Affichage des articles dont le libellé est récit Thierry Follain. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est récit Thierry Follain. Afficher tous les articles

29 avril 2011

Thierry Follain, Balade sans fin


Il y a bien longtemps, je marchais avec l'amie d'un ami de la Fac de Rouen vers la Forêt verte. Sachant, bien sûr, que cette fac n'est absolument pas dans la ville, mais loin d'elle, dans une autre, sur les hauteurs, avec vue sur la vallée de la Seine.


Nous marchions paisiblement, dans une campagne peu habitée, des bois, cette belle blonde amoureuse de l'Italie, à la voix grave et taquine, au rire chaleureux, avec ses deux chiens taille basse, et moi, vers cette grande forêt. Aujourd'hui, et depuis un bon bout de temps, ce parcours harmonieux de la fac à la forêt serait impossible, avec la masse de maisons, supermarchés, une 4 voies transversale, et ainsi de suite.

En ce jour maintenant lointain, je marchais, tranquille, auprès d'elle, parlant, plaisantant ou me taisant, goûtant la promenade ensemble, tout simplement. Me revient juste la pensée de cette balade, ballade tranquille, harmonieuse, de deux êtres jeunes, faits d'avenir. Comme si cette marche ne comportait ni début, ni fin, et se poursuivait pour toujours. Cette promenade avec Anne en une époque lointaine, révolue.

Nous marcherons ainsi jusqu'à la fin des temps, jeunes, remplis d'espoir et de promesses, sans exigences l'un vers l'autre. Tout naturellement, tout simplement.

Thierry Follain


15 mars 2011

L'amour peut être sainement, passionnément cliché, avec Françoise Dorléac


Parcourant ses affaires quelques mois après sa mort inattendue sur la route, j’ai trouvé ce texte de Steff accompagnant la photo créée par lui qui m’a toujours tant apaisé, attiré. Sylvie, sa compagne, a découvert ces lignes tout comme moi, tout à la fois avec tristesse, jalousie et nostalgie. Elle m’a suggéré de t’envoyer tout cela, pour le porter à ta connaissance. Ce que je fais.

En cet après-midi clément de mai, tu souriais, doucement, discrètement mutine, maintenant d'un geste familier tes cheveux relevés. Tes yeux, tes lèvres, précieux, tentateurs. Vêtue d'une robe géométrique, révélatrice de tes bras musclés évocateurs d'étreintes. Modestement riche des mes 14 ans, j'étais fier de pouvoir te prendre en photo, en ce moment où tu t'ennuyais un peu dans ce vénérable jardin. Tu es morte un mois plus tard, arrachée par cet accident à mes pensées affectueuses, désirantes, adolescentes.

 Françoise Dorléac, french actress - Francoise Dorleac, Catherine Deneuve's sister - Fraoçoise Dorléac, texte de Thierry Follain - Dorleac, La peau douce, Cul de sac - Dorleac, Deneuve, Les Demoiselles de Rochefort, Les parapluies de Cherbourg, Jacques Demy, Peau d'Ane, La Baie des Anges, Lola - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.com - Thierry Follain, chroniquer, auteur, concepteur-rédacteur - Thierry Follain inspiré par Françoise Dorléac

Deux ans plus tard,
par une nuit tout à la fois paisible et fébrile, j'ai de multiples fois tiré cette photo,
dans la maison assoupie,
dans la pièce allongée, vide, silencieuse, baignant dans les parfums enivrants, acides, des produits
et ceux de lavande, cyprès, jasmin et sauge perçant le voile noir tendu devant la fenêtre ouverte.



Jusqu'à ce que, les oiseaux bruissant, s'éveillant, j'ai sorti du bac de rinçage ce tirage me semblant parfait, révélant la perfection de ta chair, l'intensité de ton regard.

Regard fixé sur ce spectacle touchant, dont s'égouttait lentement l'eau purificatrice, j'ai alors pleuré, lentement, irrésistiblement.

Je t'aimais, tu sais...


Thierry Follain