26 avril 2009

Thomas Lux : A little tooth


Your baby grows a tooth, then two,

and four, and five, then she wants some meat
directly from the bone. It's all

over : she'll learn some words, she'll fall
in love with cretins, dolts, a sweet
talker on his way to jail. And you,

your wife get old, flyblown, and rue
nothing. You did, you loved, your feet
are sore. It's dusk. Your daughter's tall.

Il pousse une dent, puis deux,
quatre et cinq à votre bébé, et la petite veut manger de la
viande à l'os. Tout est

fini : elle apprendra des mots, elle tombera
amoureuse d'imbéciles, de balourds, d'un
beau parleur qui finira en prison. Et vous

et votre femme vieillissez, voue en prenez un coup,
et ne regrettez rien. Vous avez agi, vous avez aimé,
vous avez les pieds endoloris. C'est le crépuscule. Votre fille est grande.


Thomas Lux : A little tooth - Traduction : Etienne Menanteau

Ed Dee : L'Ange du Bronx, Seuil



22 avril 2009

Serpieri : la femme callipyge

Serpieri, la femme callypige - Serpieri, femme callipyge - callipige - Serpieri, fesses de femme - femmes fesses Serpierri - Serpieri, dessin de femme nue - Nude woman, naked butt, by Serpieri- Erotic woman, by  Paolo Eleuteri Serpieri - Serpieri nude BD - Blog with a View - blog-with-a-view.blospot.comLa femme callypige a trouvé son fervent célébrant
en Paolo Eleuteri Serpieri.

Il a en particulier donné chair au personnage de Druuna,
pulpeuse héroïne projetée dans un futur science-fictionnel
riche en érotisme, tendance hard.

En une époque qui célèbre la maigreur,
la femme puissante conserve tous ses atouts
soue le crayon et la plume
du dessinateur italien.








21 avril 2009

6 mars 2009

PJ Harvey : Angelene


My first name Angelene

Prettiest mess you've ever seen
Love for money is my sin
Any man calls I'll let him in

Rose is my colour and white
Pretty mouth, and green my eyes


I see men come and go
But there'll be one who will collect my soul
And come to me

Two thousand miles away
He walks upon the coast
Two thousand miles away
It lays open like a road

Dear God, life ain't kind
People gettin born then dying
But I've heard there's joy untold
Lays open like a road in front of me

Two thousand miles away
He walks upon the coast
Two thousand miles away
Lays open like a road

It seems so far away
I see men come and go
Two thousand miles until I reach that open road

My first name's Angelene.


PJ Harvey plays Angelene Live in 2001.

"Is this desire ?"
(1998)



5 mars 2009

Méli-Mélo


Beauté passée
au fil cassé
ying-yang rétro
méli-mélo
au fil de l'Ô.



18 février 2009

Was she told that pain would lead to pleasure ?


Was she told when she was young that pain
Would lead to pleasure?
Did she understand it when they said
That a man must break his back to earn
His day of leisure?
Will she still believe it when he's dead?
Ah girl!..

The Beatles : Rubber Soul ; GirlsGirl - Lennon/Mc Cartney - Rubber Soul (1965)


Visuels : Beatlles :DR - Girl: DR, réinterprété par Blog with a View


16 février 2009

Heather Nova heals us

Heather Nova : Oyster : HealOn march 16th, 2006, in the magic Vooruit hall, in Gent, Belgium, Heather Nova gave a unique and vibrant performance of "Heal", a song from her bright album "Oyster" (1994).

Heather Nova : Oyster : Heal-2This video's author qualifies this concert "an almost religious experience".

Why "almost" ?..

"Heal", Live, by Heather Nova


15 février 2009

Cows Talk


Cow 1 :

You see, you work a long long life...

grazing under sun and rain,

rain and snow,

producing milk, you know,

thousands gallons of milk,

working hard,


chewing, ruminating,

chewing, ruminating
...

Cow 2

True, that's true.


Cow 1


And then,
some day,
the green truck comes,

it takes you, man,

a long way from the farm,
a long long and deep way
to death.

I tell you, man,
is this a life ?

Is this a life ?

(silence)


Cow 2


Why do you call me "man" ?


Cow 1

Meuuuuuuuh ?


Cow 2


You say : "man".

I'm not a man, man.
I'm a cow,
I'm just a cow.


Cow 1

I see.


(silence)


Cow 1


You're not an abstract mind, aren't you ?


Cow 2


What you mean ?


Cow 1


You see...


Cow 2


What you want me to see ?..


Cow 1


Oh, nothing.
Really nothing.

(silence)


Cow 1


Is this a life ?


Is this a life ?


Thierry
Follain



Picture : Pink Floyd's Atom Heart Mother's back cover




10 février 2009

La fille au lavabo


Pour créer une photo glamour, il faut une grande fille. On peut alors faire usage de sa plastique, de son corps, graphiquement, occuper le cadre... Une longue fille, et la moitié du boulot est déjà faite.

Ici, détournement d'une image enfantine, fillette faisant sa toilette dans un évier, un tub ou je ne sais quoi...

Le reflet dans la glace nous amène à une tout autre lecture. Cette jeune, longue et pulpeuse créature se trouve en effet dans des toilettes pour hommes.

Symbole d'une époque qui répudie ou détourne l'innocence ? Goût du contraste, de la provocation facile, surannée ? Reflet allégé d'une tendance glamour/trash ? Qui sait...
L'innocence est en tout cas présente dans le regard.

Une grande fille, et le spectateur est pris entre désir et attendrissement.


23 janvier 2009

Françoise Dorléac et les Amoureux tristes

Françoise Dorléac, Catherine Deneuve, Les Demoiselles de Rochefort - Thierry Follain - Blog avec Vue - Blog with a ViewUn soir, on feuillette des dessins oubliés. Parmi eux, un portrait de Françoise Dorléac. La chaîne diffuse une compilation personnelle de Sad Lovers and Giants. Dont "Strange orchard", morceau lent, cyclique, envoûtant. Et les deux univers se rencontrent.

Vient la quête des images de Françoise sur le site de Chantal Hoareau. Puis le travail minutieux, inspiré, sur un montage tout en fondus, enchaînant les photos d'une femme à jamais figée dans ses 25 ans, jusqu'au fondu au noir final.

Beauté aux grand yeux, aux joues creusées, entre sa soeur, Catherine Deneuve, et Françoise Hardy. Coupe emblématique des années 60, cheveux longs avec frange, yeux lourdements maquillés. Une femme hiératique, fragile, séduisante. Appréciée de François Truffaut, Jacques Demy, Roman Polanski, Ken Russell, dans sa courte et fulgurante carrière.

La fusion se crée entre les souvenirs de cette jeunesse soudainement rompue, interrompue, et la musique lente, hypnotique, la basse lente, répétitive, les vagues insistantes de guitares et synthés, les drums saccadés, la voix plaintive.


A voir : "Françoise Dorléac, Sad Lovers : Strange Orchard", sur Down by the water", ma chaîne YouTube.



Naturelle

Années 50-60.
Une jeune femme plutôt athlétique pour l'époque.
Un naturel du corps qui serait banni maintenant.
Un écho du temps. D'un temps.


17 janvier 2009

Her Majesty Sheep

God saaaaaaave the Queeeeeen !


Concept : Thierry Follain

13 janvier 2009

Talk Talk : Such a (delightful) shame


Enjoy Talk Talk's "Such a shame" video, 1983.

Imaginative, sober, funny...


definitively not the average Eighties video !



6 janvier 2009

Suite hivernale





Photos : Thierry Follain


29 décembre 2008

Alanis Morissette versus Rap macho-bimbo

"Ils disent que je suis réellement sexy, les garçons, ils veulent me ..., Ils se tiennent toujours près de moi, ils dansent toujours près de moi, Ils veulent frôler mon postérieur, regarder mes rondeurs, Tu peux regarder, mais pas toucher, sinon, je vais faire un drame". Telles sont les paroles d'un tube rap des Black Eyed Peas dont le refrain célèbre l'attraction irrésistible des "humps", des rondeurs de Fergie, la chanteuse du groupe.

Alanis Morrissette en a tiré une parodie savoureuse, sur un lent, très lent tempo. Elle met ainsi en valeur, si j'ose dire, la vacuité convenue du texte et prend un plaisir manifeste à casser les clichés du genre, dans un univers résolument "cheap" (versus le "bling-bling" coutumier des rappeurs).

"My humps", par Alanis Morissette, une vidéo anti-lieux communs du show-bizz, pour finir l'année en beauté.


Pour que le plaisir soit complet : le clip original et non distancié de "My Humps", par The Black Eyed Peas.


27 décembre 2008

Anger


Belle énergie.


25 décembre 2008

Christmas Mum


Merry Xmas.

Dessin : Thierry Follain


12 novembre 2008

Melissa auf der Maur, la Victoire en chantant


Cette photo de Melissa auf der Maur, par Loïc Duquesnois, est riche en évocations. Entre rockeuse saisie au vol et statue républicaine, Arc de Triomphe, la Victoire en chantant, et ainsi de suite. Ici, dans l'envol d'un brasier échevelé, la guitare devient une arme, "axe" en anglais, portée au garde-à-vous ou prête à être utilisée. La suspension excessive du mouvement statufie l'artiste. L'intensité naît de l'arrêt sur image et du contraste, ou plutôt de l'harmonie entre peau blême et chevelure roussissime.


Woman on Man


Photo : Max Pucciariello


10 novembre 2008

Blondie, Debbie Harry : X-Offender

Blondie, Dennie Harry, X-Offender - Blog with a View
Blondie, in their wildest period.

Enjoy X-Offender, Live, 1978.




6 novembre 2008

Kurt Cobain's ghost and his estranged wife


Kurt Cobain's ghost
looked with anger, lust and fear
at his estranged wife.

Moreover,
he suddenly remembered

that his middle name had been :
"Donald".


Thierry Follain


26 octobre 2008

Bardot, la Star et le Solex

Bardot, superbe dans sa maturité, et le Solex, désuet. Deux grands symboles français rassemblés sur la photo, en 1971.

Deux, trois ans plus tard, Brigitte Bardot quitte l'univers du vedettariat mondial, soudain consciente du vide intense qu'il recèle. Et le Solex cède la place aux scooters japonais.

La star incontestée, le deux-roues-fétiche des années 50 et 60 ont fait leur temps. En ce début des années 70, c'est leur fin de règne.

Ce cliché symbolise la fin d'une époque. Le basculement d'une transgression mesurée, d'une économie de vie, à la jouissance et à la consommation sans limite des années 70. D'abord aspiration diffuse d'une jeunesse sur-majoritaire dans une société économiquement développée mais socialement figée, puis simple mécanisme économique et marketing.

Restent deux icônes, celle de "Bardot" étant définitivement associée à l'image de la femme, de la femme française, quelles qu'aient été les péripéties des années suivantes.

La réalité passe. Les symboles restent.
Thierry Follain


Tina Fey : Sarah Palin fait campagne au Saturday Night Live

"I believe than diplomacy should be the cornerstone of any foreign policy! "
"And I can see Russia from my house! "

" I believe global warming is caused by men! "
"I believe it's just God hugging us closer! "

"What's the difference between a hockey mom and a pitbull ?"
"Lipstick."

Ces répliques sont celles du "Non partisan message from Gov. Sarah Palin and Sen. Hillary Clinton", un grand moment de la campagne présidentielle américaine, dans le Saturday Night Live d'NBC, le 14 septembre dernier.

La performance de Tina Fey, sosie de Sarah Palin bourré de tics et de formules pitoyables, a rencontré un succès mérité. Tout comme la rencontre postérieure entre l'actrice-animatrice et la colistière de John Mc Cain sur le même plateau.

Je vous laisse déguster ce grand moment de satire télévisuelle, dans sa version intégrale, à partir du site de NBC (après une petite pub) :



Thierry Follain

19 octobre 2008

Archange Arcan

Ecrivains du Québec, Nelly Arcan, Bibliographie, 2001 : Putain, 2004 : Folle, 2007 : L'enfant dans le miroir, 2007 : À ciel ouvert, 2009 : Paradis clef en main, Arcan, Editions du Seuil, Blog with a View, blog-with-a-view.blogspot.comLire "Putain" de Nelly Arcan, c'est se laisser aspirer par une pensée affolée, convulsée, frénétique, plongée dans une réalité personnelle et sociale implacable. Le discours de la "Putain" est celui de la lutte contre le vide, le sien, celui de sa vie enfantée par des parents mortifères, celui de la femme contemporaine omnubilée par la référence permanente aux "schtroumpfettes" "de quinze ans et leur perfection de bouche entrouverte, ... leur royaume de postures affolantes" qui hantent magazines, affiches, petit et grand écran, univers de référence à l'éternelle jeunesse, sans aucune issue. Qui devient peu à peu lieu de pensée. Cette vacuité effrayante, cette quête et cette faim de séduction, de consommation de dévoration, que rien ni personne ne saurait satisfaire, nous emporte dans un tourbillon dévalant chaque page, nous attire et nous révulse, sans rémission. Archange sombre et lumineux des temps présents, Arcan a écrit un grand livre sur notre rapport égaré à l'être et à l'image, achevant de nous clouer au pilori du non-sens actuel par une cadence narrative rythmique, évangélique. Apocalyptique ?

Thierry Follain

Nelly Arcan : Putain - Points Seuil

D'1 clic, ma chronique sur "Putain", sur fnac.com



Nelly Arcan : "Là où je voulais rester seule"

" Quand j'étais petite, j'étais la plus belle et on m'appelait les yeux bleus, voilà les yeux bleus qui arrivent, voilà les yeux bleus qui pleurent, j'étais un beau rêve qui rend nostalgique toute la journée jusqu'à la nuit suivante, et toute la journée on repense au rêve en se disant qu'il aurait mieux valu y rester... Quand j'étais petite, j'étais la plus belle, je l'étais sans doute comme toutes les petites filles le sont, chacune à faire voler sa robe sous l'action de la corde à danser, j'étais parfaite dans l'ignorance de ce qui m'attendait, oui, c'est à l'adolescence que ça s'est gâté, enfin, il me semble, et à l'école secondaire mes copines étaient plus jolies que moi, les unes comme les autres, elles n'ont jamais rien su de ma haine de les voir ainsi plus jolies car je me suis toujours révoltée en silence, dans le confort de mes fantasmes ... et si mes copines m'avaient été fidèles je n'aurais jamais souhaité leur perte, si elles m'avaient adorée au point de laisser tomber tout le reste, si elles m'avaient suivie comme les apôtres ont suivi Jésus-Christ, les filets de pêche à la dérive, le cœur plein de reconnaissance d'avoir été choisies, j'aurais peut-être fait un effort pour devenir comme elles, charnelles et bouclées, je me serais rangée de leur côté, mais ma maigreur les aidait à sourire, à pencher la tête vers l'arrière pour mettre leur poitrine en valeur, et si la plupart d'entre elles n'avaient rien à faire de ma beauté de déportée, d'autres auront tout de même subi mon influence, elles auront voulu perdre du poids car les petites fesses ne sont-elles pas plus jolies, plus féminines, ne pouvaient-elles pas se priver de chocolat pendant plus de deux jours, et lorsque ces quelques-unes ont commencé à maigrir, j'ai su que j'étais perdue, qu'elles allaient me perdre, j'ai su que je devais partir pour la ville car elles allaient me rejoindre là où je voulais rester seule. "

Extrait de "Putain", de Nelly Arcan - Points, Seuil


Téléchargez ce texte, en pdf


Photo : Andreas Hering


14 octobre 2008

" Where is this hole I hear about ? "

Arkadi Renko, Martin Cruz-Smith's favorite character, is confronted, novel after novel, to different kinds of attractive, dangerous or vibrant women. Even if none of them could compare to his true and late lover, Irina. In "Stalin's ghost", Arkadi has to fight Tanya, a highly good-looking, multi-talented blonde : harpist, pole-dancer, and killer, possibly . Extract : Arkadi meets Tanya again, in an exotic bar in Kver, a russian walla-walla, long after she tried to kill him with a steel wire and after he was shot in the head by a disturbed man. A dangerous life he's got, Arkadi.

" Tanya and a peppy little dancer were up next. The first time he had seen Tanya she was in a white evening gown strumming the harp at the Metropol. In little more than the flesh she was even more in control, with a cool smile and long strides that prompted rhytmic clapping at ringside...

Tanya was sex-wrapped around a pole, with a slow head-down slither that seemed to swallow brass. The other dancer swung around her pole like a dynamo, which seemed quaintly Soviet.
"Tanya had classical training for the ballet, but she grew too big for the men to catch." Urman turned to Arkady. "Well, you've wrestled her, you know." Pacheco's ears perked up. "Wrestled? That sounds interesting." "We had a special moment," Arkady said...

Tany slid off the runway, ignored her ringside regulars and climbered onto Arkadi's lap, where she breathed heavily and stamped him with sweat and powder. She kissed him af is they were lovers reunited and when he tried to ease her off she clung to his neck.
"Where is this hole I hear about ? Is it the size of a bottle cap ?" She pressed herself against his face while she felt his scalp. All that remainded of his operation were drain scars, but she found them. If Arkady had humiliated her, she would humiliate him. "

Martin Cruz-Smith : "Stalin's ghost" - Pan Books -
ISBN 978-0-330-44857-4

Photo : Keith Hartwell