13 février 2011

"Homme de papier", par Thierry Follain


Homme de papier,
il aimait le vent.
Ca lui donnait une bonne raison
       pour voleter, s'envoler, et s'affaler...

Homme de fumée,
il aimait les soirs
                      de soleil, rougeoyant.

Impalpable et froid,
il vivait parfois,
sous la lune ou le soleil.
Alors chaud, et chaleureux,
         joyeux et amoureux,
         Amoureux.

C'était sans doute trop tard,
                            trop tard,
pour qu'on sente,
                     tout ce qu'il y avait en lui.

Trop dispersé,
                          et maintenu,
Trop maintenu,
                          et contenu,
Trop contenu...

Homme de craie,
il s'effritait,
               sous les doigts, sous les cris,
               sous les toits, sous l'étoile...

Et sa trace s'effaça,
                     à la première grosse pluie,
                     du désespoir,
                     du désespoir.

Homme de rien,
Homme fait pour rien,
Et sa trace s'effaça...

                 s'effaça.

                          Thierry Follain


12 février 2011

Siouxsie Sioux, nice


Siouxsie, entre New Wave, Beauté et Douceur.
Her Best !

(cliquez !)


11 février 2011

morgen, vie d'Else, oeuvre à coeur de Thierry Follain

Un jour est née en moi la vision d'une jeune et grande Allemande blonde de 26 ans, marchant, bras croisés, épuisée, gelée, dans les rues d'une quartier en voie de destruction-réhabilitation, ventre douloureux par un matin glacial en Germanie. Else Tintenfeder était née. Elle sortait de 4 mois de rapt hard par un groupe entre Rote Armee Fraktion et "Cause palestienne", dans les années 80. Elle allait rencontrer par pur hasard Julius-Dieter Tinderbelt, policier un (grand) brin plus âgé. "morgen" était né. Allait les entraîner dans un huis clos amoureux montagnard d'un mois. Après un évènement plutôt tragique, Else allait vivre 20 ans d'une vie aisément errante, mère d'un... Dieter, femme d'un Américain sympa, actrice du sauvetage de femmes détournées, exploitées, flouées, et amie amoureuse d'Ute. Durant sa longue écriture, "morgen" allait croître, puis se réduire d'un bon quart ou plus, et faire l'objet d'une mise en harmonie progressive avec le feeling de l'auteur au fil des ans, dans une sobriété croissante, tel un instrument patiemment et voluptueusement accordé. 

Voici ce roman, oeuvre de ma vie, disons... 

A vous d'en jouir (ou pas, of course) !

29 décembre 2010

Simple Minds, Sweat in bullet


Simple Minds, "Sweat in Bullet"
Based on Derek Forbes's
funky, fretless bassline !..


28 décembre 2010

16 décembre 2010

Karl Biscuit : Regrets éternels : La Morte, conséquence de "On n'a pas tous les jours 20 ans"


 Karl Biscuit : Album Regrets éternels - La Morte - On n'a pas tous les jours 20 ans - Loneliness - Les Mêmes histoires - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.com - Thierry Follain

Au début des années 90, apparaît sur la scène du Théâtre de la Bastille, au sein d'un chaos post-nucléaire, un humain à tête de tyrannosaure, chantant et jouant à l'accordéon un version funèbre d'On n'a pas tous les jours 20 ans. C'est Karl Biscuit, musicien électro-pop touché par la grâce de la danse contemporaine française alors à son zénith (collaboration avec Philippe Découflé) et celle, plus sombre, de la new-wave gothique belge. Il en sortira, entre autres, l'album "Regrets éternels". Par la suite, Karl retournera à ses premières amours, en fondant la compagnie "Castafiore", exploratrice d'univers utopiques. Il apparaît ici dans un personnage "ligne claire", épurée...





Photo : Charles Van Hoorick

11 décembre 2010

Gibrat : Vol du corbeau, la beauté rétro bat des ailes !

Jean-Pierre Gibrat, Le vol du corbeau, Le sursis, Dupuis,Pinocchia, L'Echo des Savanes, Mattéo, Futuropolis - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.com

A travers "Le sursis", Le vol du corbeau", 
Jean-Pierre Gibrat a définitivement popularisé 
son style de dessin élégant, léger. 

Jean-Pierre Gibrat, Le vol du corbeau, Le sursis 2, Dupuis,Pinocchia, L'Echo des Savanes, Mattéo, Futuropolis - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.com

Et ses héroïnes rétro jeunes, gracieuses, élancées. 

Jean-Pierre Gibrat, Le vol du corbeau, Le sursis 3, Dupuis,Pinocchia, L'Echo des Savanes, Mattéo, Futuropolis - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.com

Plus qu'un dessinateur de BD, un véritable illustrateur, 
créateur d'une univers doucement sensuel et nostalgique, 
peuplé de femmes à la plastique contemporaine.


10 décembre 2010

Marvin Gaye, Inner City Blues

 Marvin Gaye, Inner City Blues, album What's going on - Sexual Healing - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.com - Thierry Follain
Marvin Gaye, " Inner City Blues "
intimate, bluesy, 
definitive masterwork.


29 novembre 2010

Danser au sortir de l'enfance - Dancing girls

Au sortir de l'enfance,
que serions-nous,
qui serions-nous
sans la danse ?


22 novembre 2010

Jean-Claude Gallotta : Des gens qui dansent, avec Emile Dubois


Les chorégraphies de Jean-Claude Gallotta m'ont toujours porté, ont délivré visions et sensations, au fil des ans. En particulier sur les musiques prenantes, planantes, d'Henry Torgue et Serge Houppin.


Ici, "Des gens qui dansent", tout simplement...

DGQD : vidéo...

13 novembre 2010

Ca va, ça vient, par Thierry Follain


Dans le parc désert,
tu marchais sous le soleil
pâle
de mai,

tu récitais ton mantra
favori,
ton refuge quand la vie se couvrait,

tu te répétais

"Ca va,
ça va,
ça va,

ça va, ça vient".

Ca va, ça vient,
ces images dans ma mémoire
soumise aux diktats
des regrets, à la morsure des remords.

Ca va,
ça vient
à tout va,
ces images, ces sensations-
là.

T'étais une fille super,
tu marchais,
tu pensais à une journée
où on riait,
où on dansait
en avançant
sous un soleil qui semblait neuf,

nous ne serions jamais vieux.

Mais le temps et la joie,
c'est fragile,

ça va,
ça va,
puis
ça s'en va.

Ca va, ça vient,
mais ça n'avance à rien,

on n'en garde rien
que ces traces,
ces regrets, ces remords
qui mordent au détour
d'un souvenir
et d'un rire
depuis longtemps
effacés, du passé

décomposé.

T'étais une fille super,
dans le parc désert,
tu marchais au soleil,
tu avais cru trouver
où ça allait,
tout ça,
quand on s'est rencontrés,
quand on s'est serrés,
reconnus,
inconnus jusqu'alors.

Tu marchais sur cette allée,
aujourd'hui,
et je t'ai croisée
sans rien dire,
tu parlais, tu encourageais
une fillette
tout près de toi,

elle sautait à la corde
sur le sable compacté comme le temps qui s'était
écoulé,

elle vibrait au rythme de la corde qu'on distinguait
à peine,
virant, virevoltant
autour d'elle,
tel le temps passé.

Le temps,
l'amour,
ça va,
ça va, ça vient.

T'étais une fille super,
et ta gamine te ressemble,
ardente,
souriante,
intouchable et touchante.

La vie et la beauté,
c'est comme les souvenirs,

d'un jour à l'autre,
d'un être à l'autre,

ça va,
ça vient.



Rickie Lee Jones : picture of her


"It's her last chance
Her timing's all wrong
Her last chance
She can't idle this long
Her last chance
Turn her over and go
Pullin' out of the last chance texaco
The last chance..."


Rickie Lee Jones : L'Album


"We belong together", "Chuck's in love", "The last chance, Texaco", "Coolsville" : rien que de "petits" chefs-d'oeuvre dans ce 1er album de Rickie Lee Jones (1979).

Cool, vibrant, intemporel. 

A écouter, réécouter.

Si vous ne l'avez pas, ne l'avez plus, écoutez l'album Rickie Lee Jones sur Dezer.


10 juin 2010

morgen, histoire d'Else, par Thierry Follain

Jeune Allemande comblée par la vie, Else voit son existence tumultueuse brisée à 26 ans. Enlevée dans les ultimes années de la Rote Armee Fraktion, elle subit quatre mois de réclusion humiliante, avilissante. Libérée contre rançon, à ses yeux totalement dévalorisée, la jeune femme fait la rencontre improbable d'un homme plus âgé, qui lui redonne vie par sa tendresse, sa considération. Confrontée à nouveau à une mort sanglante, Else reconstruit sa vie en une contrée lointaine, forte d'elle-même, de son fils, de l'amour, de toutes les formes d'amour qu'elle porte en elle et suscite. Par touches, par scènes impressionnistes, sensitives, "morgen" narre son histoire...

... La salle de bains, vaste, impeccablement rangée.
Parfums d'eau, de sels de bains.

Longue baignoire, une douche, cabine vitrée.

Des serviettes blanches, épaisses.

Douces sur la peau de la fille à la tronche ravagée, aux cheveux trop longs, dégueulasses, qui s’observe, consternée, dans la longue glace.


Adieu à ces vêtements visqueux, crasseux.

L’eau chaude. Si chaude.
Déferle. Me submerge.
Oh, l’eau chaude brasse mon ventre, le masse et l’apaise.

Je peux enfin respirer.

Ouvrir les yeux rien qu’un instant, fixer le vitrage poli, dépoli, que sais-je.

Les fermer. Inspirer. Les rouvrir. Souffler.

J’espère que vous avez l’eau chaude à volonté. Parce que je ne vais pas la couper de sitôt.

Capricieuse, on vous dit.

Capricieuse, ils disaient.

Et hop, privée d’habits. Exposées à leurs regards. Même pas à leur désir. A leur mépris.


On t’aura quand on veut, si on veut.

Et hop, la ceinture s’abat,

mains croisées sur la nuque, je dois rester immobile, retenir mes cris.
Frémir sous chaque impact, me vider de tout respect pour moi-même. Non loin de moi, la fille se tait, les yeux baissés, ne veut pas me regarder.

Pas besoin de me sauter pour me baiser.

Totalement soumise, je suis niée.

Stop !

Stop.

C’est du
passé.
Dépassé.


Je déclare les joutes nautiques ouvertes.

Et coulent les flots, et roulent mes doigts dans ma chevelure mousseuse.

Ruissellent mes larmes mêlées à l’eau...
Et se vide mon corps de ce ruisseau écarlate... nul enfant ne viendra maintenant, Dieu soit loué....


Sous les vagues vagues chaudes,
je dis " vagues ",

je divague.


Je revis, je peux enfin
pleurer.
Muette proclamation de ma liberté retrouvée,

celle de rire, de souffrir

et de jouir sans que nul

ne puisse

s’y opposer.


Else Tintenfeder renaît dans un flot d’eau,
de sang et de larmes.
Qu’il purifie son âme.
Amen.

Ils disaient toujours :


" morgen "
Demain.

Demain, la rançon arrivera, nous n'augmenterons plus nos exigences à chaque contact.
Nous estimerons que les média ont assez parlé de toi, de ce non-toi, de ta " disparition ".
Qu’ils se sont suffisamment gavés de tes Polaroïds pitoyables,

le Bild du jour entre les mains,

cheveux en bataille,

regard inexpressif,

terne, faussement indifférent,

celui des filles
quand elles posent, obligées,

quand elles ne peuvent exister
que comme

on le leur a ordonné.


morgen.


Avant, une promesse.
Qu’ils m’ont confisquée

pour y substituer le vide,

la peur.


Au fond de moi,

je suis forte.

Je leur survivrai,
mais ...

morgen.

(...)

10 mai 2010

Hauts en couleur investit le royaume des graphes, le dépôt de bus RATP, rue des Pyrénées, à Paris

Street Art, par le Collectif  Hauts en couleur, Dépôt de bus RATP, Rue des Pyrénées, Paris, week-end des 24 et 25 avril 2010 - Photos Thierry Follain, Blog with a View : blog-with-a-view.blogspot.com -1Les 24 et 25 avril 2O1O, le collectif de street-art "Hauts en couleur" a investi une large portion du mur du dépôt de bus RATP, rue des Pyrénées à Paris, dédié aux grapheurs de tout acabit jusqu'à sa démolition.
Street Art, par le Collectif  Hauts en couleur, Dépôt de bus RATP, Rue des Pyrénées, Paris, week-end des 24 et 25 avril 2010 - Photos Thierry Follain, Blog with a View : blog-with-a-view.blogspot.com -2
Une oeuvre figurative et symbolique lumineuse, qui associe hip-hop, ghetto blasters et toits de Paris.
Street Art, par le Collectif  Hauts en couleur, Dépôt de bus RATP, Rue des Pyrénées, Paris, week-end des 24 et 25 avril 2010 - Photos Thierry Follain, Blog with a View : blog-with-a-view.blogspot.com -3
Qui associait, plutôt, cette réalisation, éphémère par nature, étant maintenant recouverte par d'autres interventions.
Street Art, par le Collectif  Hauts en couleur, Dépôt de bus RATP, Rue des Pyrénées, Paris, week-end des 24 et 25 avril 2010 - Photos Thierry Follain, Blog with a View : blog-with-a-view.blogspot.com -4
Restent ces photos. Just enjoy !
Street Art, par le Collectif  Hauts en couleur, Dépôt de bus RATP, Rue des Pyrénées, Paris, week-end des 24 et 25 avril 2010 - Photos Thierry Follain, Blog with a View : blog-with-a-view.blogspot.com -5
Street Art, par le Collectif  Hauts en couleur, Dépôt de bus RATP, Rue des Pyrénées, Paris, week-end des 24 et 25 avril 2010 - Photos Thierry Follain, Blog with a View : blog-with-a-view.blogspot.com -6
Street Art, par le Collectif  Hauts en couleur, Dépôt de bus RATP, Rue des Pyrénées, Paris, week-end des 24 et 25 avril 2010 - Photos Thierry Follain, Blog with a View : blog-with-a-view.blogspot.com -7
Street Art, par le Collectif  Hauts en couleur, Dépôt de bus RATP, Rue des Pyrénées, Paris, week-end des 24 et 25 avril 2010 - Photos Thierry Follain, Blog with a View : blog-with-a-view.blogspot.com -8
Street Art, par le Collectif  Hauts en couleur, Dépôt de bus RATP, Rue des Pyrénées, Paris, week-end des 24 et 25 avril 2010 - Photos Thierry Follain, Blog with a View : blog-with-a-view.blogspot.com -9
Street Art, par le Collectif  Hauts en couleur, Dépôt de bus RATP, Rue des Pyrénées, Paris, week-end des 24 et 25 avril 2010 - Photos Thierry Follain, Blog with a View : blog-with-a-view.blogspot.com -10
Street Art, par le Collectif  Hauts en couleur, Dépôt de bus RATP, Rue des Pyrénées, Paris, week-end des 24 et 25 avril 2010 - Photos Thierry Follain, Blog with a View : blog-with-a-view.blogspot.com -11
Photos : Thierry Follain

3 février 2010

Laetitia Casta nue, la Bardot de Gainsbourg Vie Héroïque, révélée par Véronique Vial

Laetitia Casta photographiée par Véronique Vial - Laetitia Casta, Brigitte Bardot dans Gainsbourg Vie héroïque, le film de Joann Sfar - Laetitia Casta nude - Letitia Casta - Latitia Casta - Laeticia Casta, new Bardot - Laetitia Casta, top model - Laetitia Casta, french top models - Casta, french sexy woman - Casta, french sexy model, Laetitia Casta, french actress, Laetitia Casta, french movie - Laetitia Casta, corse - Casta, actrice corse - Casta, la beauté corse - Laetitia Casta, Bardot nue - Laetitia Casta nude - Laetitia Casta, Bardot nue, Laetitia Casta naked - BB Casta - B.B Casta - Bardot Casta - Laetitia Casta, nackt - Laetitia Casta sexy - French star Laetitia Casta - French model, Laetitia Casta - Casta, Marcin Tyszka - Casta, Harper's Bazaar - Casta, Ralph Lauren - Casta, Bryan Adams - Casta, Super model - Casta, fashion model - laetitiacasta - laetitiacastanue - laetititacastanude - laetititiacastasexy - laetitiacastaapoil- letitiacasat sex - Letitia Casta, nu - Latitia Casta, nue - Laetitia Casta, Astérix et Obélix contre César - Véronique Vial, photos - Véronique Vial, photographies, Femmes au saut du lit - Blog with a View, le blog photo et musique - blog-with-a-view.blogspot.comModèle pulpeux à rebours des tendances de la mode actuelle, Laetitia Casta a été choisie par Joann Sfar pour jouer le rôle de Bardot, dans son film "Gainsbourg, Vie Héroïque". Bien plus tôt, Véronique Vial avait à la lettre révélé Laetitia en deux clichés.Laetitia Casta photographiée par Véronique Vial - Laetitia Casta, Brigitte Bardot dans Gainsbourg Vie héroïque, film de Joann Sfar - BB Casta - B.B Casta - Laetitia Casta, Bardot nue, Laetitia Casta naked - Laetitia Casta, nackt - Laetitia Casta sexy - Letitia Casta - Latitia Casta - letitiacasta - latitiacasta è Laetitia Castta - French star Laetitia Casta - Laetitia Casta, strip-tease - French model, Laetitia Casta - Cata model, Casta, fashion model - laetitiacasta - laetitiacastanue - laetititacastanude - laetitiacastafrenchmodel - laetitiacastasex - laetitia casta, sexe - laetititiacastasexy - laetitiacastaapoil- Laetitia Casta, Asterix et Obelix contre Cesar - latitia Casat, César - Véronique Vial, photos - Véronique Vial, photographies, Femmes au saut du lit - Blog with a View, le blog photo et musique - blog-with-a-view.blogspot.com Tout d'abord immergée dans l'eau du bain, Casta émerge sous un éclairage minimaliste. Comme une photo argentique née, fixée dans un bain basique, acide, puis apparue à la lumière.

Une métaphore de la beauté, de la photo révélées.

30 décembre 2009

Linda Evangelista, saga sensible en noir et blanc avec Peter Lindbgergh

Linda Evangelista by Peter Lindbergh, 1993 - Linda Evangelista, Lindbergh - Blog with a View - blog-with-a-view.blogspot.com - Thierry Follain, concepteur rédacteur : 06 87 29 38 73 : web rédacteur, Sciences ComIl a existé un moment de grâce
entre Linda Evangelista et Peter Lindbergh,

dans les années 90.

Par la grâce du noir et blanc
et d'un relatif naturel,

le "fashion", un instant,
a fait sens.



22 décembre 2009

Brittany Murphy au bout de ses 8 miles

Brittany Murphy is dead - 8 Miles - Britany Murphy - Eminem - Blog with a View - Blog avec vue - Thierry Follain, concepteur rédacteur, web rédacteurJe l'avais trouvée touchante dans "8 miles" .
Elle donnait une vibration particulière à son personnage
de néo-tassepé blonde, prompte à s'envoyer en l'air
dans des lieux plus ou moins adaptés
(pas les pires, d'ailleurs...).

Young Star Brittany Murphy is dead at 32 - 8 Miles - EminemRendre sensible ce personnage un brin cliché
révélait un réel talent.

Britanny Murphy est morte à 32 ans.

C'est triste.


10 novembre 2009

Vania Zouravliov tanne le cuir de Bocage

Vania Zouravliov - Bocage - Blog with a viewBelle campagne esthético-sado-maso-ethnique
pour les chaussures Bocage.


Vania Zouravliov - Bocage 2Illustrations de Vania Zouravliov.

1 novembre 2009

Dominique, par Thierry Follain


Un dimanche d’automne à Evreux,

enfin, près d’Evreux,

dans un pas si grand ensemble d'immeubles modestes et convenables,

un peu loin de tout,

les quelques boutiques fermées,

le mail désert,
les parcelles plantées

lavées, délavées

par la pluie,

Eve par Juillard - Dominique, par Thierry Follain - Blog with a  Viewla pluie sur tes carreaux,
la pluie sur les bois proches,

la pluie sur ce désert,

la pluie au dehors

et en toi,


un dimanche à Evreux,

rien de spécial à faire,
limer tes ongles,

rincer ce pull mousseux,

ranger la cuisine,

lire la pile de magazines,

ce bouquin d'Anne Gavalda,
par terre,

te demander si c’est cela,
vivre à vingt-six ans,

seule
dans un F2,
près d’Evreux,

loin de chez toi,

loin de tout,
un dimanche d’automne pluvieux

dans la pluvieuse Normandie,


peut-être, tout à l’heure,

dans ta Twingo réticente au démarrage,
un tour en ville,
enfin, dans le centre-ville

désert d’Evreux,

un cinéma,
un film d’ailleurs,

puis un sage chocolat dans un café bondé,

les yeux des garçons souvent fixés sur toi,

leurs regards qui se détournent lorsque tu les considères
sans invite,

car tu ignores ce qu'il y a de soi,

ce qu'il y a de soie en toi,

puis, demain le boulot terne,
tes " collègues " plus âgés
dans leurs années ou dans leur tête,


un dimanche pluvieux

loin de chez toi,

dans la pluvieuse Normandie.


Bientôt, sortir le labrador

qui s’ennuie,

le balader dans les bois mouillés,

taillis sans gloire dépouillés par l'automne glaçant,

tremper tes chaussures citadines,
puis rentrer,


allongée sur ton lit,
tu écrases ta cigarette,
ouvre ton peignoir,
te caresses, les yeux ouverts, les yeux fermés,
en songeant à une étreinte sauvage,

avec un garçon qui n’a pas vraiment de visage,

et pas de nom,

tu jouis un peu, malgré toi,

souvenir d'extases passées sous le soleil de Mykonos,
puis tu te retournes,

sur ce ventre qui vibre encore, rayonne en toi,

déjà insatisfait,

en quête de plus de jouissance,

de plus de raideur,

de plus de chaleur,

tu enfouis ton visage dans l’oreiller,
tu soupires,

et tu pleures,


et la pluie tombe,
frappe et sillonne les carreaux,

grave le message des nuages pesants, incessants,

sur ta chambre,
près d’Evreux,

puis se mue en un crachin infini,

incessant et ténu comme l’ordinaire

ennui,


tu t’assoupis, tu t’endors,
dans les senteurs de ton corps, de l’oreiller, de tes cheveux,

tu occultes le bruit, la télé des voisins,
rituelle célébration d’un dimanche de novembre

dans la pluvieuse

Normandie.

Tu te réveilles vers cinq heures,
il fait quasiment nuit,

Ami tourne en rond et gémit,

pose sa tête, regard suppliant,

sur le bord du lit,

lui au moins sait ce qu'il veut,

tu le caresses et souris,


un peu nauséeuse,

tu t’habilles,

une chemise, un jean,

des chaussettes et

ces chaussures si peu faites pour la pluie,

un gilet noir dans lequel tu t’enfouis jusqu’au menton,

un bonnet,

tu mets ton imper,

sors avec le chien réjoui,

jappant, griffes crissantes,

haletant,


trois étages par l’escalier blême,
le hall humide,
le chemin cimenté,

la route qui tourne à traverser,


le tissu rêche frotte ton sexe, le maintient en éveil,

sensation pas désagréable,

perception chaude, voluptueuse,

humaine,

alors que tu marches sous la pluie fine,


le bois humide, odeurs mêlées de feuilles,

de tristesse et de

décomposition,

silex cachés qui heurtent, tordent les pieds,
il aime bien cela, le chien,

qui court, furète,

vire et virevolte,

un instant, tu envies sa joie primale,

animale,


une cigarette amère à la main,
tu le suis,

il y voit sans doute plus clair que toi,

pour récupérer les bâtons que tu lances,

alors que pèse le ciel de pluie,

d'une fin hâtive d'après-midi,

le ciel de Normandie.

Tu songes à des vacances,
à une autre vie,

un autre pays,

tu songes à des étreintes,

à des tendresses

effacées,

écoulées,


envie de dormir,
et tu n’as rien fait de la journée,

envie de rentrer,

d’appeler Monica,

entendre sa voix chaude,
suivre distraitement ses histoires de coeur compliquées,

être écoutée,

consolée,

tu siffles le chien,

enfin, tu essaies,

et tu rentres avec lui,

alors que le brouillard naissant
dépose un halo orangé sur les rares lampadaires.


Dans le hall, tu ôtes ton bonnet humide,

lâches tes cheveux d’un mouvement gracieux,

ouvre ton manteau,
salues une famille de retour du

cinéma,

l’adolescente te sourit,

le père te suit des yeux, avidement,

sa femme blêmit…
pourrais-tu les envier,

vraiment ?


Dans l’ascenseur, le miroir te renvoie l’image

d’une jeune femme de vingt-six ans,

ni grande ni petite,

ni fille, ni femme,

fine, poitrine haut plantée,

cheveux blonds cendrés, rebelles,

peau unie,

bouche pleine,
regard clair, un peu égaré,
séduisante,

sans doute,

si elle se valait,

si elle se voulait,


tu te regardes, tu te grimaces,
tu te souris.


Tu rentres chez toi,

échos des voisins épanouis,

rares passages de voitures dans la nuit brumeuse,

la nuit sans trêve

règne

déjà, il faut allumer,


puis ranger, encore,

laver tes longs cheveux,


- qu’est-ce qu’il y a ce soir, à la télé ? -

non, d’abord téléphoner,

pour oublier la monotonie

de ce jour pluvieux,

dans la pluvieuse Normandie,


un dimanche de ta jeunesse,

un jour décompté de ta vie,

une vie à changer,


un dimanche

près d’Evreux,

en Normandie.



Thierry Follain