24 février 2007

Mirage berbère

Les peintres orientalistes, des photographes commerciaux comme Lehner et Landrock ou l'Algérois Geiser ont transposé sur la femme berbère l'imaginaire occidental du harem et des créatures voluptueuses parées de somptueux bijoux. Naissait ainsi un personnage dénudé, orné, à fort pouvoir érotique. C'est vrai, les femmes kabyles portaient de lourds bijoux d'argent pur ou niellé. Ceux-ci manifestaient leur statut, leur potentiel sexuel, le rang et surtout la situation sociale, patrimoniale de leur famille, de leur tribu. Elles n'exhibaient pas leur nudité pour autant ! C'est dans les ateliers, dans les bordels coloniaux que vivait cet imaginaire de la femme d'ailleurs, sensuelle, tentatrice, en attente de l'étreinte.

Ce malentendu a été exploré par le maître de ce blog, dans un texte intitulé "Le grand voile bat comme une aile". Ce titre fait référence à une nouvelle de Guy de Maupassant sur les Ouled Naïl, authentique caste de prostituées chamarrées, dont "l'exotisme" tarifé ravissait peintres, écrivains et colons français.

21 février 2007

Augenblick

Au-delà de la grille,
des frontières contraintes de l'enfance,
un regard sur l'avenir, sur la vie...

Photo : Andreas Hering

19 février 2007

Mine de rien...

Quelques ligne éclairantes de Véronique Perrin sur une pudeur islamique à sens unique...

" ... Il faut donc isoler le beau sexe, cloîtrer la femme, voiler son corps, assourdir sa voix. Prise au ras du tapis de prière, la pudeur musulmane vise surtout à maintenir la paix sociale. Tout se passe comme si l'instinct sexuel échapait totalement au contrôle de l'homme. Comme si la femme, allumeuse en diable, était une bombe ambulante dont la chevelure serait la mèche. Comme si le sexe de l'homme n'était qu'une allumette prête à craquer devant la première femelle venue. Et c'est ainsi qu'un voile de pudeur recouvre la femme. Le Coran en loue la vertu et la Sunna renchérit. Il vise d'ailleurs moins à dérober au regard la femme proprement dite qu'il veille à ne donner aucune prise à la concupiscence mâle. Une très proche parente, hors circuit de la séduction, une vieille femme, pourraient se dévoiler sans péril. Mais la jeune fille, l'épouse active, la femme mûre, doivent non seulement se couvrir mais aussi veiller à ce que l'étoffe du voile soit la plus épaisse et la plus ample possible... La pudeur ne procède pas seulement de l'intention, elle implique la précaution. Pas de parfum ou de clinquant ni de bruit de marche. Satan ne manquerait pas d'en caresser avec l'oreille, l'oeil et l'odorat du mâle. La croyante doit marcher dans la rue comme sur un champ miné, mine de rien. La voix fait partie de son intime féminité. Elle ne doit pas souffler mot en présence d'un étrange

(extrait de "La pudeur - la réserve et le trouble" - Autrement).


Condomnation éternelle

- T'as vu ?..
- J'ai vu quoi ?
- New York. New York, USA.
- Oh, c'est haut. Oui, et après ?..
- La Mairie lance un nouveau package de préservatifs. Des condoms gratuits. Avec le look de la signalisation du tube newyorkais.
- Du subway.

- C'est quoi le rapport entre capotes et subway ?
- Réfléchis...
- Je ne fais que cela.
- Evocation freudienne. La grosse rame lancée à toute vitesse dans un long tunnel.
- …
- Ca ne plaît pas aux Cathos… Ils protestent.
- Pourquoi ?
- C'est immoral. Si tu distribues des capotes gratuites, les irresponsables vont s'*** en l'*** par tous les ***.
- Ca lui va bien, à l'Eglise américaine, elle qui est au bord de la banqueroute avec les procès pour pédophilie.
- Tu l'as dit…
- C'est un vieux truc religieux, ça. Dès que tu en parles, tu pèches. Ou tu vas pécher.
- Exactement.
- Tant que tu n'as pas de préservatif sous la main, tu ne songes absolument pas à ***.
- Voilà.
- Idem chez les Islamistes de catégorie 1. Voir la femme, fût-ce un fragment de cheville, c'est ***, déclencher immédiatement une envie de la ***.
- Absolument, voir message plus haut.
- "Mine de rien" ?
- Exactly.
- En y réfléchissant bien…
- Oui…
- C'est un peu pareil pour les "politiquement corrects". Si tu ne prononces pas certains mots, tout va mieux.
- Mmmm.
- Ce n'est pas la réalité qui compte, mais le compte-rendu de la réalité. Catholiques, Islamistes et Politically corrects, même combat. Contrôler mots, attitudes et discours, mais ne pas vraiment améliorer le réel.
- Tu te fais du mal, là…
- Mais non.
- Mais si…
- Embrasse-moi !

(Afin d'épargner la pudeur de nos lectrices et lecteurs, certains passages ont été soumis à censure)

15 février 2007

What "Hillary" said...

Appelez-la "Hillary"

En novembre 2008, les Américains voteront peut-être pour Hillary Clinton. Enfin, non, ils choisiront "Hillary for President". Voilà qui change tout. "Hillary", c'est chaleureux, familier. Je ne vote pas pour une représentante de l'establishment politique, mais pour une femme, une amie. Une personne qui saura m'écouter, me comprendre. Si je suis une femme, je voterai pour une consoeur détachée de tout lien avec un homme. Un ancien Président en l'occurrence, pas un mauvais, mais qui a terminé sa carrière englué dans le plus ahurissant des procès, mettant sur scène une jeune stagiaire de la Maison Blanche aux talents ludiques affirmés. Je ne choisirai donc pas une "Clinton", mais "Hillary". Une femme avec une nouvelle et familière identité, qui roule pour elle, et pour moi, libérée de la tutelle masculine et scandaleuse de son époux. Ainsi, sur un sujet aussi sérieux et inquiétant que l'éventuelle intervention américano-bushienne en Iran, c'est "Hilary" qui a pris position au Sénat. Chez nous, le compte-rendu des déclarations de Ségolène Royal sur la politique africaine de la France pourrait-il être précédé de "Ségolène a déclaré..." ? Pas très évident...

8 février 2007

Sur la peau, ou dans la peau ?..

61% d'entre elles pensent qu'il serait pire de perdre leur vêtement favori que de se priver de sexe un mois durant.

Une majorité monterait la barre à 15 mois d'abstinence contre des placards remplis de nouvelles fringues. 2% de fanatiques renonceraient même aux échanges rapprochés et autres siestes crapuleus
es pendant 3 ans !..

De qui s'agit-il ? De 1 000 Américaines entre 18 et 54 ans récemment sondées sur leur potentiel affectif et sensuel envers, respectivement, les hommes et les habits.

Les femmes, du moins les Américaines, préfèreraient donc les vêtements aux mecs.

Par ailleurs, 48% des sondées comptent plus sur leurs vêtements favoris que sur leur compagnon pour se sentir sexy, bien dans leur peau… Il est vrai qu'un haut affriolant ou un jean près du corps ne passe pas son temps à mater les beautés qui passent…

Le bonheur serait donc non dans le pré ni dans le lit conjugal ou passionnel, mais chez Calvin Klein et compagnie.

Je trouve ce sondage, je l'avoue, très alarmant. Je me sens, à mon tour, remis en cause, insécurisé, non désiré. Malheureusement, le niveau actuel de mon compte en banque ne me permet pas de foncer chez Hugo Boss, ou non, plutôt, Kenzo, pour soulager mes angoisses.

Femmes de France, pays du "toujours l'amour", de la séduction, de Jeanne Moreau, Brigitte Bardot, Emmanuelle Béart et autres Audrey Tatou, rassurez-moi, vous ne préférez pas Gap ou Zara à vos hommes chéris, tout de même ?.. Vous ne seriez pas du genre à anticiper les soldes un mois à l'avance, et à vous y précipiter, si possible, dès la première heure ?

Rassurez-moi !..


Source : Reuters – Sondage Unilever.
Photo : "9 1/2 Weeks", d'Adrian Lyne.


5 février 2007

Chère, très chair...

Une belle variation du photographe Marc Lagrange sur le thème du corset. A partir de la contrainte, du façonnage du corps, il crée une liberté, une réminiscence remodelée. L'effet de reflet crée une ronde sereine, immobile.

  • D'un clic : Marc Lagrange, photos sensuelles

  • 2 février 2007

    Ethique

    - Tu as entendu Sarkozy ?
    - Sûrement... à propos de quoi ?
    - Il veut soutenir ceux qui se lèvent tôt.
    - Ah oui...
    - L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt.
    - Je préfère la version anglo-saxonne : "The early bird gets the worm".
    - L'oiseau matinal...
    - choppe le ver. Exactement. Et ça pose un sacré problème éthique.
    - Ah.
    - Et oui. Si on ne peut nier que l'oiseau a été récompensé de sa matinalité , ou matinalitude, quid du ver ?
    - Le ver ?
    - Qui s'était levé bien tôt, lui aussi, afin de remplir sa fonction : "contribuer à la fertilité des espaces arables en creusant de petits tunnels, aérer la terre et l'enrichir par ses apports organiques".
    - Sans blague?
    - Sérieux. Objectivement, tous ceux qui se lèvent de bonne heure ne reçoivent pas la même récompense.
    - Mais il pensait aux ouvriers, non, Sarkozy ?
    - Peut-être. Qu'est-ce qu'elle en dit, Ségolène Royal, elle, des ouvriers matinaux ?
    - Je ne sais pas, elle se documente sur eux. Elle veut "mieux les connaître".
    - Comme Sarkozy ?
    - Comme Sarkozy.

    31 janvier 2007

    Oh, Maggie !

    Issue d'une tribu de réalisateurs et d'acteurs, Maggie Gyllenhaal s'est étonnamment mise en danger en tant qu'actrice dans le très décalé "Secretary" (La Secrétaire) de Steven Shainberg (2002). En bonne compagnie avec James Spader, elle se lance sans réserve dans ce portrait d'une relation sado-maso au jour le jour, entre avocat lunatique et secrétaire portée sur l'autodestruction. Portée par le dynamisme et la finesse de ses interprètes, l'oeuvre échappe au scabreux, se révèle subtile, prenante et légère.

    On avait croisé Maggie avec plaisir l'année précédente dans le film-culte "Donnie Darko", de Richard Kelly. Cette fois, la vedette revenait à son frère Jake Gyllenhaal, saisissant dans son interprétation d'un ado trop sincère, pris entre deux mondes. Quelle famille !..


  • D'un clic, synopsis et photos sur imdb.com...
  • 22 janvier 2007

    " Doing-a-lynndie "

    Nouveau "trend" anglo-saxon, le "Doing-a-Lynndie" consiste à imiter les attitudes prises par Lynndie England, lors des séances d'humiliation de prisonniers irakiens à la prison d'Abou-Graïb. Diffusées sur le web, ces nouvelles images enfouissent peu à peu le sens des scènes originelles.

    Les photos de Lynndie England en action n'ont pas seulement suscité l'émotion (ce moteur majeur de l'opinion publique mondiale) ou la réprobation. Comme tout événement médiatisé ou webisé, elles ont acquis leur propre valeur d'images, leur autonomie.

    Plus que jamais, le media est le message et porte son propre sens, déconnecté des éléments de causalité, de réflexion, de compréhension et d'humanité. L'attitude prise par la jeune femme sur un des clichés scandaleux a ainsi lancé un jeu de mime, de pastiche dans le monde anglo-saxon (Etats-Unis, Royaume-Uni, Australie).

    C'est le "Doing-a-Lynndie"... Sa pratique semble exiger une dose d'alcool équivalente à celle absorbée par la perpétratrice originelle. En diffusant, infusant ces images, la Toile génère des séances photos à l'infini, jusqu'à l'oubli du fait originel.

    Latence


    De la jeune fille à la star, il y a une période indécise, imprécise. Celle pendant laquelle des hommes, des femmes - plutôt des hommes - vont la façonner, faire de ce qu'elle est, de cette latence, le personnage qu'elle deviendra aux yeux du public. Et dont il lui sera difficile de s'écarter par la suite, à moins qu'elle ait vraiment en elle une forte personnalité. Ce qui était le cas d'Audrey Hepburn...


  • D'un clic, tout sur Audrey…
  • 21 janvier 2007

    La lampe d'Hillary

    Le 20 janvier, Hillary Rhodam Clinton a annoncé son entrée dans la course pour les Présidentielles américaines de 2008, proclamant : "I am in !" (J'y vais !). Le site de son comité de soutien met en vedette une déclaration filmée d'Hillary se réclamant de la middle class américaine.

    Le décor est en effet celui de cette classe sociale, confortable mais sans ostentation, photos de famille et échappée sur un jardin en arrière-plan. La lampe allumée évoque la confiance, la confidence, l'intimité. S'adressant directement au peuple américain, Ms Clinton invite en effet celui-ci à "engager une conversation" avec elle sur l'avenir des Etats-Unis... Ici, la forme soutient parfaitement le fond.

  • D'un clic, le site de campagne d'Hillary…
  • Conversation à deux

    Hillary Clinton, Ségolène Royal… deux femmes engagées dans la course présidentielle, dans leurs moyenne et grande puissances respectives. Interrogation : existe-t-il une façon "féminine" pour faire de la politique ? Il semble bien que oui, l'une et l'autre invitant leurs concitoyens à dialoguer, à leur apporter leurs idées pour bâtir un pays et un monde meilleur.

    Ségolène (Toulon – 17 janvier 2007) :

    " … nous nous écoutons, nous nous parlons, nous bâtissons, nous construisons un diagnostic partagé des difficultés que vivent les Français, pour parler juste et ensuite pour agir juste... Les Français en ont assez des discours politiques de mensonges tenus au plus haut niveau… "

    Hilary (Annonce de la création de son comité pour la candidature – 20 janvier 07)

    " Alors, parlons, bavardons, engageons le dialogue sur vos idées et les miennes, parce que le dialogue avec Washington a plutôt été à sens unique jusque-là, vous ne trouvez pas ? "

    Si elle met l'accent sur la protection sociale, Hillary souhaite cependant la renaissance du rêve américain, trahi par les années de présidence Bush : qui que l'on soit, d'où que l'on soit, avoir la garantie d'une vie heureuse pour sa famille, tant que l'on travaille dur et respecte les règles… Ségolène, quant à elle, ne peut échapper au tropisme de gauche : redonner sa place à la puissance publique

    Ne préjugent-elles pas des réponses que sont supposés apporter les citoyens français et américains ? A moins que le suspense quant au contenu de leurs contributions soit ténu...

    20 janvier 2007

    Tinderbox of a heart

    Enfants de prolos surgis des brumes d'une ville industrielle écossaise dans les années 80, les Cocteau Twins ont créé un style musical singulier, dans la mouvance cold wave, tout à la fois hypnotique et déchirant. Fascinée par les sonorités et leurs percussions, répercussions, la chanteuse Elisabeth Fraser a rapidement inventé son propre langage. Celui-ci était intimement lié aux émotions portées par sa voix et par le "mur de guitares" lancinant caractéristique du groupe, avant que celui-ci n'évolue vers des univers plus éthérés. La chanson "Tinderbox of the heart" est l'une de ses dernières créations en anglais. Ici, la langue a une fonction d'évocation et de fascination hypnotique plus que de description, de narration.
    They are beaten

    You'd feel danger there

    Through the edged are beaten

    You'd feel danger there

    How heavy you are on this faded hatch

    Tinderbox of a heart left a shell is all

    Bleed in your fate's ground through the edge

    It's so bloody and blunt of big crystal eyes

    How heavy you are; it's fading your hatch

    Tinderbox of a heart

    left a shell

    is all.


    Cocteau Twins - Album "Music and drums"



    Photos Philippe Carly


    14 janvier 2007

    Weiß mit Rot

    Le 22 février 1943, Sophie Scholl, étudiante allemande de 23 ans est guillotinée à la prison de Stadelheim, près de Munich, avec son frère Hans, 24 ans et leur ami Christoph Probst, 23 ans, trois enfants. Cette mise à mort intervient à l'issue d'un "procès" de 3 heures, mené par Roland Freißler, Président du Volksgerichtshof, tribunal "populaire" nazi.


    Leur crime : avoir fondé le mouvement de résistance "Der weiße Rose", "La Rose blanche", avoir diffusé des milliers de tracts et même inscrit des graffitis anti-nazis, six mois durant, dans les universités allemandes et autrichiennes.

    Vingt-quatre autres membres de la Weiße Rose seront exécutés ou mourront en camp de concentration.

    Un courage fou, inimaginable, dans un régime sanglant, totalitaire, qu'ont eu bien peu de leurs aînés.


    Le Lys dans la vallée (électorale)

    Dans un contexte où les codes traditionnels de la Gauche ont volé en éclat, sa probable confrontation avec Ségolène Royal pose de sérieux problèmes au Maire de Neuilly. Par son attitude, son élocution, son apparence, elle pourrait sans problème être une femme de son propre camp. Pire, comme l'avait souligné un connaisseur, Philippe de Villiers, le patronyme "Royal" est susceptible de lui rallier subliminalement une frange de l'électorat traditionaliste. Une référence monarchique et virginale renforcé par le recours résolu à des tenues de couleur blanche. Reste que le blanc évoque également la page blanche, l'espace en attente de signes, de sens et de discours, ce dernier restant à construire et inscrire. Et à singulariser par rapport à celui du ci-devant Secrétaire Général de l'UMP.

    24 décembre 2006

    Pure hate

    Message personnel à l'allure de pictogramme,
    ou l'inverse ?
    Détournement d'un code graphique
    habituellement dévolu
    à de sages messages consensuels...


    Hey, Jude...


    Dans "IQ", ce film de Spielberg baigné par le génie de Kubrick, Jude Law compose un troublant personnage de gigolo androïde. L'ensemble de l'oeuvre est imprégnée du puissant réalisme de l'a-normal, qui en fait plus qu'un divertissement S-F à grand budget.

    16 décembre 2006

    Eve


    Eve, par Juillard.
    Des proportions de super-woman,
    à croquer, néanmoins...


    American circus

    Un cocktail typique de confrontation raciale, de contorsion des faits par des avocats ruineux et talentueux, et de sensationnel médiatique a marqué l'arrestation et le procès d'OJ Simpson.

    Le 12 juin 1994, Nicole Brown Simpson, divorcée d'O.J Simpson après qu'il eût abusé d'elle, et son falot compagnon Ronald Goldman sont retrouvés morts, assassinés, dans la demeure de la jeune femme, à Los Angeles. L'enfant d'OJ et Nicole dort à l'étage.

    Au lieu de se rendre à la convocation de la police, le 17 juin, Simpson choisit la fuite. Une fois repéré, cela devient rapidement un cirque américain, digne des "Blues Brothers", avec fugitif fonçant sur l'autoroute déserte, quelques dizaines de voitures de police la suivant, gyrophares et sirènes actionnés, hélicoptères TV retransmettant le tout en direct, et automobilistes à l'arrêt encourageant le fuyard… Moteur ! Action !..

    Time Magazine rend un fier service à Simpson en publiant en couverture la photo prise après son arrestation par la police de Los Angeles, sa couleur de peau ayant été assombrie en PAO. A partir de cet instant, il ne s'agit plus d'un meurtre mais d'une question raciale, et les 11 avocats de l'ancien footballeur, puis médiocre acteur, voient s'ouvrir d'alléchantes perspectives, en particulier en accusant de racisme Mark Fuhrman, enquêteur-clé.

    Les Etats-Unis ressuscitent pour l'occasion la fracture entre Noirs et Blancs, les premiers soutenant leur "frère" (qui s'était pourtant peu intéressé à sa communauté une fois qu'il avait trouvé la gloire). Le procès ayant lieu à Los Angeles, on craint même une renaissance des émeutes raciales de 1992, au cas où Simpson serait reconnu coupable. Ambiance…

    Les audiences s'étalent sur 9 mois. Elles sont bien évidemment surmédiatisées, retransmises en continu sur certaines chaînes, se distinguant peu, alors, des perpétuelles séries TV ayant pour cadre commissariats de police et prétoires. L'accusation présente un faisceau de preuves accablant (traces de sang, empreintes, ADN…) appuyé sur les sévices infligés à sa femme par le passé, et deux appels qu'elle avait passés à police-secours en 1993, alors qu'il était entré chez elle par effraction. Mais Simpson ne peut complètement enfiler un gant accusateur.

    Il est acquitté par un jury composé très majoritairement de femmes de la communauté noire.

    Simpson est par contre reconnu coupable dans un procès civil intenté par les parents de Goldman, mais reste à l'abri du besoin, sa pension de joueur ne pouvant être saisie, ni sa maison en Floride. Il parvient même à enlever la garde de sa fille à ses ex-beaux-parents.

    Officiellement, nul ne sait qui a égorgé Nicole Brown Simpson...


  • D'un clic, une vue approfondie du procès Simpson, sur "Crimelibrary.com"…
  • Rikki Kasso

    Le monde troublé de Rikki Kasso...

    14 décembre 2006

    Le sourire de l'Ange

    Dans la "Dolce vita", Fellini met en scène l'impossible rencontre entre un fêtard éreinté et un être juvénile, messager de l'au-delà, d'un au-delà en soi.

    A la fin de la "Dolce Vita", le personnage de Mastroianni se retrouve au petit matin sur une plage, en compagnie de sa bande de fêtards. Pas vraiment scandaleuse, la nuit qui les a réunis a plutôt semblé dénuée d'inspiration, tristounette. Soudain, Marcello voit son attention attiré par une jeune fille au visage angélique, de l'autre côté d'un modeste estuaire creusé par la marée dans le sable. Elle lui sourit, lui fait signe, lui parle dans le fracas des vagues. Il la voit. Mais il ne l'entend pas. Il ne la comprend pas.

    Elle est si loin, si proche. Eloignée de son monde aux plaisirs blasés. Familière, née de la mer et de l'aube, avec sa vêture sobre, ses cheveux tirés.

    C'est l'appel de l'Ange, celui de l'ailleurs, d'un ailleurs qu'il serait si simple à Marcello d'approcher, de toucher, si l'obstacle principal n'était en lui.

    L'Ange rencontrée ici n'est pas celle de la morale, de la pudeur face au monde de la nuit, de la débauche, mais de l'ouverture de l'esprit et des sens, de l'accès possible à une vérité, une réalité intérieure.

    L'opportune conclusion d'un film semé de symboles sacrés (le Christ géant transporté par hélicoptère, l'apparition miraculeuse).

    Une histoire en quête de grâce…

    12 décembre 2006

    "morgen" -1- Les paupières à vif (extrait)

    Jeune Allemande de très bonne famille, Else voit sa vie brillante, aisée, brisée à 26 ans. Enlevée pour des motifs politiques, elle subit quatre mois de réclusion humiliante, avilissante. Libérée contre rançon, la jeune femme fait la rencontre improbable d'un homme plus âgé, qui lui redonne vie par sa tendresse, sa considération. Confrontée à nouveau à une mort sanglante, Else reconstruit sa vie en une contrée lointaine, forte d'elle-même, de son fils, de l'amour, de toutes les formes d'amour qu'elle porte en elle et suscite. Par touches impressionnistes, "morgen" narre son histoire.

    Chapitre 1 - Les paupières à vif (extrait)

    La porte de la caminette s'ouvre.
    La voix lourde de menaces, précise, mécanique, s'élève une fois encore. Les sacs de jute sont ôtés par des hommes pressés, aux aguets. La grande fille blonde apparaît allongée, jambes repliées, mains et chevilles menottées, yeux et lèvres obturés.
    Une fois les bracelets métalliques ouverts, ils la mettent debout sans ménagement. Comme d'habitude.
    Sa respiration est courte. Elle vacille.

    L'air frais baigne son visage asservi. Les odeurs de moisi, d'essence et de caoutchouc vieillissant se dissipent.
    Ses yeux et ses lèvres demeurent clos par de larges bandes d'adhésif noir. Ses poignets, ses chevilles sont douloureux. Elle sent la morsure qu'a laissée l'acier sur eux. Sa gorge est sèche.
    Elle inspire, très fort.
    Demeure strictement immobile - leur dressage a été efficace - puis écoute :
    - Ne te retourne pas. Ne cherche pas à nous voir, ni nous, ni le camion, ni son numéro. Tu vas compter jusqu'à cent, et tu ne bouges pas avant que ce soit fini, OK ? Ce serait dommage de te faire buter maintenant.

    Il la fait avancer en lui tenant le coude. La plaque contre un mur rugueux. Maintient la pression sur sa nuque quelques instants. Tremblante, elle prend conscience du vent froid et pénétrant.


    (...)

    Des épines pour Rosetta


    Dans "Rosetta" des Frères Dardenne (1999), Emilie Dequenne campe le personnage d'une adolescente prolétaire en quête permanente de salut, entre vie au camping, mère irresponsable et alcoolique et marché du travail impitoyable.


    Cette course désespérée et pleine d'énergie est rendue encore plus oppressante par une caméra proche, mouvante qui abandonne rarement l'héroïne. C'est une intense saga quotidienne dans une vie sans issue, si ce n'est celle de la jeunesse, de l'énergie, de la vie réduite à ses composantes élémentaires : un toit, de la nourriture, de l'eau, dans un univers dénué de tendresse. La vie réduite à la réalité de la survie.

    6 décembre 2006

    Doux venin


    Une graphique dédicace de Miguel-Angel Prado pour son album "Venin de femmes".


    Nativité


    Christopher Gilbert

    Mine de rien

    Une approche éclairante de la pudeur selon l'Islam, extraite de "La pudeur – La réserve et le trouble" (Autrement)

    "Il faut donc isoler le beau sexe, cloîtrer la femme, voiler son corps, assourdir sa voix. Prise au ras du tapis de prière, la pudeur musulmane vise surtout à maintenir la paix sociale. Tout se passe comme si l'instinct sexuel échappait totalement au contrôle de l'homme. Comme si la femme, allumeuse en diable, était une bombe ambulante dont le chevelure serait la mèche. Comme si le sexe de l'homme n'était qu'une allumette prête à craquer devant la première femelle venue. Et c'est ainsi qu'un voile de pudeur recouvre la femme. Le Coran en loue la vertu et la Sunna surenchérit. Il vise d'ailleurs moins à dérober au regard la femme proprement dite qu'il veille à ne donner aucune prise à la concupiscence mâle. Une très proche parente, hors circuit de la séduction, une vieille femme pourraient se dérober sans péril. Mais la jeune fille, l'épouse active, la femme mûre, doivent non seulement se couvrir mais aussi veiller à ce que l'étoffe du voile soit la plus épaisse et la plus ample possible… La pudeur ne procède pas seulement de l'intention, elle implique la précaution. Pas de parfum ou de clinquant, ni de bruit de marche. Satan ne manquerait pas d'en caresser avec l'oreille, l'oeil et l'odorat du mâle. La croyante doit marcher dans la rue comme sur un champ miné, mine de rien. La voix fait partie de son intime féminité. Elle ne doit pas souffler mot en présence d'un étranger."

    Epinglée...


    "Epingler" une lycéenne ou une collégienne en courte jupe plissée est un fantasme récurrent chez bien des Japonais...

    Lying in the nature


    "I just like lying in the nature."


    Rêve russe


    Nikolay Fomin réinterprète de façon onirique et sensuelle la tradition des illustrateurs de conte russes.


  • D'un clic, d'autres rêveries sensuelles de Fomin...
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