'abord été celle d'une adolescente sans inhibitions et un peu en marge.

Brigitte Bardot : Et Dieu créa la femme, BB, La femme et le pantin, Le Mépris, par Vadim, Viva Maria, Le repos du guerrier, Gainsbourg : Bonnie and Clyde - Gainsbourg, une vie héroïque, Bardot jouée par Claudia Schiffer - Blog with a View - Thierry Follain Le signe de l'absence de danger, chez elle, a été un certain degré de désordre et de négligence : vêtue comme par distraction, les cheveux à moitié décolorés.Elle a joué les filles faciles qu'on peut prendre et laisser sans conséquences."

Brigitte Bardot dans Et Dieu créa la femme, de Vadim - BB, La femme et le pantin, Le Mépris, par Vadim, Viva Maria, Le repos du guerrier, Gainsbourg : Bonnie and Clyde, Comic Strip - Gainsbourg, une vie héroïque, Bardot jouée par Claudia Schiffer - Blog with a View - Thierry Follain"Vadim a eu un talent; il a vu que la beauté de la femme qu'il aimait pouvait être universelle.

Brigitte Bardot,  affiche de Et Dieu créa la femme, 1956, de Vadim - BB, La femme et le pantin, Le Mépris, par Vadim, Viva Maria, Le repos du guerrier, Gainsbourg : Bonnie and Clyde - Gainsbourg, une vie héroïque, Bardot jouée par Claudia Schiffer - Blog with a View - Thierry FollainMais cette beauté était encore une matière brute et il fallait l'animer d'un rêve. L'amoureux tend toujours à transformer celle qu'il aime de façon à le rendre encore plus désirable à ses yeux.Vadim a projeté sur l'actrice ses rêves, ses fantasmes érotiques, ses délires, et l'a conduite à en être l'instrument.


Brigitte Bardot, dans Et Dieu créa la femme, de Vadim, 1956 - BB, La femme et le pantin, Le Mépris, par Vadim, Viva Maria, Le repos du guerrier, Gainsbourg : Bonnie and Clyde - Gainsbourg, une vie héroïque, Bardot jouée par Claudia Schiffer - Blog with a View - Thierry FollainIl lui a dit comment s'habiller, comment parler, comment regarder, comment bouger, comment s'asseoir, comment dire oui, comment dire non.

Brigitte Bardot, BB, La femme et le pantin, Une ravissante idiote, Le Mépris, par Vadim, Viva Maria, Le repos du guerrier, Gainsbourg : Bonnie and Clyde - Gainsbourg, une vie héroïque, Bardot jouée par Claudia Schiffer - Blog with a View - Thierry FollainLa femme qui apparaît dans "Et Dieu créa la femme" est le produit de ce rêve d'amour. Il la montre au cinéma telle qu'il l'a imaginée pour la rendre infiniment désirable.

Brigitte Bardot - Bardot - BB, La femme et le pantin, Le Mépris, par Vadim, Viva Maria, Le repos du guerrier, Gainsbourg : Bonnie and Clyde - Gainsbourg, une vie héroïque, Bardot jouée par Claudia Schiffer - Blog with a View - Thierry Follain
 
Son génie lui a fait voir ce que les gens de son temps désiraient et ce qu'ils attendaient. Le film est la réalisation, en chair et en os, de ce rêve collectif. C'est ainsi naît le mythe. "


Extrait de "L'érotisme", par Francesco Alberoni (Ramsay, 1987).



L'avis des critiques américains sur "Di
eu créa la femme", sur
Rotten Tomatoes
.
"Bardot, a suicidal sex bomb", par Peter Evans

Femmes des Années 60




26 septembre 2009

Dans "The Handy Goddess", Barbara Wurden bricole avec talent la répartition des rôles entre hommes et femmes !


Dans sa série de vidéos "The Handy Goddess", l'artiste Barbara Warden introduit vitalité et sensualité dans l'univers du bricolage et de la rénovation d'habitation. Une performance qui casse tous les codes entre genres féminin et masculin. Un acte créatif et libérateur 100% féminin.

Barbara Wurden, american artist, in The Handy Goddess - http://blog-with-a-view.blogspot.com - Thierry FollainAccessible sur YouTube, la série "The Handy Goddess" de Barbara Wurden transgresse avec talent les traditionnels codes féminin-masculin. Elle diffuse par l'image des conseils pratiques aux bricoleurs et rénovateurs de maisons, dans un style parfaitement allumé, et sans renoncer une seconde à sa séduction. Ce jeu de rôle amusant et complexe constitue tout à la fois un service pratique et une performance permanente.
Barbara Wurden, american artist, in The Handy Goddess 2 - http://blog-with-a-view.blogspot.com - Thierry FollainEn élargissant le sujet, seule la culture occidentale permet la création de tels espaces de liberté aux femmes. C'est peut-être ce qu'il faut se rappeler les jours où pointent nos multiples culpabilisations : pillage de la planète, colonialisme, surconsommation, et ainsi de suite.

Il n'y a pas de mal à se soutenir le moral, et
The Handy Goddess
, "la déesse adroite de ses mains" y contribue fortement !

Barbara Wurden, Site

The Handy Goddess, le site


19 septembre 2009

"La chute" de Hirschbiegel hésite entre réparation et rédemption


A la fin de "Der Untergang" (La chute), film qui nous plonge au coeur de la démence nazie agonisante, circonscrite à quelques quartiers de Berlin, une chancellerie en ruine et un bunker glauque, le réalisateur, Oliver Hirschbiegel, s'offre et nous offre une pause quasi-onirique.


Der Untergang, La chute, The downfall, Oliver Hirschbiegel, Bruno Ganz, Alexandra-Maria LaraDemeurée étonnamment pure et sans tâche, Traudl Junge, la jeune secrétaire d'Hitler (Alexandra Maria Lara), parvient à quitter le bunker et Berlin occupée par les Russes, avec et grâce à un jeune garçon dont les parents ont été exécutés par les ultimes escadrons de la mort nazis, qui se fait passer pour son fils.

Der Untergang, La chute, The downfall, Oliver Hirschbiegel, Bruno Ganz, Alexandra-Maria Lara - 2Sur une envolée musicale aux accords romantiques, la jeune femme et le garçon s'enfoncent dans la campagne allemande, sur un vélo qu'ils ont trouvé. Avant le fading final, ils sont illuminés par un soleil finissant, ou naissant, doré.

Après cette respiration, Der Untergang reprend un cours pédagogique, incluant énoncé du destin des divers protagonistes et témoignage, voire remords de la vraie Traudl Junge, peu avant sa mort en 2002.

Le coeur du réalisateur de Der Untergang semble avoir balancé un instant entre catharsis purificatrice, le cheminement de deux êtres apaisés après le crépuscule nazi vers un halo doré, et nécessité de rendre des comptes à l'Histoire. Comme s'il avait voulu, un bref moment, échapper à sa propre création crépusculaire...

Difficile choix entre histoire et Histoire...


28 août 2009

Comme font les amoureux

Evan Hunter - Les mensonges de l'aube - The moment she was gone - Ed McBain - l'Archipel" ... Nous nous quittons dehors, sur le trottoir, comme des étrangers. Comme des étrangers, nous n'échangeons même pas une poignée de main. Elle part dans une direction, moi dans l'autre. Il fut un temps où nous nous retournions pour regarder l'autre, comme font les amoureux. Nous nous faisions des petits numéros de mime : serrer les bras autour de la poitrine puis les ouvrir en grand pour dire "je t'aime, je t'aime". Une fois, deux fois, trois fois, parfois trois ou quatre avant de nous perdre de vue. Il fut un temps...
Aujourd'hui, je ne me retourne pas pour la regarder.
Je suis certain qu'elle ne me regarde pas non plus..."

Les mensonges de l'aube - Evan Hunter - Editions l'Archipel

2 août 2009

Françoise Dorléac et le lycéen

Françoise Dorléac, soeur de Catherine Deneuve, actrice et mannequin Dior des années 60. Francoise Dorleac, french actress and Dior model, Catherine Deneuve's sister - Cul de sac, The soft skin, That man from Rio
Beau témoignage sur Françoise Dorléac, asssocié à la vidéo "Françoise Dorléac - Strange Orchard", sur "Downbythewater", ma chaîne YouTube :

"J'étais lycéen... 1964. ..un enseignant nous encourageait à faire des exposés...j 'ai pris "cinéma"... et téléphoné à Françoise Dorléac qui, tout simplement, a accepté de me rencontrer et de parler de son métier trois heures durant dans un bar du Faubourg St Honoré...jamais je n'oublierai ces moments là, ni cette actrice sublime, fauchée à la fleur de l'âge, et qui était tellement moderne dans son jeu... et si belle..."


French actress Françoise Dorléac and David Niven, on Where are the spies's set (1965) - Françoise Dorléac et David Niven, sur le tournage de Passeport pour l'oubli (1965)Une raison de plus de la regretter.

A voir : "pour Françoise"
, le beau site de Chantal Hoareau.


En bas : Françoise Dorléac et David Niven sur le tournage de "Where the spies are" (Passeport pour l'oubli) - Photo Life.



31 juillet 2009

Kenya : un père très cool


Entendu sur "Appels sur l'actualité", RFI, ce matin. Un auditeur kenyan défend la production de roses dans son pays, contestée par certaines ONG (motif : la baisse des eaux et la pollution induite dans le lac Naivasha).

Un détail : l'animateur, Juan Gomez, introduit le dit auditeur en le félicitant, car il est papa depuis à peine deux heures.

Mais il a l'esprit à la défense de l'emploi dans la production de rose kenyanne, sous capitaux anglais et hollandais.

Un père très cool, en somme...



29 juillet 2009

PJ Harvey : "Is this desire?"

PJ Harvey, rid of me"Is this desire ?". Dans cet album intense, ténébreux, sorti en 1998, P.J Harvey explore les faces ambigües de la sexualité. Deux textes denses, brûlants, par une"songwriter" talentueuse…

The Garden

and he was walking in the garden
and he was walking in the night
and he was singing a sad love song
and he was praying for his life
and the stars came out around him
he was thinking of his sins
and he's looking at his song-bird
and he's looking at his wings
there inside the garden
came another with his lips
said, 'Won't you come and be my lover?'
'Let me give you a little kiss'
and he came, knelt down before him
and fell upon his knees
said, 'I will give you gold and mountains
if you stay awhile with me'
and there was trouble taking place.
there inside the garden
they kissed, and the sun rose
and he walked a little further
and he found he was alone
and the wind, it gathered round him
he was thinking of his sins
he was looking at his song-bird
and he was looking at his wings
and there was trouble taking place.

PJ Harvey, album

Catherine

Catherine De Barra, you've murdered my thinking
I
gave you my heart, you left the thing stinking
I'd break from your spell if it weren't for my drinking
And the wind bites more bitter with each light of morning.
I envy the road, the ground you tread under,
I envy the wind, your hair riding over,
I envy the pillow your head rests and slumbers,
I envy to murderous envy your lover
'til the light shines on me
I damn to hell every second you breath
I envy
Oh my Catherine
For your eyes smiling
And your mouth singing
With time I'd have won you
With wile I'd have won you
For your mouth singing.


  • D'un clic, sur PJ, sur ce blog : "Polly Jean"…

  • 27 juillet 2009

    "Vous éteignez vraiment les incendies?"

    Pompiers de Paris, leçon particulière de réanimationBrièvement capté sur M6 hier soir, retour de dimanche au grand air, un docu sur les pompiers de Paris en action lors de (ce que je suppose être) la Fête de la Musique. Basés à la caserne de Montmartre, ils passent et repassent tout au long de la soirée dans une rue noire de monde, de jeunes de plus en plus émêchés. Pas bien vieux eux-mêmes, dévoués, musclés, nos pompiers parisiens deviennent une attraction majeure de la soirée.

    Moment intense : deux jeunes et jolies femmes, dont l'une a une rose à la main, conversent avec le pompier passager, un solide gaillard au crâne rasé, dans la prime trentaine.


    Dialogue à haut pourcentage de drague :


    Jeune femme 1 : "Vous éteignez vraiment les incendies ?", question pour le moins ambiguë, puisqu'elle s'adresse à un soldat du feu. Le pompier confirme d'un hochement de tête.

    Jeune femme 2 : "Vos vêtements sont très serrés, non ? Une fois, j'en ai suivi deux dans un escalier et leurs pantalons étaient très serrés."

    Pompier : "Ah, mais c'est parce qu'ils avaient déjà de belles formes!"

    La jeune femme approuve avec conviction. Enfin, elle offre la rose à son interlocuteur. Elle lui fait la bise, "Un baiser du Brésil!". L'autre de même.


    C'est chaud, parfois, la vie d'un pompier de Paris.


    23 juillet 2009

    La bête, de Roslund et Hellström : Noir, c'est noir

    Avec "La Bête", Roslund et Hellström signent un roman d'un noir d'encre, dont la société suédoise dans son ensemble ne sort pas grandie. De la pédophilie la plus cruelle à la fureur populaire, en passant par le désespoir solitaire d'un père à bout de souffle, le lecteur a bien du mal à respirer.

    Des fillettes violées, mutilées, un écrivain en chute libre qui perd avec sa fille sa raison de vivre et devient justicier, des policiers blasés, vivant dans le passé ou tourmentés par leur infidélité, un jeune procureur qui ne vise que sa carrière, une juge qui sympathise avec l'accusé mais va cependant orienter le jury vers la perpétuité, une population qui s'empare d'un drame personnel pour se livrer aux pires excès, un système judiciaire et carcéral dénué d'humanité... bienvenue dans un monde sans espoir avec "La Bête" de Roslund et Hellström. Un roman plus que noir qui pourrait bien ressembler à la réalité. Durant le procès passe le souffle de "L'Etranger" de Camus, avec cet homme seul dans un box, totalement déconnecté des jurés, des juges, des journalistes, de la foule qui sympathise avec lui pour les plus mauvaises raisons. Seuls peuvent nous soulager en fin de lecture le souvenir de Marie, la fillette sacrifiée, Micaela, la jeune amante impliquée, Kristina, l'avocate, et Rebecka, la femme-pasteur. Lueurs d'espoir féminines dans un monde bien sombre.


    La Bête (Odjuret) - Roslung & Elström - "Sang d'encre" - Presses de la Cité.


    Illustration : Anders Engman/Megapix - Arne Oström





    15 juillet 2009

    L'Ange de la Dolce Vita rencontre Spooky Tooth sur la plage, à l'aube

    Federico Fellini, La Dolce Vita - Blog with a View - Thierry FollainA la fin de "La Dolce Vita", ce chef-d'oeuvre de Fellini, Marcello, journaliste "people" avant la lettre, fait la rencontre distante, sur une plage, à l'aube, d'une jeune femme angélique (dans tous les sens du terme). Le bruit de la mer, et surtout l'esprit fermé de l'homme, l'empêchent de répondre à cet appel vers une vie autre...

    Spooky Tooth : Spooky Two - Blog with a View - Thierry FollainM'est apparu soudain la convergence entre cette scène sobre et magnifique et "Holy water", morceau gospel-blues de Spooky Tooth, où la voix de Mike Harrison est supportée par un choeur féminin de toute beauté. D'où la création de la vidéo : "Spooky Tooth : Kyle - La Dolce Vita - Fellini", sur ma chaîne YouTube.



    9 juillet 2009

    Bulle de sérénité Gare de Lyon

    Un dimanche de juin, Gare de Lyon (Dali avait la Gare de Perpignan comme référence, moi c'est la Gare de Lyon). Attente d'un train au quai pas encore affiché.

    Quelques centaines de personnes patientent, les chariots de ravitaillement passent, klaxonnent. Dans ce tumulte, au bout du quai, un jeune fille a créé son nid. Assise en tailleur, ses possessions rassemblées autour d'elle, elle écoute, sereine, sa musique.

    Elle n'est pas dans la gare. La gare et son agitation entourent sa bulle, tel un flot tumultueux contournant un ilôt. Belle leçon zen au sein d'un univers fourmillant.

    Photo : Thierry Follain