

"Rue de Siam"
de Marquis de Sade,
" Life is a beat "


Il y a un père dans la vie d'Ingrid Boon et un mari dans celle de sa mère Chloë, sublime, blonde et paumée. Un homme, un vrai, un pilote revenu étrange, instable, dangereux, de ses années au Vietnam. La fuite de Lucas, pourtant violemment et perversement présent, vont pousser peu à peu mère et fille vers une douce folie.
Moins douce pour Ingrid, "Doll-girl" au teint et à la chevelure lumineux se donnant dès treize ans à tout homme ou garçon qui le veut, dans sa quête désespérée de reconnaissance, sombrant dans l'auto-mutilation, la dope, l'anorexie, avant de devenir la chose, la "Dog-girl" soumise d'un "biker" impitoyable régnant sur une secte satanique. No future en noir et blanc.
" Une autre fois, j'ai vu ce type traverser une rue à Port Oriskany, près de l'université…. Il avait la peau sombre, et je n'étais jamais sortie avec un homme à la peau sombre, je crois que je les effrayais, si blonde, si affamée. Ecarte-toi de moi, la môme. T'es trop jeune me dit l'un d'entre eux un jour, tout en riant et reculant, comme s'il avait vu sur mon visage quelque chose dont j'étais inconsciente.



Tout à la fois amant et metteur en scène, Roger Vadim a projeté sur la jeune Brigitte Bardot (22 ans) la femme qu'il aurait aimé qu'elle soit. Il en a fait un mythe féminin universel : "Et Dieu créa la femme" a créé "Bardot". C'est ce que démontre Francesco Alberoni dans "L'érotisme", livre profondément humaniste sur les pulsions érotiques différenciées de l'homme et de la femme, et leur fusion en marge du temps et de la quotidienneté.
" Brigitte Bardot est au contraire devenue un sex-symbol. Son image a d'abord été celle d'une adolescente sans inhibitions et un peu en marge.
Le signe de l'absence de danger, chez elle, a été un certain degré de désordre et de négligence : vêtue comme par distraction, les cheveux à moitié décolorés.Elle a joué les filles faciles qu'on peut prendre et laisser sans conséquences."
"Vadim a eu un talent; il a vu que la beauté de la femme qu'il aimait pouvait être universelle.
Mais cette beauté était encore une matière brute et il fallait l'animer d'un rêve. L'amoureux tend toujours à transformer celle qu'il aime de façon à le rendre encore plus désirable à ses yeux.Vadim a projeté sur l'actrice ses rêves, ses fantasmes érotiques, ses délires, et l'a conduite à en être l'instrument.
Il lui a dit comment s'habiller, comment parler, comment regarder, comment bouger, comment s'asseoir, comment dire oui, comment dire non.
La femme qui apparaît dans "Et Dieu créa la femme" est le produit de ce rêve d'amour. Il la montre au cinéma telle qu'il l'a imaginée pour la rendre infiniment désirable.
Accessible sur YouTube, la série "The Handy Goddess" de Barbara Wurden transgresse avec talent les traditionnels codes féminin-masculin. Elle diffuse par l'image des conseils pratiques aux bricoleurs et rénovateurs de maisons, dans un style parfaitement allumé, et sans renoncer une seconde à sa séduction. Ce jeu de rôle amusant et complexe constitue tout à la fois un service pratique et une performance permanente.
En élargissant le sujet, seule la culture occidentale permet la création de tels espaces de liberté aux femmes. C'est peut-être ce qu'il faut se rappeler les jours où pointent nos multiples culpabilisations : pillage de la planète, colonialisme, surconsommation, et ainsi de suite.
Demeurée étonnamment pure et sans tâche, Traudl Junge, la jeune secrétaire d'Hitler (Alexandra Maria Lara), parvient à quitter le bunker et Berlin occupée par les Russes, avec et grâce à un jeune garçon dont les parents ont été exécutés par les ultimes escadrons de la mort nazis, qui se fait passer pour son fils.
Sur une envolée musicale aux accords romantiques, la jeune femme et le garçon s'enfoncent dans la campagne allemande, sur un vélo qu'ils ont trouvé. Avant le fading final, ils sont illuminés par un soleil finissant, ou naissant, doré.
" ... Nous nous quittons dehors, sur le trottoir, comme des étrangers. Comme des étrangers, nous n'échangeons même pas une poignée de main. Elle part dans une direction, moi dans l'autre. Il fut un temps où nous nous retournions pour regarder l'autre, comme font les amoureux. Nous nous faisions des petits numéros de mime : serrer les bras autour de la poitrine puis les ouvrir en grand pour dire "je t'aime, je t'aime". Une fois, deux fois, trois fois, parfois trois ou quatre avant de nous perdre de vue. Il fut un temps...
Une raison de plus de la regretter.
"Is this desire ?". Dans cet album intense, ténébreux, sorti en 1998, P.J Harvey explore les faces ambigües de
and he was walking in the night
and he was singing a sad love song
and he was praying for his life
and the stars came out around him
he was thinking of his sins
and he's looking at his song-bird
and he's looking at his wings
there inside the garden
came another with his lips
said, 'Won't you come and be my lover?'
'Let me give you a little kiss'
and he came, knelt down before him
and fell upon his knees
said, 'I will give you gold and mountains
if you stay awhile with me'
and there was trouble taking place.
there inside the garden
they kissed, and the sun rose
and he walked a little further
and he found he was alone
and the wind, it gathered round him
he was thinking of his sins
he was looking at his song-bird
and he was looking at his wings
and there was trouble taking place.
Catherine
I gave you my heart, you left the thing stinking
I'd break from your spell if it weren't for my drinking
And the wind bites more bitter with each light of morning.
I envy the road, the ground you tread under,
I envy the wind, your hair riding over,
I envy the pillow your head rests and slumbers,
I envy to murderous envy your lover
'til the light shines on me
I damn to hell every second you breath
I envy
Oh my Catherine
For your eyes smiling
And your mouth singing
With time I'd have won you
With wile I'd have won you
For your mouth singing.
Brièvement capté sur M6 hier soir, retour de dimanche au grand air, un docu sur les pompiers de Paris en action lors de (ce que je suppose être) la Fête de la Musique. Basés à la caserne de Montmartre, ils passent et repassent tout au long de la soirée dans une rue noire de monde, de jeunes de plus en plus émêchés. Pas bien vieux eux-mêmes, dévoués, musclés, nos pompiers parisiens deviennent une attraction majeure de la soirée.
Des fillettes violées, mutilées, un écrivain en chute libre qui perd avec sa fille sa raison de vivre et devient justicier, des policiers blasés, vivant dans le passé ou tourmentés par leur infidélité, un jeune procureur qui ne vise que sa carrière, une juge qui sympathise avec l'accusé mais va cependant orienter le jury vers la perpétuité, une population qui s'empare d'un drame personnel pour se livrer aux pires excès, un système judiciaire et carcéral dénué d'humanité... bienvenue dans un monde sans espoir avec "La Bête" de Roslund et Hellström. Un roman plus que noir qui pourrait bien ressembler à la réalité. Durant le procès passe le souffle de "L'Etranger" de Camus, avec cet homme seul dans un box, totalement déconnecté des jurés, des juges, des journalistes, de la foule qui sympathise avec lui pour les plus mauvaises raisons. Seuls peuvent nous soulager en fin de lecture le souvenir de Marie, la fillette sacrifiée, Micaela, la jeune amante impliquée, Kristina, l'avocate, et Rebecka, la femme-pasteur. Lueurs d'espoir féminines dans un monde bien sombre.
A la fin de "La Dolce Vita", ce chef-d'oeuvre de Fellini, Marcello, journaliste "people" avant la lettre, fait la rencontre distante, sur une plage, à l'aube, d'une jeune femme angélique (dans tous les sens du terme). Le bruit de la mer, et surtout l'esprit fermé de l'homme, l'empêchent de répondre à cet appel vers une vie autre...
M'est apparu soudain la convergence entre cette scène sobre et magnifique et "Holy water", morceau gospel-blues de Spooky Tooth, où la voix de Mike Harrison est supportée par un choeur féminin de toute beauté. D'où la création de la vidéo : "Spooky Tooth : Kyle - La Dolce Vita - Fellini", sur ma chaîne YouTube.
Un dimanche de juin, Gare de Lyon (Dali avait la Gare de Perpignan comme référence, moi c'est la Gare de Lyon). Attente d'un train au quai pas encore affiché. 
s'animent rythmiquement sur la vidéo
Running to the Sun (Little Nemo) sur ma Chaîne YouTube.






ambiance tropicale pour la prestation d'Ornicar,
Qui est qui? Qui est quoi?