13 juin 2007

Appelez-moi "Lawrence"

C'est un de ces univers qui me font un brin froid dans le dos. Un jour, une femme, Erin, s'éprend d 'une poupée faite sur mesure. Elle y projette Lawrence d'Arabie, qu'elle vénère. Et puis, elle l'entraîne partout, elle lui fait offrir des accessoires par une amie, une voisine... Bien évidemment, elle trouve des copains japonais pour partager cette passion.

Ca donne un site : Ou phrontis.

C'est vous qui voyez !..

Au fait : "Ou phrontis" (Qu'importe ?), citation grecque qui était gravée à l'entrée de "Clouds Hill", le cottage de T.E Lawrence.


11 juin 2007

Dures à croquer

"Hard candy", de David Sadle, confronte Hayley, web-surfeuse de 14 ans à Jeff Kohlver, séduisant photographe de 32 ans en quête de chair (très) fraîche. Lorsqu'ils se rencontrent, elle fait preuve de candeur face à cet homme devant lequel tant de femmes se sont dévêtues, mais aussi de hardiesse juvénile. Une fois chez lui, le rapport de force bascule rapidement, et l'homme se retrouve tout à coup exposé à de longues exhortations morales, un examen impitoyable de son trouble passé... et une menace d'émasculation en direct.

Si Ellen Page est convaincante dans ce rôle de teenager en contrôle de la situation, Patrick Wilson ne parvient pas vraiment à convaincre... son regard clair et vide et son jeu superficiel évoquant, disons, le pâle Jeff Daniels.

La situation dépeinte dans "Hard Candy" n'est pas sans évoquer "Audition" de Takashi Miike, sorti en 2002. A l'issue d'un long cheminement en quête d'une juvénile épouse, l'honorable Shigeharu Aoyama se retrouve lui aussi au pouvoir d'Asami, jeune femme sadique, alias la troublante Eihi Shiina...

De fait, le film américain est au japonais ce que le "Canada dry" est au rhum de plantation... Difficile, il est vrai, de battre un cinéaste nippon en matière d'ambiance trouble, cauchemardesque, ou SM raffinée. Le stressant "The Ring", de Gore Verbinski (2002), fait sans doute exception.


  • D'un clic, "Hard Candy", synopsis et photos sur IMDb.com...


  • D°, "Audition"...
  • 6 juin 2007

    Altère ego

    L'ego reflété, assumé,
    passe un souffle de sensualité.


    "Ségolène" Président ?..

    En se laissant désigner comme "Ségolène", la candidate socialiste a peut-être commis une erreur de positionnement.

    Sa chanson de campagne "Sé, sé, sé, Ségolène...", ses partisans et les (rares) médias sympathisants ont eu une forte tendance à désigner la candidate du PS par son prénom
    . Or, sous la Vème, nos Présidents ont été connus comme : "De Gaulle", "Pompidou", "Giscard", "Miterrand", "Chirac" et non "Charles", "Georges", etc. Dans la psyché nationale, une "Ségolène" peut-elle être "Président" ?..



    photos : Paris-Match (l'incontournable de la notoriété politique contemporaine...)


    3 juin 2007

    Hail Brittany !

    Dans "8 mile", Brittany Murphy donne une vibrante humanité au personnage d'Alex, jeune fille pour le moins libérée. La capacité a éviter les personnages 100% stéréotypés baigne l'ensemble du film. Elle touche de sa grâce Eminem, loin de jouer les stars en représentation. Un bonheur de spectateur dû au savoir-faire de Curtis Hanson, metteur en scène et directeur d'acteurs talentueux.


    D'un clic, le site d'"8 mile"


    28 mai 2007

    Barbi Twins : le cauchemar américain


    Personnages semble-t-il réels, les "Barbi Twins sont une quintessence du rêve américain, de la bimbo californienne. Le pire, c'est qu'elle sont les porte-paroles de l'alimentation saine...

    Ce sont les bien-nommées Barbi Twins, nées en 1963 en Californie (...). Je suis tombé dessus par hasard. Un peu hagard. Je pensais que c'était des produits de la 3D, mais elles existent. Elles passent à la télé américaine, elles ont "écrit" un livre sur la lutte contre la boulimie, "Dying to be healthy", et ont créée leur ligne de produits diététiques.

    Elles ont accédé à la "gloire" dans les années 90, en apparaissant dans "Playboy", magazine et calendrier. Depuis, elles sont passées à "Hustler", publication plus sulfureuse, dans des poses et sur fond d'histoires sado-maso.

    On frémit à l'idée qu'elles puissent être les role models de jeunes Américaines...

    D'un clic, le Site "officiel" des fans des Barbi Twins. Attention, les yeux !..


    27 mai 2007

    Une liaison, purement et simplement

    A l'approche de la quarantaine, So-Hyun, bourgeoise de Séoul, mère de famille tranquille, s'éprend du fiancé de sa petite soeur, et réciproquement. A un rythme paisible, à travers les séquences courtes d'"Une liaison", Je-Yong Lee dépeint le lent trajet de cette femme (la hiératique Mi-Sook Lee) vers la liberté.

    Comme le constate sa jeune soeur à un tristounet dîner d'anniversaire, So-Hyun, alias Mi-Sook Lee, a 39 ans, un mari architecte, souvent absent, un garçon de 11 ans, un grand appartement design à Séoul, et une collection de fossiles (7, pour 7 anniversaires). Elle va devoir accueillir et guider Woo-In, le fiancé de sa soeur Ji-Hyun de retour d'Amérique pour le mariage. Ji-Hyun est elle-même restée là-bas. Erreur.

    La femme mariée et le jeune homme romantique vont parcourir Séoul, sa campagne, sa banlieue (c'est un mini road-movie), et, sans cris, sans éclats, tomber passionnément amoureux l'un de l'autre, d'où escales répétées dans une chambre avec vue sur jardin. Ca pourrait être le non-scénario d'un film français, mais non... Je-Yong Lee fait le choix de multiples et courtes séquences, autant d'esquisses, de croquis de lieux, de conversations, d'états d'âme rarement exprimés et tellement évidents. Il n'a pas peur d'introduire ou conclure ces brèves scènes par un cadrage vide, une chambre, un mur, un jardin, un paysage, reflétant ainsi l'ample respiration qui baigne les personnages et le film.

    Tout cela se déroule dans une Corée très occidentalisée, avec ici ou là un élément contextuel marquant : l'appartement du père malade, où l'on vit encore au niveau du sol, l'exercice d'alerte aérienne... les sirènes sonnent, un civil avec brassard s'agite... les passants se ruent vers un abri.

    Au comble du bouleversement, Mi-Sook Lee concède au spectateur un visage baissé, masqué par une impertinente mèche de cheveux. Ce pourrait être insupportable, et c'est tout simplement beau. Car la sobriété baigne l'oeuvre, à l'image de son titre tout simple : "Jung sa", "Une liaison". Réduite à son essence, à son irrésistible force d'attraction.

    La hiératique mais humble héroïne trouve peu à peu en elle le goût d'une autre vie. Elle est aidée en cela par un beau monologue de son amant, énoncé dans le cadre décalé du labo de chimie d'un collège, après une étreinte sauvage et la perspective d'une irrémédiable séparation :

    "C'est bête. Vous allez vieillir. Personne ne vous remarquera. Vous allez vieillir et mourir. Vous tomberez malade. Personne ne vous parlera d'amour. Jamais plus vous ne pourrez prononcer ce mot".

    Tout est dit.

    26 mai 2007

    La femme et le pantin


    La graphiste Kembra Pfahler,
    vue par la photographe gothico-fashion-trash
    Katrina del mar


    Candyman, l'horreur du réel

    Nombre de films d'horreur se déroulent dans des lieux vénérables, hantés par le passé. En 1992, "Candyman" de Bernard Rose, situe enfin l'horreur contemporaine là où elle est souvent : un grand ensemble urbain délabré.

    A la base , une légende : Candyman, manchot maléfique (et black) apparaît si on l'évoque cinq fois de suite devant un miroir. Etudiante sur la piste des légendes urbaines, Helen Lyle, alias Virginia Madsen, se lance sur la trace de ce personnage.

    En fait, sur le même principe que "Ring", mais bien avant, un acte irrémédiable est accompli lorsqu'elle prend des clichés de graffitis dans une tour HLM pourrie d'une downtown américaine, là où survivent minorités ethniques, drogués, sdf, etc. L'invocation n'est que complémentaire : si tu pénètres dans le monde du mal, il ne te lâchera plus.

    Ici, nulle intervention ne brisera le sort ou ne vaincra l'être maliféfique. Psys, entourage, exorcistes n'en peuvent mais. Helen verra ses amis assassinés, et sera inéluctablement accusée des crimes de l'invisible Candyman - qu'elle seule peut voir. En prime, son mari l'abandonne et se trouve illico une autre compagne.

    S'ensuit une descente aux enfers solitaire, impitoyable, irrémédiable, coupée de tout espoir, de toute solidarité, qui reflète assez bien l'esprit des années 90. Finalement, l'héroïne rejoint elle-même la face sombre et invincible. Le scénario de Clive Barker, les scènes impitoyables, telle l'émergence d'Helen d'un tas de détritus, ne laissent aucune échappatoire au personnage comme au spectateur. D'où la force du film.

    23 mai 2007

    Les plaisirs chair


    Les plaisirs chair, c'est une dédicace à l'air du temps


    photo : Alex Krivtsov

    19 mai 2007

    "Orange mécanique" n'a pas perdu son jus...

    Symbole de l'ultraviolence à sa sortie, en 1971, "Orange mécanique" est à présent un mouvant symbole de l'art épuré de Stanley Kubrick.

    Clock work Orange, Stanley Kubricq - Orange mécanique, Stanley Kubricq - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.comRevu "Orange mécanique". Etonnant de penser que ce film s'est construit une réputation d'extrême violence physique et sexuelle à sa sortie, en 1971.

    Clock work Orange, Stanley Kubricq - Orange mécanique, Stanley Kubricq - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.comPourtant, "La horde sauvage" de Sam Peckinpah avait fait scandale deux ans plus tôt, et là, question violence et sang répandu, on était gâtés.Il est vrai que "A clockwork orange" a créé des émules d'Alex et de ses "droogs" au Royaume-Uni.

    Clock work Orange, Stanley Kubricq - Orange mécanique, Stanley Kubricq - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.com Le "héros", Alex DeLarge est magnifiquement porté par Malcom Mc Dowell, qui s'était illustré en 68 (et oui) dans "If", film qui montrait une révolte sanglante, à coup de fusils d'assaut, contre le système des "public schools" britanniques (déjà...).

    Toujours, cet art kubrickien de jouer le plan large et fixe sans ennuyer. Sans parler de la beauté de l'image, en décalage avec les éclairages créateurs d'ombre multiples de l'époque.

    Scènes d'anthologie : des tas. Une que j'avais oubliée : la longue progression sur scène d'une walkyrie élancée, dénudée, vers un Alex atterré, sur fond de "Musique funèbre pour la Reine Mary", d'Henry Purcell, réinterprétée, "synthétisée" par Wendy Carlos. Un moment sacré.



    Technorati Profile

    Gisele Bündchen, au pied du mur

    Top model Gisele Bundchen, nude - La Star Gisele Bündchen, nue - Gisele Bundchen, erotic photo - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.com
    Gisele Bündchen, mannequin brésilienne,

    comme son nom ne l'indique pas.

    Ici, les codes coutumiers, sublimés du "model" sont cassés.
    Le corps voluptueux n'est pas magnifié, lissé.
    Il est humain, porteur de beauté, mais aussi de faillibilité.
    Confronté à la rugosité des briques,
    à cette atmosphère froide,
    il est non pas impérieux mais fragile.

    Il en émane une forte sensualité,
    bien plus que dans un univers coloré, saturé.

    Avec ses surfaces ombreuses, contrastées,
    ce pourrait être un cliché "pop" des années 70.
    Ce qu'il n'est pas.

    Je ne connais pas le nom du photographe.
    Dommage...

    16 mai 2007

    Rikki Kasso : trouble in mind

    Japonissime, l'art troublé de Rikki Kasso,
    photographe et dessinateur à Tokyo.


    D'un clic, Tokyo undressed,
    le blog photographique de Rikki Kasso

    (âmes pudiques s'abstenir).



    14 mai 2007

    Bill Clinton raconte Hillary

    La campagne pré-présidentiable d'Hillary Clinton repose en particulier sur des newsletters et vidéos diffusées sur le web. La dernière fait intervenir Bill Clinton. Sur un fond de musique romantique, l'ex-Président narre "toutes ces choses que vous pouvez encore ignorer sur Hillary". De ses études à sa campagne, en passant par la Maison-Blanche, il peint un portrait d'Hillary courageuse, toujours dévouée au financement et au bien-être des faibles, des malades, enfants adultes, vétérans. Sur Hillcast , un efficace enchaînement de séquences liées par un serein Bill Clinton. Avec, toujours, la lampe allumée, symbole d'intimité et de pérennité (cf."La lampe d'Hillary" ).




    PJ Harvey fait vibrer la scène





    Songwriter, compositeur, guitariste
    et femme de scène intense,
    PJ Harvey,
    bellement captée par Loïc Duquénois
    aux Eurockéennes, en 2004.

    Source : Photos and Gigs

    13 mai 2007

    Grey monday

    Noir et Blanc doux,mignon minois, normal,
    des vêtements de tous les jours,
    le monde autour brumeux, flouté,
    un univers simple et sobre,
    baigné de la mélancolie
    du Nord.


    12 mai 2007

    Melissa auf der Maur passe le mur du son

    Belle série de Loïc Duquénois sur Melissa auf der Maur,
    à Rock-en-Seine, en 2004.


    Visible sur l'excellent site Photos and Gigs,
    dédié à la photo de concert.

    Des centaines de groupes, des milliers de clichés live.