21 novembre 2006

Là où je voulais rester seule...

Quand j'étais petite, j'étais la plus belle et on m'appelait les yeux bleus, voilà les yeux bleus qui arrivent, voilà les yeux bleus qui pleurent, j'étais un beau rêve qui rend nostalgique toute la journée jusqu'à la nuit suivante, et toute la journée on repense au rêve en se disant qu'il aurait mieux valu y rester... Quand j'étais petite, j'étais la plus belle, je l'étais sans doute comme toutes les petites filles le sont, chacune à faire voler sa robe sous l'action de la corde à danser, j'étais parfaite dans l'ignorance de ce qui m'attendait, oui, c'est à l'adolescence que ça s'est gâté, enfin, il me semble, et à l'école secondaire mes copines étaient plus jolies que moi, les unes comme les autres, elles n'ont jamais rien su de ma haine de les voir ainsi plus jolies car je me suis toujours révoltée en silence, dans le confort de mes fantasmes …


Putain - Nelly Arkan - Seuil - Points Seuil

Transe Telecom


"Votre correspondante est occupée..."


20 novembre 2006

ego(s)

D'un souffle, elle se donne des "elle"

Dévorante en soi



19 novembre 2006

16 novembre 2006

S1m0ne : quand la fiction dépasse la fiction

Dans "S1m0ne", le réalisateur Andrew Niccol pousse au désespoir son personnage, le réalisateur Viktor taransky. Menacé d'être viré par sa productrice d'ex-épouse, il se pense sauvé par "Simulation One", mystérieux et révolutionnaire procédé de création de personnages virtuels. Naît ainsi "S1m0ne", star entièrement née des microprocesseurs, animée par le metteur en scène sur le principe de la simulation mimétique.

Cette fiction de 2002 ne fait vraisemblablement que précéder la réalité. Acteurs et actrices des productions à gros budgets sont déjà des pions, des éléments encore indispensables d'un process de création qui fait plus appel à la mémoire des ordinateurs qu'à la prise de vue réelle.
Les idoles virtuelles trouve- ront-elles, comme dans "S1m0ne", un public pour les adorer ? C'est vraisemblable, si l'on en juge par le succès d'une telle créature synthétique au Japon. Il leur manquera cependant les rumeurs de conduite en état d'ivresse, d'adultère, de prise de drogue, les photos de plage prises au téléobjectif par les paparazzi... Tout ce côté "trash", faillible, qui nourrit l'attraction perverse, voyeuse, ambigue des masses ébahies.

  • D'un clic, Synopsis et photos sur "Allo Ciné"
  • Rachel Roberts : virtuelle ou non ?

    Détentrice du rôle de la virtuelle "S1m0ne" de Mike Niccol, qu'en est-il de Rachel Roberts dans sa vie de modèle et d'actrice ? Ci-dessus, une version séduisante mais figée, pur produit des retouches numériques sophistiquées. La femme lisse, sans la moindre trace d'expression ou du temps qui passe. Référence truquée, inaccessible aux mortelles.

    Ici, une vision plus humaine, extraite d'une série à connotation érotique. Roberts assume la transgression du filet de fumée, qui sera bientôt considérée comme l'égale d'une posture pornographique, dans le monde occidental. Si le front est exempt de rides, ce qui est vraisemblable à son âge, les paupières concèdent quelques traces, quelques creux. Il y a de la vie en ce portrait... Normal... Sauf exceptions, le désir peut difficilement naître d'un objet lisse et glacial....

    15 novembre 2006

    Trouble made in Japan

    Cassant codes et références, ou les détournant, les photographes japonais sont passé maîtres dans l'art d'induire malaise, interrogation et ambiguité dans la mise en scène de la féminité.


    Photos : Rikki Kasso



    10 novembre 2006

    La Pieta de Dorotea

    Cette photo de Dorotea Lange symbolise dans le monde entier la Grande Dépression américaine. Elle tire sa force de sa rigoureuse composition, qui en fait une oeuvre classique, le point focal étant le visage de la mère en détresse, aux traits creusés, qui occupe un quart de l'espace. Ses trois enfants sont répartis de manière équilibrée, le bébé étant décentré pour laisser la place au bras levé, qui souligne soucis, méditation et désespoir. La timidité ou la honte apparente des deux plus grands amplifie la force du tableau, et concentre notre attention sur le regard de la mère dirigé hors champ, vers un avenir au mieux indiscernable. Elle compose avec le bébé une véritable Pieta, exprimant non pas le deuil de celui qu'elle porte mais de toute espérance qu'elle pourrait avoir pour lui. Révélée par le tirage contrasté, la consistance grossière ou usée des étoffes accentue la misère qui baigne la scène. Le champ de vision des enfants est limité à une toile, une bâche, qui constitue leur abri, peut-être. Tout concourt a dénoncer l'impasse dans laquelle sont cette femme et ses enfants, ainsi que tous ceux qui ont fui le dust bowl ou la fermeture de leur usine ou bureau pour un illusoire eldorado californien.Par sa profondeur, cette photo suscite l'attention, la réflexion et l'imprégnation. C'est une indignation construite et non projetée vers le spectateur telle une décharge électrique...


    Migrant mother, Nipomo, California - Dorotea Lange (1936)



    Irak : le repos du guerrier





    Photos :
    Damir Sagolj - Reuters
    Reuters
    Tony Nicoletti - Pool/AP


    8 novembre 2006

    L'Androïde et le sèche-cheveux


    Derrière toute grande oeuvre, il y a une multitude de préparatifs. Ici, Brigitte Helm, actrice à double titre dans "Metropolis" de Fritz Lang (1927), dans les rôles de Maria et de l'androïde, ce dernier exigeant et porteur de contraintes, ainsi qu'il apparaît... Avant l'impressionnant résultat final.




    Pas sorcier...


    Cette scène ensorcelée est remarquable... par ses diverses inadéquations! Pour en savoir plus, et savourer les commentaires associés, un clic :
  • Riotclitshave
  • 5 novembre 2006

    Polly Jean

    Elle apparaît ainsi sur la scène du Bataclan en juin 1992, jeune femme un peu crispée, figée devant son micro, barricadée de cuir noir. Elle transcende le classique trio rock avec des morceaux courts, âpres, ceux de l'album "Dry", soulignés par les riffs rageurs qu'elle arrache à sa Gretsch bien-aimée. Soutenue par la frappe sèche et saccadée de Rob Ellis, PJ Harvey fait irruption dans la galaxie rock, authentiquement conjuguée au féminin. Auteur, compositeur, chanteuse, guitariste, elle lance ses textes chargés d'érotisme sombre, de tension et d'ambiguïté, à mille lieux et quelque des pseudo-rockeuses clonées et des bimbos saccadées. Un art qui atteint un sommet de noirceur déchirée avec l'intense album "Is this desire ?". Depuis, Polly Jean poursuit son parcours dense, personnel, sans conces- sion. Elle a délais- sé cuir sombre et poings crispés au profit d'une féminité affirmée, mais n'en reste pas moins capable de clouer l'auditeur par le jaillissement de sa voix ou d'une rafale d'accords venus du plus profond d'elle-même.

  • D'un clic, le site de Polly...
  • Lucky one time


    He got lucky, got lucky one time
    Hitting with the girl in room 509
    She turned her back on him facing the frame
    "Listen Joe, don't you come here again".

    White sun scattered all over the sea
    He could think of nothing but her name Elise
    The water soaked her blonde hair black

    It's a perfect day. A perfect day, Elise.

    He got burned by the sun
    His face so pale and his hands so worn
    Let himself in room 509
    Said a prayer, pulled the trigger and cried

    It's a perfect day
    A perfect day, Elise.


    P.J Harvey - "A perfect day, Elise - Album "Is this desire ?"

    Batters, c'est le pied !

    Né en 1919, le photographe américain Elmer Batters s'est consacré à partir des années 50 à la célébration des jambes, des pieds féminins, et du nylon qui les voile.

    En butte à la censure et aux soucis financiers, il n'en est pas moins devenu un artiste-culte dans l'univers fétichiste.

    Ses modèles étaient sélectionnées suivant des critères rigoureux, obsessionnels, créateurs d'un univers érotique personnel, tout en formes et en rondeurs. Cuisses et mollets dodus, voûtes plantaires accentuées et doigts de pieds flexibles étaient ainsi requis !

    Disparu en 1997, Batters a laissé des milliers de photos porteuses d'un voyeurisme soigneusement élaboré et d'une norme féminine minutieusement déterminée.



    L'oeuvre d'Elmer a été rééditée par Taschen.



    4 novembre 2006

    Zoe-u-band


    De l'écrin sombre de la chevelure émerge le visage
    tout en angles et en vivacité.

    Les geste triomphant crée un troisième oeil,
    soutient l'intensité du regard...

    Classe Kim


    Cheveux courts, visage et silhouette fins,
    distance du regard...

    Cherchez les différences entre Kim Novak et Marylin...

    Docteur Gallotta


    Confrontation, suspension, frisson...

    Dr. Labus - Cie Emile Dubois - Jean-Claude Gallotta



    Photo Christiane Robin

    On n'a pas tous les jours 20 ans

    Au début des années 90, apparaît sur la scène du Théâtre de la Bastille, au sein d'un chaos post-nucléaire, un humain à tête de tyrannosaure, chantant et jouant à l'accordéon un version funèbre d'On n'a pas tous les jours 20 ans. C'est Karl Biscuit, musicien électro-pop touché par la grâce de la danse contemporaine française alors à son zénith (collaboration avec Philippe Découflé) et celle, plus sombre, de la new-wave gothique belge. Il en sortira, entre autres, l'album "Regrets éternels". Par la suite, Karl retournera à ses premières amours, en fondant la compagnie "Castafiore", exploratrice d'univers utopiques. Il apparaît ici dans un personnage "ligne claire", épurée...


    Quelques miettes de Biscuit : http://www.crammed.be/crammed/107/f.htm



    Photo : Charles Van Hoorick

    Un grand bond vers l'infini

    Vous vous sentez plus léger (légère) ?...



    3 novembre 2006

    L'oeil dans le sable


    " Et l'oeil était dans le sable et regardait Eve..."



    Les Law Lords sauvent Zainab

    En acceptant le recours d'une jeune sierra-léonnaise, les "Law Lords" britanniques ouvrent la voie de l'asile aux femmes du monde entier menacées par des pratiques de mutilation sexuelle.

    Zainab Fornah (18 ans) doit bénir les Law Lords, juges de la Chambre des Lords et instance judiciaire de dernier recours en Grande-Bretagne.Les cinq juges ont déterminé qu'être exposée à la menace d'une mutilation génitale coutumière faisait bien d'elle une réfugiée, membre d'un "groupe social exposé à la persécution", suivant les termes de la convention des Nations-Unies, et lui ouvrait les avantages du droit d'asile. Ne disposant jusque-là que de 3 ans de sursis avant son expulsion vers la Sierra Leone, la jeune fille échappe ainsi à la menace d'une circoncision rituelle dont son père l'avait préservée lorsqu'elle était enfant. Si l'on considère qu'elle a fui son pays après avoir été enlevée par des rebelles, violée et rendue enceinte, on peut dire qu'elle échappe à une épreuve supplémentaire dans sa vie. Pour l'une des juges, Lady Hale of Richmond, cette décision va tellement de soi qu'elle s'est étonnée que ce cas soit remonté jusqu'à sa juridiction. Elle a estimé que ce jugement pourrait s'appliquer "aux nombreuses autres femmes fuyant de telles menaces dans le monde entier". Une décision exemplaire, le Royaume-Uni s'en tenant jusque-là au respect d'une coutume pratiquée "entre femmes". Un infléchissement, aussi d'une tendance au strict respect des communautarismes...

    Plus de détails sur le site du "Guardian" :


    Pur manga


    Blonde, Brun,

    Yin-Yang,
    parcours sinueux,

    de chacun en soi
    au dialogue, puis à la
    fusion.


    Childhood wave

    Sous le regard prudent du garçon, qui a déjà perdu la partie, la fillette lutte de vitesse contre un rouleau. Il y a toute l'excitation de la vie en elle, entre dangers réels ou imaginaires et la capacité à les surmonter ou à les laisser derrière soi. C'est la joie à l'état pur.

    Photo : John Maddocks

    Rêve blême

    Indiscernables, courbées, dissimulées, fantomatiques, telles apparaissent les femmes dans cette vaste cérémonie musulmane en Indonésie. Un rêve blême, devenu réalité.

    Syd Barrett - Dominoes


    En 1970, Syd Barrett, génie psychédélique prématurément carbonisé à l'"acide", sort... "Barrett", album porté à bout de bras par son ami d'enfance Dave Gilmour, guitariste du Floyd. Y figure "Dominoes", petit bijou mélancolique...

    It's an idea, someday
    in my tears, my dreams
    don't you want to see her proof?
    Life that comes of no harm
    you and I, you and I and dominoes, the day goes by...

    You and I in place
    wasting time on dominoes
    a day so dark, so warm
    life that comes of no harm
    you and I and dominoes, time goes by...

    Fireworks and heat, someday
    hold a shell, a stick or play
    overheard a lark today
    losing when my mind's astray
    don't you want to know with your pretty hair
    stretch your hand, glad feel,
    in an echo for your way.

    It's an idea, someday...

    It's an idea, someday
    in my tears, my dreams
    don't you want to see her proof?
    Life that comes of no harm
    you and I, you and I and dominoes, the day goes by...



    Tube Angel


    Dans la rame d'1h 10,
    peu d'espace pour
    déployer ses elles,
    angoisse ou effusion pour le
    voyageur attardé
    confronté à cette sévère

    apparition.

    Dark Angel


    Rêve de s'envoler, de planer,

    gravé dans la peau,
    sur un ange déchu, déçu,
    plus proche de l'enfer que du
    paradis,
    à moins que l'un et l'autre ne se
    confondent.


    Mortel modèle

    Elle s'appelait Luisel Ramos. Mannequin urugayenne de 22 ans, elle savait qu'un grand avenir s'ouvrait devant elle, si seulement elle pouvait perdre quelques kilos. Pendant un mois, elle a suivi un régime démentiel. Elle est morte d'un arrêt cardiaque, en août, à l'issue d'un défilé de mode. Tombée au champ d'horreur de la maigreur institutionnalisée. Une dérive de la mode illustrée par les propos de Cyril Brulé, directeur de l'agence de mannequins Viva, recueillis par "Libération" : " Ce qui se passe est terrible. Une bande de gens de la mode a décidé que les filles seraient maigres. Et les vêtements de plus en plus petits. Ce sont des malades, qui sont, eux-mêmes, complètement dingues du contrôle : ces gens de 40-45 ans, hommes ou femmes, vous les voyez de dos avec ces silhouettes rachitiques, et vous les prenez pour des jeunettes de 20 ans.". Les vraies jeunettes, quant à elle, auraient plutôt tendance à prendre du poids… Il y là un gap redoutable.
    Cinq mannequins de la Pasarela Cibeles, le grand rendez-vous madrilène de la mode, ont été recalées parce que leur indice de masse corporelle était inférieur à une norme établie par l'OMS...


    Jour de fête

    Au premier regard, cette scène fait penser à "Jour de fête", de Jacques Tati. Ce qu'on suppose être une moisonneuse-batteuse à l'arrière-plan pourrait aussi bien être un manège sur une place de village. La luminosité ambiante, le flou des contours teintent le réalisme socialiste d'un brin d'impressionnisme. Pivot du tableau, la "responsable de ferme collective", qui lui donne son nom, est une femme solide, compétente, bien campée sur ses jambes. Membre incontestée du Parti, porteuse de l'idéologie progressiste, elle arbore un sweater et un bonnet rouges. Le personnage à sa gauche évoque la paysannerie traditionnelle, à l'écoute du progrès. Dans cette toile soviétique, les femmes débattent, organisent, contrôlent, pendant que les hommes prennent en charge les tâches matérielles. Un renversement des rôles qui ne s'est peut-être pas totalement concrétisé dans la réalité...