28 février 2008

Un Oscar pour une femme libre

La sympathique remise de l'Oscar à Marion Cotillard, symbole de la liberté acquise par la femme occidentale.

C'était sympa, la remise de l'Oscar à Marion Cotillard. Par son naturel, sa sincérité, sa simplicité. Une Star sans les artifices (ça lui viendra ou lui reviendra bien assez tôt). Je me suis, mais oui, senti fier de voir cette petite Française parvenir avec grâce au zénith du cinéma mondial.

En y réfléchissant, malgré ses multiples tares et défauts, elle n'est pas si mal, la civilisation qui permet de tels accomplissements féminins, aux Oscars ou dans la vie de tous les jours. Raison de plus pour être vigilants contre tous les communautarismes et retour de vagues religieux ou pseudo-religieux qui aimeraient renvoyer les femmes des décennies ou des siècles en arrière...

Et tout cela à partir d'une remise d'Oscar (sourire) !

16 février 2008

Code Pink : Faites l'humour, pas la guerre !


"Pas de paix, pas de câlins" (traduction expurgée). Cette proclamation était le cri de ralliement des femmes de Code Pink lors de la Marche pour la Paix, à Seattle, en octobre 2007.


Les Code Pink Ladies luttent depuis 2002 contre la poursuite de la guerre en Irak, pour une redistribution des budgets vers la santé, l'éducation et autres activités plus propices à la vie.

Cela dit, j'ai du mal à imaginer un mouvement de contestation français utilisant une accroche similaire à "No peace, no pussy". Il y a quelque chose de ludique dans le pragmatisme anglo saxon !..




10 février 2008

Humanité

Notre humanité révélée, au-delà des codes, des apparences. Liens souterrains, puissants, qui nous font naître au monde.


6 février 2008

Et Dieu créa la femme


Une icône française et mondiale comme Bardot est une création. D'une jeune femme, on crée un archétype, un modèle qui déferle dans l'imaginaire masculin, féminin, dans un flux sensuel, envieux, admiratif, désirant.

Ici, le corps parfait de BB semble naître du droit, du doigt divin du réalisateur, du directeur de la photo, de la maquilleuse en chef. Sous l'astre artificiel du projecteur, la star à la moue boudeuse est maquillée, parée, avant d'être immortalisée.

Avec Bardot, pourtant, on peut se demander si le créateur fait mieux qu'accompagner sa créature. Quand on la voit de film en film, dans ses interprétations minimalistes de chansons, elle promène la même sensualité indolente. Même si elle l'a renié au crépuscule de sa vie de star, c'est ce pouvoir sensuel et naturel qui a fait d'elle une icône , dont le nom, "Bardot" tout court, les "initiales BB" célébrées par un Gainsbourg pour un fois dominé, résonnent encore partout dans le monde.

D'où sa place particulière dans l'ordre désirant universel. Celui de la Française spontanée et sensuelle. Complémentaire de la sensualité froide et distante de Catherine Deneuve. Des icônes féminines représentatives d'un pays fantasmé, et non seulement d'elles-mêmes. Assez fascinant...

Thierry Follain



27 janvier 2008

L'homme descend-t-il du singe ?


L'orang-outang n'est pas censé représenter
la part masculine de l'humanité,
j'espère ?


19 janvier 2008

Heather Nova : "Sugar", bitter and sweet

"Sugar", d'Heather Nova, est une chanson en complet décalage avec l'évocation tendre et sirupeuse de son titre. Impressionniste, elle dépeint de manière prenante l'expérience amère d'une jeune femme.

Un grand talent d'écriture, de composition et d'interprétation.


On the Vermont Transit Bus,

I leaned my arm into a little chunk of sun, going somewhere

older than I was,
Strapped into something tight, keeping me small.
I dug into you like rock climbing;
Too scared of coming down,
Too scared of going up,
Too scared of rockface.
I should’ve split my sides or spilled my guts or hit you or something,
But I was good, and your father’s little pancakes
So round and perfect and me sitting up too straight,
Laughing in wrong places, kissing you,
Kissing up, kissing too soon.

When the cock crows
When the morning comes where will I go?
When the cock crows
When the love is gone where will I go?

And when you got me pregnant I stopped the party and
I stopped the typewriter and I stopped your dumb ball game in the red barn and I
Stopped your father and bled instead.
And I felt the lie - something sticky on the inside,
A bitter wind in my throat,
Stopping me wanting,
In my stomach, in my head and you said

Sugar sugar, you couldn’t come come
Sugar sugar, without your mother
Sugar sugar, you couldn’t taste it
Sugar sugar, in my throat.

When the cock crows
When the morning comes where will I go?
When the cock crows
When the love is gone where will I go?



15 janvier 2008

Lobster Bar : Les Parents

Les habitués du Lobster Bar vous font profiter, très irrégulièrement, de leur sagesse quelque peu embrumée.

Aujourd'hui : le jeune homme aux rouflaquettes et au blouson de motard.


"C'est pas parce qu'on a pas choisi nos parents à la naissance qu'on leur doit amour et respect jusqu'à la fin de leurs jours..."

A méditer également :

Lobster Bar : Les Oiseaux


13 janvier 2008

Welcome to "World with a view"

Pop, New Wave, Cold Wave, Ska,
chanteuses anglo-saxonnes,
incursions dans les années 60, 70, 80,


mes "chaînes" YouTube World with a View,
puis World with a View 2
ont trouvé le succès auprès de 250 abonnés.


WWAV 2 fut éradicée par YouTube pour une contestation sur les droits d'auteurs d'un "clip" de Bardot : La Madrague. 1963 ! C'était drôle, mais cela ne m'a pas fait rire.

Aujourd'hui se diffuse jour après jour "Down by the water", chaîne aux ambitions de programmation plus resserrées. Montages personnels inclus.

Les chiffres d'audience montent.
Mauvais signe pour sa survie !


Photo Debbie Harry : Philippe Carly

31 décembre 2007

Bonne et intense Année !


J'ai hésité entre les biches dans la neige,
les Champs-Elysées illuminés,
l'atoll aux eaux luminescentes...

mais, au fond,
une année nouvelle ne présente d'intérêt
qu'intense.

Or donc,

que votre chemin soit droit ou sinueux,
vos perspectives claires ou brumeuses,
vos amours florissants ou déclinants,

je vous souhaite

une Bonne
et intense
Année.



Thierry Follain


29 décembre 2007

Ca va, ça vient


Dans le parc désert,
tu marchais sous le soleil
pâle
de mai,

tu récitais ton mantra
favori,
ton refuge quand la vie se couvrait,

tu te répétais

"Ca va.
Ca va.
Ca va.

Ca va, ça vient".

Ca va, ça vient,
ces images dans ma mémoire
soumise aux diktats
des regrets
à la morsure des remords.


Ca va,
ça vient
à tout vat,
ces images, ces sensations-
là.

T'étais une fille super,
tu marchais,
tu pensais à une journée
où on riait,
où on dansait
en avançant
sous un soleil qui semblait neuf,

nous ne serions jamais vieux.

Mais le temps et la joie,
c'est fragile,

ça va,
ça va,
puis
ça s'en va

Ca va, ça vient,
mais ça n'avance à rien,

on n'en garde rien
que ces traces,
ces regrets, ces remords
qui griffent au détour
d'un souvenir
et d'un rire
depuis longtemps
effacés, du passé
décomposé.


T'étais une fille super,
dans le parc désert,
tu marchais au soleil,
tu avais cru trouver
où ça allait
tout ça,
quand on s'est rencontrés,
quand on s'est serrés,
reconnus,
inconnus jusqu'alors.

Tu marchais sur cette allée,
aujourd'hui,
je t'ai croisée
sans rien dire,
tu parlais, tu encourageais
une fillette
tout près de toi,

elle sautait à la corde
sur le sable compacté comme le temps qui s'était
écoulé,

elle vibrait au rythme de la corde qu'on distinguait
à peine,
virant, virevoltant
autour d'elle,
tel le temps passé.

Le temps,
l'amour,
ça va,
ça va, ça vient.

T'étais une fille super,
et ta fille te ressemble,

ardente,
souriante,
intouchable et touchante.

La vie et la beauté,
c'est comme les souvenirs,

d'un jour à l'autre,
d'un être à l'autre,

ça va,
ça vient.



25 décembre 2007

Alice Wells, la force fragile

La jeune photographe Alice Wells crée un univers 100% féminin, mettant en scène le mélange subtil d'impudence et de fragilité qui caractérise souvent les jeunes femmes.

Cette dualité lumineuse, épurée, caractérise le "Thesis Show" qu'elle a publié sur le web, à l'issue de ses études à la School of the Arts Institute of Chicago.

Elle poursuit sur son site, Alicewells.com, l'exploration d'une sensualité de plus en plus contrastée, ambigüe.

A travers une pureté apparente, l'oeuvre d'Alice Wells évoque le trouble profond, caché, qui vit en l'être, masculin ou féminin. Le trouble tendant à prendre le dessus.

A suivre...



21 décembre 2007

Histoire d'Eau


Elle est jeune, elle se donne avec plaisir au photographe, vraisemblablement son compagnon.

Idée : elle en train de se laver les dents, "surprise" dans sa fraîche nudité.

La brosse est portée à la bouche. L'eau coule dans le lavabo. Le décor est brut de décoffrage.

La jolie demoiselle, cependant, s'est préparée. Elle s'est maquillée, ses cheveux sont sagement peignés (ils évoquent une enfant au coucher), elle porte boucles d'oreille et collier.

Elle révèle son corps désirable mais protège sa plus intime intimité par une serviette stratégiquement placée.

C'est une idée d'un soir sans doute, spontanée, avec un brin de préparation.

Ce qui donne sa valeur à la photo, c'est le regard, le sourire du modèle. Chaleureux, mutins, complices.

Confiante. C'est la confiance, l'ouverture à l'autre qui a créé cette scène. Cette sage audace, dont la sagesse est un atout érotique inconscient.

C'est un écho touchant de la jeunesse, dans sa spontanéité, son impudence légère, sa vérité. Un moment du vrai temps qui passe, loin des plateaux et des studios.

Y-a-t-il eu accord pour que le cliché circule sur le web ? Pas certain, mais très possible.

Comme un frisson virtuel de s'exposer à des dizaines de milliers de regards inconnus.

Si tel était l'objectif (double sens, cela va de soi),

c'est réussi :-)




7 décembre 2007

Pure Manga

Dépouillement du décor, du cadre,
simplicité de la situation,
pureté, verticalité
des idéogrammes,

subtilité du jeu entre ombre et
lumière.


L'émotion dans la pure tradition japonaise.



30 novembre 2007

Fred Chichin dit Adieu à Rita Mitsouko : C'est comme ça...

Les Rita Mitsouko, Fred Chichin, Catherine Ringer - Rita Mitsouko, Andy - Rita Mitsouko, C'est comme ça - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.comUn soir des années 90, 150 personnes se trémoussent dans l'ex-salle de garde de l'Hôpital Saint-Antoine, en chantant, en hurlant : "C'est comme ça ! C'est comme ça, la la la la la !". Née en 1979, la vague Rita Mitsouko balaie tout sur son passage, une fois de plus.

Les Rita Mitsouko, Fred Chichin, Catherine Ringer - Rita Mitsouko, Andy - Rita Mitsouko, C'est comme ça - Mitsouko, Un p'tit train - Mitsouko, Marcia Baïla - Mitsouko, Les Histoires d'A. - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.comEn 1984, la bombe "Rita Mitsouko" éclate avec l'album éponyme, porteur de l'intense "Marcia Baïla", dédié à la danseuse argentine Marcia Moretto, décédée d'un cancer.

Les Rita Mitsouko, Fred Chichin, Catherine Ringer - Rita Mitsouko, Andy - Rita Mitsouko, C'est comme ça - Rita Mitsouko, Marcia Baila - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.com"C'est comme ça" figure sur "The No Comprendo" second album, apogée de l'art du duo, qui inclut aussi "Les histoires d'A.", histoires d'amour qui "finissent mal en général". Il est rare qu'une création 100% ravageuse, originale, émerge de l'univers tiède de la pop-rock française. C'était le cas des Rita Mitsouko, qui débarquaient dans ce monde enfin en éveil, après des vies "alternatives" mouvementées.

Les Rita Mitsouko, Fred Chichin, Catherine Ringer - Rita Mitsouko, Andy - Rita Mitsouko, C'est comme ça - Rita Mitsouko, Le p'tit train - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.comUn couple unique réunissant Catherine Ringer, chanteuse à voix canon, masquant sa beauté native sous maquillage et vêture kitsch et Fred Chichin, guitariste saccadé, à l'allure mélancolique et décalée. Plus à l'aise dans l'interprétation de sa musique que devant le micro d'un interviewer.

Les Rita Mitsouko, Fred Chichin, Catherine Ringer - Rita Mitsouko, Andy - Rita Mitsouko, C'est comme ça - Rita Mitsouko, Les histoires d'A - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.comFred Chichin est mort le 28 novembre, emporté à son tour par un cancer foudroyant, à 53 ans.

Il est mort, mais il a vécu.


C'est comme ça.


27 novembre 2007

morgen - 2 - Flow my tears - extrait

Jeune Allemande de très bonne famille, Else voit sa vie brillante, aisée, brisée à 26 ans. Enlevée pour des motifs politiques, elle subit quatre mois de réclusion humiliante, avilissante. Libérée contre rançon, la jeune femme fait la rencontre improbable d'un homme plus âgé, qui lui redonne vie par sa tendresse, sa considération. Confrontée à nouveau à une mort sanglante, Else reconstruit sa vie en une contrée lointaine, forte d'elle-même, de son fils, de l'amour, de toutes les formes d'amour qu'elle porte en elle et suscite. Par touches impressionnistes, "morgen" narre son histoire.


Chapitre 6 - Nocturne (extrait)

Ils avaient amerri dans une chambre à deux lits, nichée dans le dernier carré d’un centre-ville historique, miraculeusement épargné.
Maintenant calme, paisible. Figé. Disneysé.

Tinderbelt rentra dans la chambre, accompagné d’Alberich, qu’il était allé promener. Il jeta un coup d’œil par la fenêtre qui donnait sur une cour silencieuse, avec quelques arbres en pot, des tables, des chaises abritées sous une bâche transparente.

Lorsqu’il se retourna, Else sortait de la salle de bains, de la douche où elle avait passé un sacré bout de temps, lui semblait-il. Elle avança, rêveuse, ses cheveux noirs humides, drapée d’un peignoir blanc. Vint près de lui.
-Tu as vu ? Ca doit être sympa, le petit-déjeuner, en été.
Il approuva.
Mais ce n’était pas l’été, à peine le printemps.

Frémissant, il la regarda droit dans les yeux. C’était ahurissant, l’effet que cette femme lui faisait, l’irrésistible emprise qu’elle exerçait sur lui. Sans dire un mot. Sans faire un geste.

Elle lut tout cela dans son regard.
Désolée de ne pouvoir donner, juste recevoir, elle eut honte, et celle-ci se mêla à toutes les hontes nées de ces jours forcés. Un moment, elle se sentit vide, désemparée, puis il la prit dans ses bras, et elle se laissa aller.
Elle murmura " Pardon ". Peut-être ne comprit-il pas. En tout cas, il ne quémanda aucune explication. Les interrogatoires, les " pourquoi ? ", " quand ? ", " comment ? " appartenaient au passé.

(...)

Thierry Follain

lire la suite, en pdf ...

extrait 1 : "Les paupières à vif"


22 novembre 2007

Boucing ball


Métro parisien, Ligne 1. Un jour de pas grève. Vers 19 h 00. Retour vers l'Est des travailleurs du Tertiaire, dont ceux de La Défense. Faces grises, vêtures sombres, toujours plus sombres de Parisiennes et Parisiens, des habitants de la Ville Lumière et de des périphéries. Mais je m'égare...

Brisant la grisaille, entrent une mère et sa fille dans les douze-treize ans. Pantalon, pull léger et blouson, cascadantes boucles brunes, la gamine porte une grosse boucing-ball rouge vif, qui, avec ses poignées en forme de pis, évoque une Holstein coachée par un soigneur du Tour de France.

La jeune fille passe rapidement la balle à sa mère, fonce sur la place libre en face de moi, s'asseoit, et, sérieuse, pensive, part dans son monde personnel. De temps à autre, elle jette un regard à sa maman, restée debout, la grosse balle rouge dans les mains. Passe entre elle une entente, une complicité qui fait plaisir à voir.

La maman est jeune, dans la mid-trentaine, grande, mince, séduisante en toute simplicité. Vêtue de noir, elle aussi, mais sur elle, ça passe.

Il me plaît bien, ce couple mère-fille. Il me fait du bien, dans l'ambiance tristounette du métro aux Blêmes. La mère est vaguement gênée par sa position décalée, brune adulte porteuse d'une boucing ball écarlate. Quand sa fille tourne la tête vers elle, elle lui lance une gentille mimique du genre "Tu exagères". Sans conviction. Et la gamine sourit.

Cette scène déclenche un fou-rire en moi, et je ne fais rien pour le maîtriser ou le dissimuler. La mère s'en aperçoit, et s'initie un échange sans regards généré par le côté comique, parce que vivant, de sa situation.

Un échange de regards se produit lorsqu'elles quittent la rame, lorsque la mère se libère de la balle dans les bras de sa fille, ou plutôt dans ses mains, puisqu'elle la tient par ses pis de Holstein de compétition.

La porte se referme. Mon trajet se termine harmonieusement, un peu de lumière humaine étant entrée dans cette rame de la Ligne 1 aux revêtements évoquant harmonieusement pierres tombales noires et grises.

Dieu, Hasard ou Nécessité merci, nous recevons plein de petits éclats lumineux de ce genre dans la ville et dans la vie.

Pour cela, il faut regarder.

Evidemment.




20 novembre 2007

Acting like a man ?

En tant que représentant du genre masculin, je me dois d'émettre une vive protestation quant à l'affirmation, ou plutôt la justification exposée ci-dessus. Elle m'apparaît en effet extrêmement exagérée.

Pour nos amis anglophobes : la Dame dit à l'autre Dame : "Avant, je pensais que je me conduisais comme une garce, mais après, j'ai réalisé que je me conduisais comme un homme."


11 novembre 2007

Lobster Bar : Les Oiseaux

Les habitués du Lobster Bar vous font profiter, très irrégulièrement, de leur sagesse quelque peu embrumée. Aujourd'hui : l'homme à la casquette écossaise.

"Avant, à la fin des marchés parisiens, quand les gars, ils remballent leurs marchandises, quand les fauchés cherchent les légumes et les fruits encore possibles, quand les balaises replient les toiles au-dessus des stands comme autant de mikados,
avant, y avait des tas de moineaux et de pigeons qui cherchaient partout à becqueter"


"Maintenant, y'a des mouettes. Oui, des mouettes, en masse, comme si elles étaient au bord de la mer, en nuages qui bougent, qui tournoient, qui volent sans cesse puis s'abattent sur leur proie. Comme si elles chopaient un crétin de poisson qui se croit planqué sous l'eau. Et ça crie, ça grince, ça te déchire les oneilles. On se croirait chez Hitchecoque. "

"Les pigeons qui se dandinent comme des poules, les moineaux qui sautillent , très cool, c'est sympa, reposant. C'est Paris."

"Mais les mouettes qui déboulent en masse sans cesser de s'agiter et de crier, elles te fatiguent vite fait, on dirait Sarkozy ".

"Vraiment, vraiment, on sait plus comment qu'on vit."





5 novembre 2007

Cro-mignonne


Pourquoi la femme préhistorique
est-elle si mignonne à l'écran ?

J'ai revu "La guerre du feu" de Jean-Jacques Annaud hier soir. Et admiré le jeu des acteurs, amenés à exprimer l'humanité à travers une gestuelle néo-simiesque, un langage inarticulé et le regard.

Alors que les hommes étaient représentés comme purs Néanderthaliens au front et à la mâchoire saillants, la femme bénéficiait d'une silhouette qu'auraient pu lui envier bien des lectrices des magazines féminins.

Cela m'a rappelé une grande docu-fiction télévisuelle, sous le patronage d'Yves Coppens, il me semble. A la fin, nos ancêtres primitifs, en voie d'extinction, étaient soudainement confrontés à trois femmes homo sapiens aux corps également peints et dénudés, qui n'auraient pas déparé sur un podium de défilé de mode.

Cette différenciation esthétique est sans doute motivée par de pures raisons historiques et préhistoriques. Souriez...

27 octobre 2007

16 Horsepower : parcourez la Cinder Alley


J'ai fait connaissance avec 16 Horsepower au coeur d'une Fnac, pas la plus "musicale", celle de La Défense. Casque sur les oreilles j'ai été impressionné par la musique sombre, fiévreuse de l'album "Sackcloth'n' Ashes", cette voix torturée, cet art instrumental raffiné.


Depuis, je les ai vus deux fois en concert, menés par David Eugene Edwards. Ce chanteur, auteur-compositeur, guitariste, banjoiste, etc, passionné de folk-music américaine (au sens noble), est le petit-fils d'un pasteur-prédicateur nazaréen qui l'a profondément marqué, comme en témoignent ses textes.

Etre au premier rang était avec lui, avec eux, une expérience inoubliable, car cet homme est littéralement "possédé" par la musique. Bellement accompagné par Pascal Humbert (bassiste, co-fondateur) et Jean-Yves Tola (batterie), ex-membres de "Passion Fodder", groupe rock français.

16 Horsepower, ce fut une intense rencontre franco-américaine, dans le cadre du "Denver sound". Et aussi, à mon avis, un acte artistique dont l'intensité et la profondeur planaient bien au-dessus de son jeune public.


David Eugene poursuit sa route musicale avec son projet solo Woven Hand.

Pascal Humbert et Jean-Yves Tola ont, quant à eux, créé le duo Lilium, riche de 2 albums, à ce jour.



Cinder Alley est une des chansons les plus prenantes de 16 Horsepower.

La voici en "live", contexte idéal pour s'imprégner de l'art tourmenté de David Eugene...

25 octobre 2007

Burning brave

L'un des traits les plus dignes de l'être humain, c'est sa capacité à lutter dans les conditions les plus désespérées. Voilà ce qui me frappe dans cette photo d'Amy Berling, Californienne luttant avec un tuyau d'arrosage contre les flammes qui approchent sa maison, à South Escondito. La chaleur écrasante, la fumée, la suffocation ne l'empêchent pas de se battre. Poing crispé, elle est impuissante, épuisée, mais résolue.

C'est un drame, un vrai, à l'occidentale. Sans cris, sans gémissements, sans gesticulation. Juste le besoin de lutter jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Que toute résistance soit vaine. Soit vanité.

Au loin, l'hélicoptère largue une charge d'eau avec retardateur de flammes. Une tout autre puissance. Mais si lointaine.

Ici subsistent la solitude, la volonté. Jusqu'à ce qu'il faille se retirer. En sachant, qu'au moins, elle aura tout essayé.


Photo : Brian Vander Brug - L.A Times

19 octobre 2007

Gorecki : Lamb tisse sa toile vibrante

Avec "Gorecki", le duo "Trip Hop" Lamb signe une oeuvre envoûtante, construite sur une montée en intensité élégamment et sobrement orchestrée, portée par la voix prenante de Louise Rhodes. C'est également une chanson sur l'amour absolu, ce qui fait du bien de temps en temps. Tout comme la beauté qui fait sens.

L'histoire pourrait s'arrêter là, si "Gorecki" n'avait également donné naissance à un clip bravant l'air du temps. En noir et blanc, inspiré tout à la fois de l'esthétique impressionniste et de celle du cinéma des années 30 à son sommet, avec ses correspondances géométriques, ses ombres et lumières, ce film prend sens par le thème du tissage, de l'attente, de l'errance.

Louise Rhodes et Andy Barlow ont ainsi produit une de ces rares oeuvres dont on sent qu'elles résisteront aux tendances, au temps et à la jouissance rapidement consommés.

Just enjoy.

Le Trip Hop (Wikipedia)


Mon Ange garde rien


Mon Ange déconne

mon Ange gardien
exagère

Elle se sauve le soir
pour secourir ceux qui rament
dans les profondeurs
du métro, du RER

Mon Ange déconne

mon Ange garde rien.



Dita Pepe, voleuse d'hommes ?..

Dans sa longue série d'autoportraits, la photographe tchèque Dita Pepe associe avec brio perception de soi, mimétisme avec une milieu familial, culturel, social et témoignage sur les styles de vie. Un projet dont peut déranger l'extrême imbrication de l'artiste dans l'univers intime de ses modèles-partenaires...

A travers une démarche troublante, Dita s'est projetée, on pourrait dire incrustée, dans l'univers de femmes diverses et variées, y jouant avec un talent confondant le rôle d'une proche, mère, soeur, etc... Elle adopte non seulement le style mais la posture, l'expression de ses "modèles", des vrais gens qu'elle accompagne un instant.

Dita a franchi une nouvelle frontière en s'affichant compagne d'hommes inconnus, sur le même principe de mimétisme total. Le parti-pris esthétique, celui de photos aux contrastes durs, fortement soulignés par les flash introduit une notion d'artifice, de décalage dans sa démarche.

Son oeuvre est cependant porteuse d'un léger malaise, lorsque l'artiste semble prendre la place d'une femme auprès de son mari, de ses enfants, dans une photo de mariage ou de famille...

Dita Pepe, voleuse d'hommes ?..




15 octobre 2007

Le grand voile bat comme une aile

Au corps réel, surchargé d'étoffes et de bijoux, de la femme berbère ou kabyle traditionnelle, le regard occidental substitua le fantasme d'un corps odorant et barbare dénudé, paré d'argent, d'or et de pierreries. Voyageurs et artistes se trouvèrent pris dans l'inextricable contradiction entre un ordre ancien qui dissimulait le corps, mais affichait de multiples codes, et leur propre désir, en quête d'immédiate accessibilité.

Dans Les Coquelicots, Léon Comerre met en scène une jeune danseuse au corps ferme et voluptueux, vêtue d'un haut doré que ne renierait pas une adolescente contemporaine, et d’une jupe, ou plutôt d’une étoffe lamée, chamarrée, savamment drapée sur ses hanches généreuse, le triangle des hanches et du pubis étant marqué par le croisement de bandes de tissus. La bijouterie berbère intervient par touches sur ce corps luxurieux : bracelet cylindrique argenté au bras droit, bracelets dorés niellés au bras et au poignet gauches. Jumelles des seins pressés par l'étoffe, des fibules rondes ferment la croisée de la jupe. Conséquents, les fameux coquelicots, également au nombre de deux, ornent l'épaisse chevelure de jais, en harmonie avec la bouche petite, écarlate et pleine. La jeune femme tient un tambourin à la main droite. La musique et la danse – vraisemblablement du ventre – ne vont pas tarder à se déchaîner…


Comme l’illustre cette toile, les peintres orientalistes furent séduits par la "barbare" joaillerie berbère. Ils y lurent une "invitation au voyage" loin des femmes occidentales corsetées vêtues de pauvres couleurs, ils y virent des parures destiné à un corps libéré, dénudé, ou pour le moins révélé.

De nos jours, encore, la massive beauté de la bijouterie berbère attire et fascine par son exotisme, sa pesanteur, son évocation fantasmée d'un monde voluptueux, barbare, pris dans un jeu ambigu de contrainte, de liberté, de sensualité et de soumission. (...)

14 octobre 2007

Aux Elfes


Fragment des années tourbillonnantes

Elles sont nombreuses,
elles sont légendes,
les danseuses de la nuit

Heures d'oubli programmées,
heurts adoucis, esquivés, esquissés,
portés par les musiques
rythmiques
arythmiques,
faites et fêtes
du corps et de l'esprit

Les scintillements nocturnes allument
de profonds incendies

Sous les lumières glauques,
les lumières vivent

Chacun, chacune trace son parcours
à la poursuite des astres musicaux.
Ces vibrants univers,
comètes de sens et de désir, cohabitent, persistent,
hésitent

La musique répétitive,
musique cyclique
brise les conventions et les acquis

Chacun trace sa sphère
et crée sa vie amie
dans cet espace d'ombre et de lumière,
cette vie intense,
artificielle

Chacun, chacune poursuit son ombre
dansante,
sourit, bondit,
avant d'être rendu à la lumière frissonnante
du matin.


Télécharger "Aux Elfes"…


12 octobre 2007

Complètement Flickés !

Faire une recherche d'images via Yahoogle devient un véritable parcours du combattant. Peu de chances, désormais, de tomber sur une révélation, un artiste, une vision qui séduit ou qui dérange, l'élan créatif, l'oeuvre construite des années durant.

Les photos déversées sur flickr.com par les internautes du monde entier règnent en maîtresse sur des pages et des pages de résultats de recherche. Le grand web-bazar a absorbé la photo. Bien sûr, on trouve par-ci par-là un cliché intéressant (comme celui de "Firefleaz", ci-dessus), mais nous en payons l'accès par d'innombrables images non sélectionnées.

Dans la foulée de la télé-réalité, la grande famille planétaire nous submergerait-elle de sa gratuité, de sa banalité?


11 octobre 2007

Philippe Pascal : Divin Marquis

"Nouveau et intéressant : le chanteur fascine la salle avec ses mains"

C'est ce qu'écrivait un journaliste d'"Actuel" dans les Années 80. Le chanteur, c'était Philippe Pascal, le groupe "Marquis de Sade". OVNI improbable de la trépidante scène rennaise (Daho, Niagara), puis française, il produisit deux albums : "Dantzig Twist" et "Rue de Siam".

MdS : "Back to cruelty"
montage personnel
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Projet du second album : créer un "funk blanc". Non partagé par le chanteur Philippe Pascal. Et pourtant... "Rue de Siam" reste une des oeuvres marquantes de la pop rock- new wave française, avec l'apport de Steve Nye, également producteur pour "Japan", le groupe de David Sylvian.


Marquis de Sade ? Deux petits tours divins, et puis s'en vont...

8 octobre 2007

Femmes célibataires anxieuses : l'espoir d'Hillary

Elles ont moins de 45 ans, elles s'inquiètent pour la guerre en Irak, l'égalité des salaires, la sécu, l'éducation. Elles représentent 25% du corps électoral américain. Ce sont les "femmes célibataires anxieuses", électorat potentiel pour le futur candidat démocrate. Qui sera peut-être Hillary Clinton.

D'après un sondage de l'ONG "Women's Voices : Women vote", les femmes célibataires américaines de moins de 45 ans constituent un réservoir de voix démocrates pour les Présidentielles de 2008. Majoritairement blanches (64%), mobiles, peu diplômées (14%), elles attendent du nouveau Congrès et du futur Président l'écoute et le changement.

Baptisées "Single anxious females" par Ann Lewis, conseillère d'Hillary Clinton, elles ont quatre préoccupations majeures : la guerre d'Iraq, les prestations sociales (prénatales, en particulier), l'égalité des salaires hommes-femmes et l'éducation (le coût élevé des études universitaires).

Si la "soccer mom", mère de famille fan de football américain (et de son fils footballeur), caractérisait l'électorat des années Clinton, le "Nascar dad", amateur de courses de stock-cars, les années Bush, les "femmes célibataires anxieuses" pourraient bien constituer un enjeu capital pour la prochaine présidentielle.

Hillary l'a bien compris : elle a déjà donné des conférences de presse sur les "Women on their own" dans plusieurs états.


D'un clic, le site de Women's Voices, Women's Vote


photo : Michael Maloney

28 septembre 2007

PJ Harvey , soldier's wife

Kurt Weill, Bertolt Brecht, PJ Harvey : un plan-séquence, trois bonheurs en un.

Polly Jean vient de sortir l'album "White chalk", composé de balades stratosphériques, bien éloignées de son univers rock déchiré coutumier.


Sur "Femmes avec vue" : PJ Harvey on fire