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14 mai 2011

La Pieta des années 30, par Dorotea Lange


 
Cette photo de Dorotea Lange symbolise dans le monde entier la Grande Dépression américaine. Elle tire sa force de sa rigoureuse composition, qui en fait une oeuvre classique, le point focal étant le visage de la mère en détresse, aux traits creusés, qui occupe un quart de l'espace. Ses trois enfants sont répartis de manière équilibrée, le bébé étant décentré pour laisser la place au bras levé, qui souligne soucis, méditation et désespoir. La timidité ou la honte apparente des deux plus grands amplifie la force du tableau, et concentre notre attention sur le regard de la mère dirigé hors champ, vers un avenir au mieux indiscernable. Elle compose avec le bébé une véritable Pieta, exprimant non pas le deuil de celui qu'elle porte mais de toute espérance qu'elle pourrait avoir pour lui. Révélée par le tirage contrasté, la consistance grossière ou usée des étoffes accentue la misère qui baigne la scène. Le champ de vision des enfants est limité à une toile, une bâche, qui constitue leur abri, peut-être. Tout concourt a dénoncer l'impasse dans laquelle sont cette femme et ses enfants, ainsi que tous ceux qui ont fui le dust bowl ou la fermeture de leur usine ou bureau pour un illusoire eldorado californien.Par sa profondeur, cette photo suscite l'attention, la réflexion et l'imprégnation. C'est une indignation construite et non projetée vers le spectateur telle une décharge électrique...
 
Migrant mother, Nipomo, California - Dorotea Lange (1936)


15 mars 2011

L'amour peut être sainement, passionnément cliché, avec Françoise Dorléac


Parcourant ses affaires quelques mois après sa mort inattendue sur la route, j’ai trouvé ce texte de Steff accompagnant la photo créée par lui qui m’a toujours tant apaisé, attiré. Sylvie, sa compagne, a découvert ces lignes tout comme moi, tout à la fois avec tristesse, jalousie et nostalgie. Elle m’a suggéré de t’envoyer tout cela, pour le porter à ta connaissance. Ce que je fais.

En cet après-midi clément de mai, tu souriais, doucement, discrètement mutine, maintenant d'un geste familier tes cheveux relevés. Tes yeux, tes lèvres, précieux, tentateurs. Vêtue d'une robe géométrique, révélatrice de tes bras musclés évocateurs d'étreintes. Modestement riche des mes 14 ans, j'étais fier de pouvoir te prendre en photo, en ce moment où tu t'ennuyais un peu dans ce vénérable jardin. Tu es morte un mois plus tard, arrachée par cet accident à mes pensées affectueuses, désirantes, adolescentes.

 Françoise Dorléac, french actress - Francoise Dorleac, Catherine Deneuve's sister - Fraoçoise Dorléac, texte de Thierry Follain - Dorleac, La peau douce, Cul de sac - Dorleac, Deneuve, Les Demoiselles de Rochefort, Les parapluies de Cherbourg, Jacques Demy, Peau d'Ane, La Baie des Anges, Lola - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.com - Thierry Follain, chroniquer, auteur, concepteur-rédacteur - Thierry Follain inspiré par Françoise Dorléac

Deux ans plus tard,
par une nuit tout à la fois paisible et fébrile, j'ai de multiples fois tiré cette photo,
dans la maison assoupie,
dans la pièce allongée, vide, silencieuse, baignant dans les parfums enivrants, acides, des produits
et ceux de lavande, cyprès, jasmin et sauge perçant le voile noir tendu devant la fenêtre ouverte.



Jusqu'à ce que, les oiseaux bruissant, s'éveillant, j'ai sorti du bac de rinçage ce tirage me semblant parfait, révélant la perfection de ta chair, l'intensité de ton regard.

Regard fixé sur ce spectacle touchant, dont s'égouttait lentement l'eau purificatrice, j'ai alors pleuré, lentement, irrésistiblement.

Je t'aimais, tu sais...


Thierry Follain


10 février 2009

La fille au lavabo


Pour créer une photo glamour, il faut une grande fille. On peut alors faire usage de sa plastique, de son corps, graphiquement, occuper le cadre... Une longue fille, et la moitié du boulot est déjà faite.

Ici, détournement d'une image enfantine, fillette faisant sa toilette dans un évier, un tub ou je ne sais quoi...

Le reflet dans la glace nous amène à une tout autre lecture. Cette jeune, longue et pulpeuse créature se trouve en effet dans des toilettes pour hommes.

Symbole d'une époque qui répudie ou détourne l'innocence ? Goût du contraste, de la provocation facile, surannée ? Reflet allégé d'une tendance glamour/trash ? Qui sait...
L'innocence est en tout cas présente dans le regard.

Une grande fille, et le spectateur est pris entre désir et attendrissement.


27 décembre 2008

Anger


Belle énergie.


17 mai 2008

Madonna's pussy - Le minou de Madonna


Madonna with a cat,

Madonna as a cat.

A seen by Martin H. Schreiber,
in 1979, when she was still
Madonna Louise Ciccone.



25 décembre 2007

Alice Wells, la force fragile

La jeune photographe Alice Wells crée un univers 100% féminin, mettant en scène le mélange subtil d'impudence et de fragilité qui caractérise souvent les jeunes femmes.

Cette dualité lumineuse, épurée, caractérise le "Thesis Show" qu'elle a publié sur le web, à l'issue de ses études à la School of the Arts Institute of Chicago.

Elle poursuit sur son site, Alicewells.com, l'exploration d'une sensualité de plus en plus contrastée, ambigüe.

A travers une pureté apparente, l'oeuvre d'Alice Wells évoque le trouble profond, caché, qui vit en l'être, masculin ou féminin. Le trouble tendant à prendre le dessus.

A suivre...



12 octobre 2007

Complètement Flickés !

Faire une recherche d'images via Yahoogle devient un véritable parcours du combattant. Peu de chances, désormais, de tomber sur une révélation, un artiste, une vision qui séduit ou qui dérange, l'élan créatif, l'oeuvre construite des années durant.

Les photos déversées sur flickr.com par les internautes du monde entier règnent en maîtresse sur des pages et des pages de résultats de recherche. Le grand web-bazar a absorbé la photo. Bien sûr, on trouve par-ci par-là un cliché intéressant (comme celui de "Firefleaz", ci-dessus), mais nous en payons l'accès par d'innombrables images non sélectionnées.

Dans la foulée de la télé-réalité, la grande famille planétaire nous submergerait-elle de sa gratuité, de sa banalité?


20 août 2007

Arthur Grace : la chair est-elle faible ?

Les lieux où les femmes se révèlent sont souvent hantés par les photographes (rien de mal à cela). Mais, avec Arthur Grace, les plaisirs de la chair prennent l'allure d'improbables promesses plus que d'irrésistibles attraits.

Un concours de beauté pour Miss Varsovie...

des stripteaseuses en attente de show à Ténériffe...

ou des danseuses à un mariage chic...

prennent une signification quelque peu tristounette, décalée, qui s'éloigne des conventions de la fête, de l'appel du corps et de son apparence.


Un regard plus tourné vers les coulisses que vers la scène...


Le site d'Arthur…


14 mars 2007

Déchirure


Un instant de grâce intense ,
où se suspend la domination,
laissant place
à la rêverie tendre
émergée des mondes de l'enfance,
de l'adolescence,
à l'autre comme être
et non sujet de désir,
de possession.